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CONVOI AMÉRICAIN DANS SA1NT-MIHIEL

(Photo Chusseau-FIaviens.)

bien concertés, les troupes françaises, britanniques et américaines y réussirent à souhait.

A la préparation méthodique des combats futurs, Foch avait résolu de mêler quelques brusques attaques d'un déconcertant effet.

Ainsi, le 2 septembre, il lança l'armée britannique, commandée parle général Horne, contre un secteur de la ligne Hindenburg qui passait pour un des plus importants et qui n'avait jamais été même ébranlé. Les Britanniques avançant à l'est d'Arras, entre Drocou t et Quéant, firent tomber pièce par pièce tout le secteur proposé comme objectif. Ils y recueillirent 12 000 prisonniers.

L'ennemi comprit qu il ne pourrait plus délendre la poche creusée, près de la Lys, dans le secteurde La Bassée. Use replia promptement vers le nord. Cependant, 1 es Britanniques ne perdaient le contact ni vers le nord, ni vers le sud, dans la région de Cambrai.

Au même moment, les troupes françaises réali aient une semblable avance en

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Picardie. Les armées de Debeney, d'Humbert, de Mangin progressaient à l'envi. Nous entrions à Ham, a Chauny, à Tergnier. D'autre part, au nord de l'Ailette, nous occupions Coucy et la Basse-Forêt.

Dans son recul, l'ennemi arrivaic aux points où tout était accumulé pour lui permettre de résister. Il dirigea contre nous des attaques de toutes sortes, sans d'ailleurs aboutir à rien de sérieux.

La vanité de ses efforts, dans la région du nord, lui apparaissait d'autant

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(Photo Chusseau Flaviens.)

plus cruelle que, à l'autre extrémité du champ de bataille, dans la région du nordest, il était battu, à l'instant même où il commençait son repli.

Une offensive fi anco-américaine venait d'être organisée vers Saint-Mihiel. On avait résolu de « vider la poche » ou, suivant l'expression en usage au début de la guerre, de « réduire la hernie ».

Le 12 septembre, après un bombardement intense de quatre heures, les Américains s'élançaient dans la direction du nord, en attaquant depuis le sud de Saint- Mihiel jusqu'aux environs de Pont-à-Mousson.

De concert avec les Américains, l'armée française, établie au pied des côtes de Meuse, sous le commandement du général Hirschauer, se portait violemment de l'ouest à l'est.

L'ennemi, qui se voyait cerné, à Saint-Mihiel, par la jonction des Américains et des Français dans la Woëvre, abandonna en hâte Saint-Mihiel et la région de Saint- Mihiel. Déjà, il en avait retiré presque toute son artillerie. Mais, si rapide que fût

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sa luite, il laissa 1 5 000 hommes aux mains des vainqueurs. Saint-Mihiel et Chauvoncourt étaient à nous.

Rectifié ainsi, notre front, traversant la Woëvre, allait de Viéville-sous-les- Côtes vers Thiaucourt et vers le Bois-le-Prêtre, au nord de Pont-à-Mousson.

Les Américains, lancés dans cette direct on, arrivèrent en vue de Metz. Ils s'établirent à Vilcey et au nord de Norroy. La vieille et illustre forteresse mosellane se trouvait sous leur feu.

D'autre part, notre voie ferrée, de Paris à Nancy par Commercy, était dégagée.

Peu à peu, dans le génie de Foch, se précisa ce grand mouvement stratégique qu'on a pu appeler la marche concentrique sur Mézières.

A l'ordinaire, l'expression qui revient le plus souvent aux lèvres du généralissime, dans toute discussion et même dans toute démonstration un peu compliquée, c'est : « De quoi s'agit-il? » Son souci capital est de bien déterminer la question pour bien la résoudre. Or, il s'agissait alors de faire exécuter une manœuvre sans précédent, par toutes les armées alliées : les Français et les Américains attaquant du sud au nord ; les Britanniques, appuyés par les Français, brisant la ligne Hindenburg en direciion de Mézières et de Givet; les Belges, les Britanniques et les Français du groupe des Flandres marchant vers Givet-Mézières par la Belgique !

Bien entendu, cette vaste pensée dominante n'empêchait nullement Foch de tenir d'autres idées prêtes à s'adapter à toutes les circonstances.

Si, par exemple, l'ennemi avait réussi à se maintenir sur la ligne Hindenburg, Foch, pour le forcer à la retraite, aurait rendu plus intense le mouvement débordant du groupe belge, britannique et français dans les Flandres.

Déjà, dans le nord, les Britanniques avaient recommencé à gagner du terrain. Ils réduisaient à l'impuissance l'ennemi qui contre-attaquait dans la région d'Havrincourt, dans la région de La Bassée, dans la région d'Ypres.

