VILLE-EN-TARDENOIS
(Section photographique de
Q}2 !(|l-l. — l.A GUERRE DU DROIT.
vivres et provisions de toutes sortes, ambulances pourvues d'un matériel très perfectionné, canons de campagne, canons sur rails, aérodrome de Magneux avec i3 hangars et 20 appareils en excellent état. Il annonçait plus de 35 ooo prisonniers.
Pour couronner la Bataille du Kronprin^ il attaqua sans relâche pendant toute la journée du 3o et toute la nuit du 3o au 3i mai.
A gauche et à droite, nos troupes continuaient à résister. Elles s'étaient établies, à l'est, autour de Reims ; à l'ouest, près de Soissons et derrière la Crise, petite rivière qui coule entre l'Aisne et l'Ourcq. Mais, au centre, où l'ennemi faisait porter son effort le plus furieux, elles devaient abandonner Fère-en-Tardenois, pour tâcher de défendre Ville-en-Tardenois.
Le 3i, vers midi, la cavalerie allemande arrivait de nouveau à la Marne. Enivré par son succès, surexcité parles hurlements de joie qui lui arrivaient de l'autre côté du Rhin, l'ennemi précipita ses masses le long de la rivière qui lui avait été défavorable
en 19 14. Cette fois, en y arrivant près de Jaulgonne, il comptait la tenir solidement.
Le ier juin, il en occupa la rive droite, de Château-Thierry à Verneuil. Le même jour, pour étendre et assurer sa victoire, il avança vers l'ouest, afin de prendre pied dans les vastes forêts qui entourent Compiègne. Des combats acharnés s'engageaient entre l'Oise, l'Aisne et la Marne. Les plus sanglants furent livrés vers Château-Thierry, vers Soissons, vers Noyon. Mais c'était sur l'Ourcq, c'était et entre l'Ourcq et la Marne, que la bataille avait son principal théâtre.
Le lendemain, 2 juin, la bataille continua, de l'Aisne à la Marne, avec la même violence, mais non avec le même succès. A la fin de la journée, l'ennemi n'avait que très faiblement avancé.
Le lendemain, ayant reçu les renforts qu'il réclamait, il attaqua de nouveau. Mais, malgré ses efforts pleins de rage, il fut arrêté par nos troupes.
Arrêté net au nord de l'Aisne; arrêté net au sud de l'Aisne, près de la forêt de Villers-Cotterets ; arrêté net sur l'Ourcq ; arrêté net devant nos positions situées plus au sud, où nous venions d'être rejoints par un contingent américain, qui, à peine arrivé, se jetait en pleine lutte.
Nos amis d'Amérique étaient légitimement fiers de l'effort qu'ils venaient d'accomplir près de Montdidier, dans la rude journée du 28 mai. Leur ire division avait reçu du général Debeney la rude mission d'enlever le village de Cantigny et d'ouvrir une vue sur la vallée de l'Avre qui va jusqu'aux abords d'Amiens. Le 28e régiment américain, qui s'était particulièrement distingué dans cette attaque, avait mérité cette citation. « Sous les ordres du colonel H. E. Ely, s'est élancé avec