‹ 1914 (volume 2)Chapitre 83 sur 161 · LUNEVILLE. — HABITATION DE M. KELLEB · texte numérisé non relu

LUNEVILLE. — HABITATION DE M. KELLEB

l'officier qui les commandait et je lui dis : « Vos chefs, logés chez moi, maire de Lunéville, m'ont affirmé qu'ils ne permettraient aucune violence ! » L'officier s'écria : « On a tiré sur nos hommes par les fenêtres de cette maison et par celles de beaucoup d'autres maisons de la ville. — Venez avec moi, rcpliquai-je et promenonsnous ensemble dans toute la ville. Vous verrez que le cal me le plus complet n'a cessé d'y régner. » A quelques pas plus loin, je vis le cadavre d'un de mes concitoyens. L'officier s'arrêta : « Celui-là a été tué par les balles qui partaient de cette maison ». Il me montra la maison du sacrificateur à côté de la synagogue. « — C'est impossible. L'homme qui habite là est incapable de nuire à personne. Entrons. — Ce n"e^t pas la peine. Nous avons fusillé les personnes qui habitent ici. — Même la jeune fille. — Oui ». Je ne pus m'empêcher de murmurer : « .Malheureuse ville ! Où s'arrêteront tes bourreaux? » L'officier se mit à rire et ordonna à ses soldats de me contraindre à hâter le pas. Au loin, des cris déchiraient l'air et des maisons prenaient .feu. L'officier riait toujours. Je lui dis : « Conduisez-moi à la Komtnandantur : le

général m'attend ». Làdessus, les soldats et leur chef me quittèrent. Je courus à la mairie. Elle brûlait.

Mes concitoyens se pressaient autour de moi, me racontant mille atrocités commises coup sur coup.

Or, pendant ces moments d'horreur, les généraux qui logeaient chez moi glorifiaient, devant Mme Keller, les bienfaits de la civi-

Rf- CASTARA ET SYNAGOGUE APRES L'INCEND.E.

Rittcr éditeur Iisation allemande et

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