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LES ALLEMANDS SUR LA PLACE A NOYON

{Photo Trampus.)

pouvait être fier. Son avance dessinait, sur notre territoire, une nouvelle poche d'une largeur et d'une profondeur terribles.

S'enfonçant depuis Reims jusqu'à Château-Thierry, cette poche remontait vers les forêts compiégnoises jusqu'à l'Aisne, à l'ouest de Soissons, et jusqu'à l'Oise, près de Noyon.

Une seconde fois, l'ennemi était aux portes de la capitale.

Une seconde fois, notre ministère de la Guerre réorganisa, en hâte, tant bien que mal, le médiocre système defensifdelagrandeville.il rappela de Salonique le général Guillaumat, un des sauveurs de Verdun, pour lui confier le camp retranché de Paris.

Une seconde fois, la France entendait prononcer, avec une angoisse sacrée, les noms de la Marne et de l'Ourcq.

Une seconde fois, Paris voyait la foule douloureuse des évacués descendre de la gare de l'Est et de la gare du Nord : les camions américains conduisaient vers Saint-Sulpice ces pauvres gens dont l'arrivée était saluée, à Paris même, parles obus des canons à longue portée.

Les journaux payés et inspirés par l'Allemagne répétaient : « Puisque la France,

après quatre ans de guerre, n'a pas pu empêcher l'Allemagne de revenir sur la Marne, la France est perdue. »

Le gouvernement allait-il être forcé, une seconde fois, de se retirer en province? Rennes s'offrait à installer, dans les locaux dont elle disposait, tous les services du ministère de la Guerre. Ce second exode aurait produit dans le paysuneffet funeste.

Le Directeur du Service géographique de l'armée voulut bien demander à celui qui écrit ces lignes son avis sur la situation. Cet avis se résumait ainsi :

— Il laut rester. Pas plus aujourd'hui qu'en 19 14, l'Allemagne n'a mis hors de

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