RUE DE LONDRES
(Photo Vidal.)
i° L'armée régulière : six divisions d'infanterie et une de cavalerie, avec un effectif de 162 000 hommes.
20 L'armée de seconde ligne, armée territoriale, forte de 14 divisions etdestinée, en l'absence de l'armée régulière, à protéger la Grande-Bretagne : 2?oooo hommes, capables de garantir la sécurité du territoire.
La réserve spéciale de l'armée régulière comptait 61 000 hommes, destinés à assurer la mobilisation de l'armée régulière et à combler les vides produits par la guerre. Cette réserve fut retenue en Angleterre par l'organisation des nouveaux corps de volontaires, décidée au lendemain de la déclaration de guerre.
L'infanterie métropolitaine formait 83 bataillons à quatre compagnies. L'effectif de guerre du bataillon était de 1 024 hommes, dont 29 officiers et 5i sous-officiers. A chaque bataillon étaient attachées une section de mitrailleuses et une compagnie d'infanterie montée.
La cavalerie métropolitaine comprenait 17 régiments à quatre escadrons de 541 hommes, 25 officiers et 48 sous-officiers. Chaque régiment était pourvu d'une mitrailleuse.
L'artillerie métropolitaine de campagne comptait : 1 4 batteriesà cheval de6pièces, 99 batteries montées à 6 pièces dont 8 1 batteries de canons et 1 8 batteries d'obusiers,
6 batteries lourdes à 4 pièces d'un matériel nouveau, tirant un obus de 60 livres.
Toute cette armée se composait de soldats de métier ayant contracté volontairement un engagement de douze ans : sept dans l'armée active, cinq dans la réserve, et qui avaient reçu dans les dépôts une instruction militaire complète.
Jusqu'à la veille de la guerre, la Grande-Bretagne se plaisait à déclarer qu'elle n'avait pas besoin d'armée et que sa flotte lui suffisait. C'était à sa flotte qu'elle consacrait ses meilleurs fils et ses meilleures ressources. En 1914, elle avait le même régime militaire qu'en 181 5. Elle n'hésitait pas à rappeler un mot du vainqueur de Waterloo : « J'ai commandé à une armée de vauriens ». Encore, l'armée de Wellington était-elle formée pour un tiers de mercenaires étrangers.
Après la guerre du Transvaal, prolongée au prix de si rudes sacrifices, la Grande-Bretagne avait songé à des réformes militaires. A peine si elle les ébaucha.
Ses soldats venaient des classes sociales les plus déshéritées, mais, bien exercés et bien équipés, ils se battaient bien. Ses (Photo Dciius.i sous-officiers, pour la plupart anciens enfants de troupe, avaient au moins sept ans de service. Ils ne pouvaient pas espérer un grade supérieur. Cependant, bons instructeurs dévoués à leurs chefs, ils accomplissaient loyalement leur tâche. Plus nombreux que dans les autres armées européennes, les officiers étaient presque tous brevetés. Très peu d'entre eux sortaient du rang. Depuis la guerre du Transvaal, les corps de troupe et les états-majors avaient beaucoup travaillé. Les officiers joignaient à une connaissance approfondie de leur métier, la maturité d'esprit qui s'acquiert par de longs voyages et les campagnes coloniales. Pour eux, la carrière militaire était une occupation de fils de famille. Vaillants et fastes, ils entraînaient leurs hommes par leur ascendant.
— Tous les soldats de l'armée britannique appellent leurs officiers, sans distinction de grade : « Monsieur ». Pourquoi?
— Parce qu'ils doivent obéir à tous leurs officiers avec un égal respect. Explication ingénieuse et noble. Mais dites si la façon de parler en France :
Mon lieutenant! Mon capitaine! Mon général! n'exprime pas une cordiale déférence, tout à fait digne d'admiration?
Le 3 août 1914, lord Kitchener avait été nommé ministre de la guerre. C'était le vainqueur d'Omdurman et le pacificateur du Transvaal. Au Soudan, en Egypte, dans l'Afrique méridionale, aux Indes, il avait montré un extraordinaire talent d'organisateur. Dès le début de la Guerre du Droit, il prévit la conscription : « Nos jeunes gens, disait-il, feraient bien d'obéir au devoir, plutôt que d'attendre que le, devoir reçoive force de loi? »
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