‹ 1914 (volume 2)Chapitre 57 sur 161 · I OU · texte numérisé non relu

I OU

LA GUF.RRE DU DROIT.

d'abord, les Allemands dirent de cette armée : « Si elle fait la méchante, nous enverrons contre elle les pompiers de Dûsseidorf. » (Traduisez : pompiers de Nanterre). La Belgique montra que ni les flatteries, ni les menaces, ni les sarcasmes de l'Allemagne n'avaient prise sur elle.

Le 2b août, un zeppelin survolant la ville d'Anvers, lança des bombes sur le

Palais royal. Les enfants du roi auraient été tués, si le vent n'avait poussé le dirigeable plus vite que ne voulaient ses pilotes. Les maisons voisines furent atteintes et vingt-six habitants tués ou blessés, particulièrement des femmes. Un chirurgien de l'armée américaine, le major Sexman, envoya au New- York Herald ce télégramme :« Au nom de la civilisation, l'Amérique proteste. Ce n'est pas de la guerre, c'est de l'assassinat. »

Le 27 août, le maréchal von der Goltz, ancien généralissime de l'Empire allemand, instructeur suprême de l'armée turque, fut nommé gouvcrneurgénéral de la Belgique. Le 27 et le 28 août, les Allemands bombardèrent Malines. L'église Saint-Rombaut était pour leur artillerie lourde une cible de choix.

Le 2') août, après des massacres inouïs, ils saccagèrent l'illustre et précieuse cité. Leurs troupes, se lançant au pillage, cherchaient partout le vin. « Nos offi ciers donnent l'exemple », écrit dans soncarnet le soldat Klein, du landsturm de Halle (Offiyicre mit p-utem Beispiel vorangehen). Les soldats s'enivrèrent « autour d'un tas de cadavres, de quarante mètres de long str six mètres de large et un mètre de haut, formé de femmes et d'enfants ». ATermonde, pendant qu'on fusillait les habitants, ils se firent apporter des tapis, des canapés, des fauteuils et du vin de Champagne. Un sous-officier allemand écrivait de Louvain : « Nous avons bu tant que nous avons pu du vin de Champagne à vingt marks la bouteille ». Le prix y est. Vous retrouvez là l'Allemagne tout entière. Près de la ville, des soldats s'étaient établis dans une ferme abandonnée. Apercevaient-ils des familles qui fuyaient? ils criaient : « Entrez ici, nous vous offrons l'hospitalité! » (Kommen Sie lier, Gastjreiheit, Gastfreiheit). Dès que les familles tombaient dans le piège, ils tuaient les hommes et retenaient les femmes.

Comment les Allemands tentent-ils d'expliquer le sac de Louvain? Voici le communiqué adressé par le gouvernement de Berlin aux journaux italiens qui avaient protesté contre les atrocités allemandes :

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