‹ 1914 (volume 2)Chapitre 81 sur 161 · LUNÉVILLE. — ARRIVÉE DES ALLEMANDS LE 23 AOUT IQI · texte numérisé non relu

LUNÉVILLE. — ARRIVÉE DES ALLEMANDS LE 23 AOUT IQI

Photo Ritter.

meubles précieux, leurs pianos, transportés vers quelque train spécial qui haktaiten gare. Bien entendu, les pendules furent toutesdu voyage. Elles parvinrent absolument intactes, grâce à un capitonnage de soieries, lingeries de luxe, broderies et guipures. Beaucoup de belles choses furent choisies sur place par les femmes d'officiers. En vérité, elles étaient là. Ces dames n'auraient pas voulu laisser à leurs maris tout le poids d'une si importante opération militaire. Elles les guidaient de toute leur expérience et les stimulaient de toute leur passion. Interrompant parfois leur accablant travail (on est femme, après tout), elles aspiraient l'arôme de quelque' précieux flacon de cristal, vite englouti dans leurs vastes poches secrètes, puis essayaient, devant une glace, l'effet de quelque chapeau ou de quelque fourrure. Dans une maison tout près du Bosquet, une servante que la curiosité, entraînait aux plus téméraires imprudences regarda par la serrured' un salon Elle vit une Allemande Couverte de pied en cap de nos dentelles lorraines, et qui se mirait.

— Oh! chuchota-t-elle en se tournant du côté de la cave, on dirait un chien savant.

Le dernier mot fut entendu des pillards. « Savant! » L'officier, mari de la dame, se rengorgea. Il était justement docteur de l'Université d'Iéna. Cet intellectuel réalisait là son idéal.

Disons tout de suite que, le n septembre, à six heures, une automobile s'arrêta devant la maison de M. Keller. Deux officiers en descendirent, puis deux sous-officiers baïonnette au canon, puis M. Keller. Mm« Keller s'avança. Un des officiers lui dit :

— Madame, nous emmenonsM. leMaire.

— Où l'emmenezvous donc?

— Nous ne savons

pas.

M. Keller s'ap-

procha

LU.MiVlLLE.— L HOTEL DE VILLE ET L EGLISE SA;NT-JACQUES.

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