UNE USINE D AVIATION
Le 25, le 26, le 27, nous continuâmes à avancer, mais de plus en plus lentement, et avec des pertes de plus en plus graves. L'ennemi, derrière ses positions toujours mieux fortifiées, recevait des renions. Notre artillerie, dans la pluie qui obscurcissait l'air et détrempait le sol, n'avançait que difficilement, et ne pouvait plus régler son tir.
Bientôt, nos fantassins rencontrèrent des défenses qui n'avaient pas même reçu un seul obus. Le 28 au soir, le Haut Commandement arrêta l'offensive. Nous nous contentâmes de refouler, en lui infligeant de sévères leçons, l'ennemi qui s'épuisait en contre-attaques. Il venait de perdre, en même temps que des positions précieuses et un important matériel de guerre, 23. 000 prisonniers et près de 100.000 combattants morts ou blessés.
En Artois, au nord d'Arras, le même jour, 25 septembre, au matin, l'armée du général d'Urbal, appartenant au groupe du général Foch, attaqua près de La Bassée, de concert avec l'armée anglaise. L'objectif était les positions allemandes des environs de Lens.
Après une bonne préparation d'artillerie, nos troupes enlevèrent le château de Garleul, le cimetière de Souchez et ce qui restait du Labyrinthe; le lendemain, elles enlevèrent Souchez et les vergers de la Folie. Mais, les jours suivants, elles eurent à défendre le terrain gagné contre les contre-attaques lurieuses d'un ennemi sans cesse renforcé. Elles avaient fait, outre un beau butin de guerre, 2.5oo prisonniers, où la Garde prussienne figurait pour une large part.
Près de La Bassée, l'armée britannique fit un butin de guerre encore plus important et 3.ooo prisonniers. Elle avait enlevé les lignes allemandes sur huit kilomètres de longueur et quatre de profondeur. Le village de Loos, si disputé, restait en sa possession.
Devant de tels succès, l'univers, en dépit des affirmations de Berlin, acquérait la certitude que le front allemand n'était pas inviolable. C'était une révélation qui devait contribuer à la victoire définitive.
Mais, puisque la victoire définitive tardait, le Haut Commandement :rançais devait étudier les raisons de ce retard, particulièrement les causes de notre arrêt en Champagne et en Artois. Elles n'étaient que trop évidentes. Nous n'avions pas encore assez de canons et de mitrailleuses pour enlever, aux dernières périodes de nos attaques, leur caractère trop meurtriers. Il fallait donc développer le travail de nos usines. Nous n'avions pas encore assez de réserves pour exploiter nos succès. Il fallait donc donner à nos alliés de Grande-Bretagne le temps d'étendre leur front. Enfin.au moment où nous attaquions, nous n'étions pas encore soutenus par nos autres alliés comme nous aurions dû l'être, parce qu'ils n'attaquaient pas sur tous leurs fronts en même temps que nous. Il fallait donc décider tous nos alliés à obéir à un commandement unique, pour empêcher les Empires centraux de faire passer, tour à tour, leurs réserves sur chacun des fronts menacés.
En Argonne, pendant le mois de septembre 191 5, la bataille, qui durait depuis la fin d'octobre 1914, redoubla de violence. Afin de bien comprendre la bataille de l'Argonne, reportons-nous, pour un moment, à la bataille de la Marne. L'armée du général Sarrail tenait le sud de l'Argonne en s'appuyant à Verdun. L'armée du Kronpnnz descendait par l'ouest du massif. Au souffle de la grande victoire française, le Kronprinz, bousculé par la panique, replie son armée par l'ouest et par l'est. Nous avançons par l'ouest en enlevant Souain, Mesnil-les-Hurlus, Massiges. Mais l'ennemi, qui s'est ressaisi, redescend sur nous par l'est. Il s'établit sur les Côtes-de-
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Général PÉTAiN
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Meuse et reprend Varennes (23 septembr. 1914). Comme il ne peut pas aller plus loin de ce côte, il se reiette vers l'ouest. Il nous attaque entre Souam et l'Arg nne, puis près de la voie ferrée de Sainte-Menehould à Vouziers. Nous lui barrons la route. Ne gagnant rien ni par l'est ni par l'ouest, il tente de nous relouler par le massif même. Alors commence le duel sous bois. Un encouragement imprévu lui arrive. Ses troupes ont atteint la Meuse à Saint-Mihiel. Pour encercler Verdun, il n'a qu'à relier Saint-Mihiel à Varennes. Il entreprend cette opération, tout en continuant la lutte dans le massil, et réalise quelques progrès. Nou , par un