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UN 75 EN ACTION

(Photo Meurissc.)

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droite de l'armée Dcbeney, des deux co\c- dt la route de Saint-Just à Rove, sur un front de 2u kilomètres.

Humbert, posté entre Courcelles et Chevincourt, lançait ses vagues d'assaut, ses tanks, ses canons de campagne, ses camions chargés de ravitaillement. La préparation d'artillerie avait été remplacée par des tirs de barrage. L'ennemi, affole, demandait en vain par des fusées l'appui d'une artillerie.

A 8 heures, l'armée de Humbert occupa Ressons-sur-Maiz; à midi, elle occupa Monemer, Orvillers, Lataule, Çuvilly, Marquéglise, Margny-sur-Matz. Elle marchait vers le massif de Boulogne-la-Grasse.

A la même heure, l'armée Debeney entourait les ruines de iMontdidier et finissait par s'en emparer.

A aucun moment, nos avions ne donnaient la moindre trêve aux avions ennemis.

PLACEMENT DES BOMBES SUR LES AVIONS DE BOMBARDEMENT PENDANT L'OFFENSIVE DE IQlS,

(Photo Mcurissc.)

En un jour et une nuit, ils avaient abattu 72 avions allemands. Une escadrille de 120 de nos appareih faisait pleuvoir sur le massif de Lassigny une grêle de projectiles.

Trois journées de gloire 1 L'ennemi perdait un terrain qui lui avait paru le symbole d'un succès définitif et laissait entre nos mains 32 000 prisonniers, dont 8 commandants de régiment, 65o canons, b 000 mitrailleuses, trois trains de ravitaillement, d'immenses dépôts du génie, un énorme matériel de guerre et des monceaux de cadavres. Sa retraite tenait de la débâcle.

Foch résuma très modestement la situation dans cette dépêche au roi des Belges : « L'ennemi semble ébranlé ».

Le 14 août, l'armée Humbert entra à Ribécourt. En combattant sans trêve, e'ie gagnait du terrain dans les hauteur; forestières ent e le Matz et l'Oise. C'était

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pour elle un premier pas vers Lassigny tt Noyon. Succès d'autant plus piécieux que les Britanniques en obtenaient un tout pareil dans la région d Albeil!

D'autre part, Français et Britanniques refoulaient toutes les contre-attaques dirigées, contre eux, par les nouveaux renforts que Ludendoifi envoyait à Hutier et à Marwitz.

L'ennemi était revenu à ses anciennes fortifications de Roye et de Lassigny. En hâte, il travaillait à les rendre imprenables.

Suivant la méthode formulée par Ludendorff, il organisaitdeux lignes de résistance, répartissait en profondeur les troupes et le matériel, disposait devant la première ligne trois réseaux de fils de fer barbelés, ayant chacun une largeur de dix mètres, et remplissait de mitrailleuses les nids creusés au revers de toutes les pentes.

Humbeit, pour conquérir le précieux centre de routes qu'est Roye, avait besoin de tenir d'abord le massif de Lassigny, position de souveraine importance que les gens du Santerre appellent leur montagne. Il enti éprit donc à la fois de tourner et de gravir cet obstacle.

Le 18 août, Foch développa l'offensive aux deux ailes.

Ce fut l'armée de Mangin, la triomphatrice du 18 juillet, qui commença l'attaque à l'aile sud.

Mangin avait dit : « Le temps est venu de secouer tout à fait la boue des tranchées ». Il ajoutait : « Cette région entre Aisne et Oise sera toujours le pivot de la manœuvre. Que l'ennemi, pour se rétablir, utilise successivement les lignes de l'Aisne, du Chemin des Dames, de l'Ailette et de la Serre, la charnière de son mouvement sera toujours sur l'axe Soissons-Laon. Rompons celte charnière. Nous déterminerons ainsi, sur les deux branches adjacentes, des reculs d'une importance croissante. En avant! »

En trente-six heures, notre artillerie avait été avancée, de manière à pouvoir appuyer, le plus loin possible la marche de l'infanterie sans avoir à changer de position. Sans doute le général Fayolle n'avait pas voulu qu'on s'installât dans le fond des vallées, terrain marécageux, où tranchées et boyaux eussent été «intenables pendant l'hiver». A quoi Mangin répondit que l'heure de ces préoccupations était évidemment passée. *

Devant lui, Mangin avait alors l'armée de von Eben, disposée en profondeur sur les plateaux entre l'Oise et l'Aisne. Après un puissant barrage d'artillerie, il donna l'assaut sur un front de 25 kilomètres, broya tous les noyaux de résistance, gagna deux kilomètres le premier jour, quatre kilomètres le second, et captura 10 000 hommes avec un ample butin de guerre.

Il balayait à fond le territoire compris entre l'Oise, l'Ailette et Soissons; occupait la rive sud de l'Oise; passait l'Ailette près de Coucy.

Sa splendide attaque, par ses phases successives, avait refoulé l'ennemi vers Ourscamp, enlevé le mont de Choisy qui commande la route de Noyon, enlevé Cuts, enlevé Blérancourt, enlevé les bois de Carlepont, enlevé le bois d'Ourscamp, et, sur l'autre rive de l'Oise, menaçait le massif de Lassigny.

Au même moment, l'armée de Humbert, en bordant la Divette, s'emparait enfin du massif de Lassigny, franchissait la Divette, s'avançait vers le canal du Nord et, d'un élan, le 29 août, pénétrait dans Noyon.

