‹ 1914Chapitre 139 sur 215 · MYRON T. HERRICK · texte numérisé non relu

MYRON T. HERRICK

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Noire officier américain ajoute en riant : « C'est moi qui aurais été habiter au Louvre. Et je vous prie de cioire que les Allemands n'auraient pas touché à la Joconde. »

— L'ambassadeur qui a signé cetteaffiche, où est-il maintenant?

— Depuis 1916, il est rentré aux Etats-Unis. Il a fait de bonne besogne pour la France. Ainsi il vient de déclarer, le 14 juillet 1918 : « Je vois, dans un avenir prochain, les armées alliées défiler sous l'Arc de Triomphe et passer devant la statue de Strasbourg délivrée de ses voiles noirs a (1).

A perte de vue s'étendent des camps américains. Devant les petites ten'es pyramidales que décorent des armes et des équipements, cuisiniers et barbiers sont à l'ouvrage. L'homme ne vit pas feulement de pain et de coriiedbeef; il vit aussi d'eau pure. Les Américains, après la plus rude besogne, retrouvent toutesleurs forces en frottant d'eau tout leur corps, avec une énergique patience.

Interminablement, sur les routes, passent des convois américains : cavalerie, infanterie, artillerie de campagne, artillerie lourde, camions d'approvisionnements, et encore de l'infanterie, et toujours des camions. Harnachements couleur de bronze, vêtements neufs, armes neuves,

voitures neuves, tout montre à la fois de la solidité et de l'élégance. Voici des groupes ou plutôt des grappes de chevaux ardents que tiennent « parla figure » des palefreniers. Les loyaux serviteurs, avec leur cuirasse de cuir souple, couleur d'or jaune, leurs grandes bottes de caoutchouc, couleur d'ébène, et leurs gants àcrispin,ont l'air de mousquetaires en promenade. Un camion automobile arbore encore cette inscription qui lui a servi pour la fête anniversaire de l'indépendance : « De ceci, des millions sont en France; des milliers en route; des milliers sur les chantiers ».

Entre Marne et Vesle, des soldats français sont au repos. Ce sont de braves soldats à la barbe poivre et sel pleine de poussière, à la capote bleu horizon pleine de boue. Les Américains qui arrivent, si propres, si nets, si corrects, les regardent avec admiration et tout bas se disent entre eux : « Voilà comme on est, après quatre ans de guerre ». Nos vaillants amis admireraient-ils moins nos soldats, si nous

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