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REMISE DE DRAPEAU A UN REGIMENT POLONAIS

(Section photographique de l'Armée.)

s'écriait le père. — Pose ta main sur la vitre, répondait la mère. Et le père, frémissant comme la vitre, se taisait.

Préparation d'artillerie très violente, mais très brève. Depuis Château-Thierry jusqu'à la position de la Main-de-Massiges, à l'entrée de l'Argonne, la ruée allemande se précipitait, du nord au sud, sur un front de 80 kilomètres.

Les principaux représentants de la presse allemande, conviés à examiner les préparatifs, avaient proclamé à l'envi que tout y était concerté dans la perfection : accumulation du matériel, organisation de l'arrière-front et du front, installation de l'artillerie lourde,, instruction et emplacement des troupes.

Pour l'entraînement de ces troupes, le haut commandement avait demandé à la presse une collaboration d'un genre tout nouveau. A côté du butin ordinaire et d'intérêt public : canons, munitions, approvisionnements divers, il avait fait publier le butin extraordinaire et d'intérêt privé, c'est-à-dire les résultats du pillage. L'Allemagne se délectait à parcourir la liste interminable des bijoux, montres, pendules,

médailles, objets précieux de toutes sortes, recueillis par les troupes allemandes « dans la région champenoise où, comme on sait, abondent les maisons de plaisance, les habitations somptueuses et les châteaux ». La fougue des guerriers s'en trouvait stimulée, comme par un éperon d'or.

La Marne était atteinte. Une nouvelle bataille allait compléter et corriger dans l'histoire la bataille de la Marne que l'Allemagne avait livrée, en 19 14, et dont elle consentait enfin à parler plus ou moins vaguement.

Il s'agissait, premièrement, d'élargir, par une puissante poussée, la poche obtenue par l'attaque au Chemin des Dames ; secondement, de crever, dans la direction du sud, le front français de Champagne ; troisièmement, d'évoluer autour de Château- Thierry, pour s'enfoncer sur la rive gauche de la Marne ; quatrièmement, ide couper les armées françaises, en y jetant un désordre irréparable; cinquièmement, d'engager,

en direction de l'ouest, une gigantesque bataille dont Paris lui-même devait être le trophée. Plan grandiose, chef-d'œuvre surhumain où se souderaient les plus fortes vertus germaniques, la méthode et l'audace.

Nos armées de l'est ayant été séparées de nos armées de l'ouest, Paris aurait été cueilli comme un éblouissant fruit d'or, par une manœuvre concentrique, exécutée depuis Montdidier, Villers-Cotterets, Esternay , jusqu'aux bords de la Seine.

Cette bataille suprême arborait le plus beau nom du monde : « L'assaut de la Paix » [Frieilensturm 1.

Trois armées principales devaient conduiie l'entreprise : les deux armées que commandait en chef le Kronprinz : celle de von Mudra, celle de von Einem, et l'armée de von Boehm qui s'était établie jusqu'à la Marne.

Les premiers résultats de l'offensive étaient, pour ainsi dire, chronométrés d'avance : Montmirail et Epernay devaient être occupés au soir du premier jour; Châlons-sur-Marne, au soir du second jour. La division, destinée à occuper Chàlons à 20 heures, devait arriver à Suippes à midi. Pour cette bataille décisive, l'ennemi adoptait la tact que qui, dans le passé, lui avait parfois si bien réussi et dont la formule revenait sans cesse sur les lèvres et sous la plume de son empereur. Il avait organisé et renforcé de toute sa puissance son aile gauche, en y incorporant toutes les unités de choix que la Prusse gardait encore intactes. Cette aile gauche devait refouler à tout prix notre armée de Champagne, établie depuis le sud-est de Reims jusqu'à l'Argonne, sous le commandement du général Gouraud.

Comme d'habitude, il avait entouré ses préparatifs des plus grandes précautions, afin d'en assurer le secret. Pour tromper nos aviateurs, il faisait défiler d'interminables convois, dans une direction qui ne l'intéressait nullement. Avant de commencer le gigantesque travail nocturne qui consistait à réparer les routes, à construire des ponceaux, à mettre en place des batteries, il avait inventé le moyen d'amortir tous les bruits. Rien ne le tirait de son immobilité calculée ni de son

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