Succès sur tout le front. Le 26, l'armée Debeney avait fait 1 200 prisonniers, puis, de concert avec les Britanniques, délivrait Roye et Chaulnes.

Vers le nord, sur l'ordre de Foch, Douglas Haig avait engagé une action non moins impor'ante L'armée du général Byng attaquait, le 21 août, à six heuiesdu

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malin, suruti front de i 5 kilomètres, de l'Ancre à Moyenncville, prèsdela voie ferrée d'Arras à Amiens. A la laveur d'un épais brouillard, elle bouscula partout l'ennemi. Le 23, elle balayait le terrain compris entre la Somme et le sud-est d'Arras.

Aux efforts de Bing, Rawiinson joignit les siens. Les Britanniques, soutenus par leurs tanks, passèrent l'Ancre à gué. Les ruines d'Albert étaient délivrées.

Le 23, les Britanniques étendaientleur front d'attaque sur un espace de 5o kilomètres. L'armée de Byng, de concert avec l'armée de Rawiinson, brisa la résistance allemande dans l'illustre éperon de Thiepval et dans le secteur de Bapaume- Le village d'Avesnes-lès-Bapaume était atteint parla division néo-zélandaise.

Le 26 août, ces deux armées britanniques furent renforcées par une trois ème, celle de Horne, qui opérait sur les deux rives de la Scarpe, depuis Croisil les jusqu'aux abords de Gavrelle. L'ennemi, malgré ses sacrifices, dut abandonner Bapaume, le 29 août.

Sa retraite ne s'interrompait plus. Aux mains du vainqueur, il laissait, depuis le 21 août, 26000 prisonniers.

Nos alliés passèrent la Somme en amont et en aval de Péronne. L'ennemi abandonnait Combles. Le 3o août, il abandonna Mont-Saint-Quentin ; le ier septembre, Péronne.

Il avait de même abandonné le mont Kemmel, en vidant la poche creusée entie La Bassée et Ypres. Les soldais du général Plumer s'établirent sur la hauteur où les nôtres s'étaient si héroïquement détendus.

Le plan de Foch avait été exécuté avec une exactitude absolue. Premièrement, notre centre avait foncé sur l'extrémité de la poche allemande; secondement, notre droite avait attaqué de flanc l'ennemi qui chancelait; troisièmement, notre gauche l'avait abattu ; quatrièmement, de notre extrême gauche était parti un coup imprévu par sa violence comme par sa direction, et qui l'avait achevé.

Toute; ces batailles du Santerre, de l'Ailette et de l'Ancre se trouvent récapitulées d'une façon saisissante dans les rapports du haut commandement allemand et surtout dans les « Souvenirs » de Ludendorff.

En réalité, Ludendorff considérait comme suffisamment fort ce front où il voulait désormais garder la défensive. Dans la nuit du 3 au 4, il avait fait évacuer les têtes de pont de l'Ancre et de l'Avre, qui ne lui servaient plus à rien, depuis qu'il avait renoncé à attaquer de ce côté, et il avait inspecté avec soin les organisations défensives depuis Albert jusqu'à Moreuil. Deux divisions lui ayant paru fatiguées, il les avait remplacées par des divisions fraîches. Tout lui semblait en parfait état : zones d'action favorables à la résistance ; bonne articu'ation de l'artillerie et de l'infanterie en pro ondeur ; artillerie puissante et abondamment approvisionnée.

Cependant, le 8 août, de l'Ancre à Montdidier, tout fut bou'eversé. Sept divisions exce'lentes détruites. Les autres réduites à l'impuis5ance. Le 10 août, les Français étendirent leur offensive sur l'Oise. Il lui fallait reculer jusqu'aux anciennes lignes de 191G : est d'Albert, ouest de Chaulnes, ouest et sud de Roye, Lassigny, Noyon.

Ses divisions fondaient. Plus de renforts. Nécessité absolue de raccourcir le front, en s'établissant sur la corde du grand arc de La Bassee, Merville, Bailleul.

Les Airrichiens, à qui Ludendorff' demandait quelques divisions, répondirent, après avoir lu le communiqué du 8 août : « Nous sommes menacés du cô é de l'Italie. D'ailleurs, nous ne pourrons même pas tenir jusqu'à l'hiver. » Quant aux Bulgares, ils avaient remplacé leur ministère dévoué à l'Allemagne par un ministère où les partisans de l'Ent.nte formaient la majorité.

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Faits plus significatif encore I Certaines unités allemandes venaient de se rendre à une poignée de cavaliers ou à un équipage de tanks. En plusieurs endroits, des soldats qui revenaient de la bataille avaient crié aux soldats qui montaient en ligne : « Briseurs de grève, vous voulez donc prolonger la guerre ! »

Après avoir tout pesé, Ludendorfï offrit sa démission. Mais le gouvernement, à la suite de longues conférences tenues le 1 3 et le 14 août, le décida à rester à son poste, en lui promettant « de recourir sans retard à des moyens diplomatiques ». Il n'aspirait plus qu'à la forme la mieux appropriée à une telle manœuvre. Le mieux, selon lui, était de choisir le moment où un succès partiel des armes allemandes rendrait plus certaine l'acceptation des pourparlers.

A travers la France en armes.

Le sentiment de la supériorité militaire à la fois morale et matérielle, la confiance dans la haute valeur du commandement unique, l'admiration pour

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