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TROUPES PORTUGAISES A L'ARRIÈRE DU FRONT

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remercier ses soldats « de leur incomparable fraternité d'armes ». Puis, se tournant vers ceux qu'il commandait, il leur dit : « L'armée Irançaise accourt à votre aide avec de nombreuses divisions dont l'ennemi connait la valeur. Notre devoir, à tous, c'est de détendre chaque position jusqu'à notre dernier soupir. »

La veille, ib avril 1918, avait été publiée la nomination de Foch au poste suprême des Alliés. Sur l'ordre du chef unique, le général de Mitry alla s'établir à la ligne des monts de Flandre.

A la même heure, le Haut Commandement allemand donnait cet ordre à ses troupes : « L'adversaire est arrêté : vous devez l'encercler, en forçant le saillant d'Ypres. » Ainsi Ludendorff revenait au plan qui lui avait réussi à Tannenberg, en 1914, et qui avait fait de Hindenburg « l'égal d'Annibal ». Aussi bien, c'était le plan de la bataille de Cannes. Mais ni Ludendorff, à Tannenberg, ni même Annibal, à Cannes, n'avaient eu devant eux un Foch.

Sur un autre ordre du grand chef français, la IIe armée britannique, commandée par le général Plumer, quitta, en un profond silence, le saillant d'Ypres où von Arnim prétendait la cerner. Elle évacuait les positions que la Grande-Bretagne avait enlevées l'année précédente avec tant d'éclat : Passchendaele, Poelcapelle. Langemarck, Zonnebeke, et se rangeait en arrière du Steenbach, pour y accomplir le devoir nouveau que les événements lui imposaient. L'année précédente, son devoir était de marcher vers Bruges et vers Ostende. Cette année, son devoir était de barrer la route à un ennemi qui, de toutes ses dernières forces réunies, essayait ses dernières chances.

Pendant ce temps, sur le front français, le combat avait redoublé de violence. Il parut un moment se concentrer autour de Hangard-en-Santerre, village à 28 kilomètres de Montdidier et à 6 de Villers-Bretonneux. Le 17 avril, Moreuil devenait le centre d'une action non moins sanglante, où nous réalisâmes une avance limitée mais caractéristique, en faisant près de ôoo prisonniers.

La flotte britannique remplissait alors une tâche extrêmement difficile et laborieuse. Il s'agissait pour elle d'obstruer les ports d'Ostende et de Zeebrugge. La marine allemande, voire la partie de la marine allemande faite pour combattre « en surface », avait besoin d'une leçon. Le 21 mars, des destroyers et des torpilleurs allemands étaient allés bombarder Dunkerque. Ils ne s'enfuirent qu'à l'approche d'une patrouille franco-britannique, laquelle d'ailleurs coula trois de ces bâtiments.

Un mois après, le 23 avril, le vice-amiral Roger Keyes se dirigea vers Zeebrugge avec un vieux croiseur armé spécialement, le Vindictive, cinq autres croiseurs déclassés remplis de béton, des troupes de débarquement, de petits bateaux destinés à participera l'action. Il débarqua d'abord 400 hommes qui jetèrent à l'eau les canons, détruisirent les chemins de fer, incendièrent les magasins. Puis, un sousmarin bourré d'explosifs fit sauter la jetée. Enfin, deux des croiseurs remplis de béton, poussés jusqu'au port, s'engloutirent en bonne place. Cela fait, la sirène du Vindictive rappela à bord ce qui restait des 400 braves sur qui les mitrailleuses allemandes épuisaient leurs bandes de cartouches.

Contre Ostende, une opération analogue échoua presque entièrement. Les deux croiseurs chargés de bloquer le port s'étaient avancés au milieu d'un nuage artificiel. Mais un coup de vent écarta ce nuage. Ils furent brusquement coulés trop loin des jetées. L'opération coûta à la Grande-Bretagne 588 marins. Dans la nuit du 9 au 10 mai, elle la recommençait. Le Vindictive, sous les ordres du commodore Lynes, malgré une brume qui épaississait les ténèbres, pénétra dans le port. Lne bordée de

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