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TROUPES RUSSES TRAVERSANT UNE RIVIERE PRES DE LEMBERG

(Photo ChusscauFlaviens.)

que commandait le général Artamanov.

Mais, au moment critique, Artamanov donna le signal de la retraite.

Pourquoi Parce qu'il venait de recevoir par téléphone l'ordre a de reculer d'une étape ».

Pendanttroisjours, désespérément, Samsonov tenta de rompre les positions de Hindenburg que les troupe s de von der Go'tz renforçaient encore.

Ne voyant arriver

aucun des secours qu'il

réclamait, il abandonna

Allenstein et chercha en vain à se frayer un passage par le sud-est, vers Janow,

puis à abriter derrière les lacs de Mazurie ses troupes vaincues.

Les renforts qui lui vinrent alors si tardivement ne furent qu'un nouveau butin dans le piège allemand.

Hommes, chevaux, canons, se bousculaient sous les taillis et s'enli.-aient dans les marais. Seuls, quelques milliers de braves soldats, rencontrant de dignes chefs, purent se faire une trouée, à l'aventure.

Samsonov eut le bonheur d'être tué par un obus.

L'Allemagne annonça 33 ooo morts et ioo ooo prisonniers. Dans une clameur frénétique, elle proclamait Hindenburg l'égal de Frédéric II et décidait de lui élever des statues. Il fut nommé maréchal et son second, Ludendorff, général de division.

Entraîné par sa victoire, pour porterie second coup, Hindenburg précipita à la fois toutes ses forces, sans réserve. Von François attaquera par le nord, avec son corps d'armée, et une division de cavalerie. Von Morgen et von der Goltz attaqueront vers Lyck, en coupant les communications de l'armée russe avec la Russie. Mackensen attaquera vers Loetzen. Les autres corps attaqueront vers Angerburg. Rennenkampf n'avait pas marché au canon. Cependant, aucune des péripéties de la bataille ne lui avait échappé. Aussi, concentrait-ii ses forces en s'appuyant d'une part au golfe de Courlande, d'autre part aux lacs de Mazurie et à la frontière, près de Lyck. Profitant de l'expérience de Moukden, il fit creuser quelques tranchées aux endroits qu'il jugeait les plus menacés, c'est-à-dire au nord des lacs de Mazurie, «ntre Loetzen et Goldap.

Le 6 septembre, à sept heures du matin, Hindenburg, comme s'il eût seulement voulu écarter les Russes de Kceni^sberg, engagea l'affaire par sa gauche. La bataille devait se livrer au sud d'Insterburg.

L'immense manœuvre d'enveloppement s'accomplit avec une extraordinaire rapidité.

Tel corps d'armée allemand parcourut quarante-cinq kilomètres dans sa journée. Hindenburg, malgré les renforts arrivés à Rennenkampf et sans se soucier des pertes, attaqua sans répit pendant trois jours.

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Le g septembre, Rennenkampf donna à toute son armée l'ordre fatal de se ■replier, n'importe comment, vers Kowno et Olita.

Ce fut la poursuite, avec tout ce qu'elle implique de hontes et d'horreurs.

Le 1 3, grâce à l'intervention de quelques troupes fraîches, les débris de l'armée russe, abandonnant i ioooo hommes, tués, blessés ou prisonniers, et 170 canons, •échappèrent enfin à la cavalerie allemande.

Victoires russes en Galicie.

Pendant que la Russie subissait ces deux désastres dans sa lutte contre l'Allemagne, elle remportait en Galicie plusieurs victoires significatives sur les troupes autrichiennes.

Mais, là encore, les incertitudes du commandement russe et la trahison dont il était empoisonné faisaient concevoir les plus graves inquiétudes pour l'avenir.

Les forces russes, rien qu'en marchant sur Vienne, auraient pu isoler les deux Empires qui, par leur union intime, menaçaient le monde. Vienne est à moins de 35o kilomètres de la frontière russe. C'était le plan que les leçons de l'histoire et les nécessités du moment imposaient au grand État-major russe. Rien ne fut tenté par lui dans ce sens.

L'Autriche, dirigée par l'Allemagne et renseignée par les innombrables agents allemands répandus dans toutes les administrations russes réussit à détourner le coup mortel, en portant la guerre en Galicie et même en Bukovine. Elle avait installé son haut commandement à Przemysl où son généralissime, l'archiduc Frédéric, préparait ostensiblement une offensive en Pologne méridionale, •et nommait un de ses généraux gouverneur de Lublin.

L'armée russe, commandée par le général Ivanov qui avait pour chef d'état-major le général Alexeieff, arriva à temps pour protéger Lublin. Mais, le 27 août, l'ennemi s'empara de Krasnik et de Zamosc.

La bataille se livra entre Zamosc et Chotel. La vaillante résistance des Russes ■et l'arrivée du général Roussky, qui marchaau canon, forcèrent l'ennemi à se replier.

Bientôt l'arrivée de Broussilov transforma cette retraite en désastre. Le 2q août, le front austro-hongrois était rompu. Les communiqués russes du 28 au 3i août résumaient ainsi cette bataille engagée de la Vistule au Dniester, sur une ligne de plus de 3oo kilomètres: « Certains régiments russes ont combattu pendant sept }ours avec acharnement. L'aile droite de l'armée autrichienne,

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