L'armée de Mangin, avec sa splendide promptitude, enlevait le moulin de Lafiaux et progressait sur le Chemin des Dames, en y récoltant 5 000 prisonniers.

Le 18 septembre, Foch jugea l'heure venue de faire tomber un autre secteur extrêmement solide de la ligne Hindenburg, entre Cumbrai et Saint-Quentin.

Dans ce secteur « capital », l'ennemi avait réuni des troupes en très grand nombre et en très bon état. Ce fut Douglas Haig en personne qui dirigea l'opération, avec l'armée britannique de Rawlinson et l'armée française de Debeney. Il attaqua à l'ouest et au nord-ouest de Saint-Quentin, d'Holmon à Gouzeaucourt, c'est-à-dire sur un front de 2 3 kilomètres. Le soir du 18, Douglas Haig avait gagné plusieurs kilomètres et fait plus de 6 000 prisonniers. Le 19, il reloula les contreattaques et continua son avance.

De son côté, Debeney marchait vers Saint-Quentin et délivrait les villages voisins. En deux jours, pour notre offensive, le butin s'élevait à 12 000 prisonniers et à 66 canons. Bientôt les Alliés arrivaient à l'Oise et s'établissaient à Vendeuil.

Foch étendit alors cette offensive vers le nord. Sur son ordre, à la gauche, l'armée de Rawlinson, l'armée de Byng et l'armée de Horne déclenchèrent une attaque au sud de la Sensée. Leur objectif était Cambrai. Peu d'attaques furent menées avec plus de sûreté et de lougue. Les tanks conduisaient la marche. Quand le canal du Nord fut atteint et que les tanks s'arrêtèrent devant tous les ponts détruits par l'ennemi, on eut l'idée de précipiter dans l'eau les chars de modèle ancien, lesquels firent fascine aux chars de modèle nouveau.

Le 29, les Britanniques, après avoir passé le canal de l'Escaut à Marcoing, refoulé les contrerauaques de l'ennemi, capturé 12000 hommes et 210 canons,

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débordèrent Cambrai par le nord et par le sud. Des combats s'engagèrent dans les faubourgs de Cambrai.

Au même moment, l'armée britannique de Rawlinson et l'armée française de Debeney convergeaient vers Saint-Quentin, la première en progressant par le nord, la seconde en progressant par le sud. L'armée Debeney. eut à supporter les plus violentes contre-attaques. Le Ier octobre 1918, elle réussissait à pénétrer à Saint- Quentin jusqu'au canal. Le a octobre, elle tenait la ville entière.

Près de Cambrai, les Britanniques s'acharnaient de même à la bataille et parvenaient au Catelet. Pas d'interruption dans ce double élan. Britanniques et Français avançaient, entre Cambrai et Saint-Quentin ainsi qu'à l'est de Saint- Quentin, au prix de terribles efforts, mais leurs progrès n'en étaient que plus significatifs.

Le commandement unique, ne perdant jamais de vue l'ensemble du front, développa l'offensive entre Cambrai et Saint- Quentin, tout en déclenchant une autre offensive entre Dixmude et Ypres.

Le 8 octobre, les troupes belges, commandées par Albert Ier, attaquèrent depuis Dixmudejusqu'au sudest d'Ypres. Le roi des Belges avait demandé un ordre de service.

On le lui avait donné.

11 avait demandéaussi un général français «pour diriger, à côté de lui,lesopérations».On lui avait envoyé le général Dégoutte. A la droite des Belges marchaient les troupes britanniques de Plumer ; à leur gauche, les troupes françaises, tandis que l'artillerie de la flotte britannique, en tenant l'ennemi sous son feu, les aidait à progresser. Ce groupe d'armées avait pour mission de rompre le front ennemi et de pousser jusqu'à la frontière hollandaise.

Au soir du 28 octobre, l'ennemi avait dû abandonner quelques-unes des positions qu'il fortifiait depuis 1914, par exemple la forêt d'Houthulst devenue légendaire. Bientôt après, il était successivement chassé de Dixmude, de Passchendaele, des hauteurs d'Ypres.

En même temps, les troupes françaises qui appuyaient les troupes britanniques, à gauche, enlevaient Stande. A droite, les troupes britanniques s'élançaient vers Menin. Elles menaçaient un des trois piliers d'arrière sur lesquels comptait Hindenburg pour résister à tout : Lille.

Les Belges, arrivés en vue de Roulers, annoncèrent la capture de 10 000 hommes et de 36o canons. Mais la pluie continuelle, en pénétrant dans le sol spongieux de toute la région, ralentit, puis, pour un temps, arrêta leur avance.

Succès des Alliés en Belgique. Succès des Alliés dans la légion de Cambrai. L'ennemi se sentit hors d'état de résister dans ses secteurs du noid. Il hâta donc

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