‹ 1914 (volume 2)Chapitre 85 sur 161 · LUNÉ · texte numérisé non relu

LUNÉ

déclara avec une surprise qu'il jugeait flatteuse pour la municipalité: « Jamais |e n'aurais supposé que dans une ville si petite, il put y avoir autant de bouteilles de vin (in. Nous en avons recueilli plus de cent mille ».

Au cours de ses déprédations et de ses atrocités, l'ennemi n'a pas pu s'empêcher de rendre hommage à l'humanité et à la dignité des paysans lorrains. Nous lisons,

MANONVILLER. — L ENTREE DU FORT APRES L EXPLOSION. rnolo 1-olaK.

dans le carnet d'un Allemand, cette description d'Einville, près de Lunéville, pendant la nuit du 24 août :

« Nuit sinistre ! Les grands blessés ont été portés dans la vaste villa d'un notaire. Faute de place, on les a couchés côte à côte dans le jardin. Les médecins, en travaillant nuit et jour, ne viennent pas à bout de leur tâche effroyable. Six voitures traînées par des chevaux et conduites par des habitants du pays, transportent vers la fosse commune des morts entassés. Derrière eux marchent le vieux curé et son vicaire. Partout des morts dans les environs. Parmi cette atlreuse jonchée, de pauvres paysans d'Einville m'ont aidé à chercher un officier de mes amis. Ils l'ont fait à la sueur de leur front. Quand j'ai voulu leur donner de l'argent pour leur rude peine, ils ont unanimement refusé. »

Le fort de Manonviller, construit près d'Avricourt pour protéger la route de Lunéville et la vallée de la Vezouze, capitula le 27 août. Sa garnison comptait un millier d'hommes. Les» Allemands, de leur aveu, s'en étaient procuré tous les plans jusque dans le moindre détail. Sur une plateforme bétonnée, construite d'avance près de la gare d'Avricourt, ils avaient établi un mortier de 420. Le bombardement, qui commença le 23 au soir, eut tout de suite raison des assiégés.

PROCLAMATIOH

Il-esl strictement défeDdu aux habitants de tout sexe de quitter leurs maisons tant que cela n'est pas absolument nécessaire pour faire de petites courses, afin d'acheter des vivres ou abreuver le bétail. De nuit il est absolument défendu de quitter les maisons dans toutes les circonstances.

Quiconque essaie de quitter la localité, de nuit ou de jour, sous quelque prétexte que ce soit, sera fusillé.

Arracher les pommes de terre ne peut se faire qu'au consentement du Commandant et à la surveillance militaire

Les troupes allemandes ont l'ordre d'exécuter strictement ces dispositions, par des sentinelles et des patrouilles, qui sont autorisées à tirer sur quiconque manque a cette disposition

Lb Général Commandant m Chef

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