DOUAI. — RUE DU CLOCHER-SAINT-PIERRE
sa retraite à Armentières et à Lens. Sur-le-champ, les Britanniques s'établirent dans ces deux villes. En sa rage impuissante, l'ennemi, avant de quitter Douai, mit le feu au centre de la ville. Il rêvait d'atteindre au cœur la cité où Guillaume II, en pleine église Saint-Pierre, avait prophétisé la défaite irréparable de la France et de la Grande-Bretagne. Dans le tableau général du refoulement décisif, nous verrons la portée et l'effet des opérations ainsi exécutées par les Alliés.
Foch estima le moment venu d'ordonner une offensive nouvelle, depuis la Meuse jusqu'à Reims, en direction du nord. Ses forces s'avancèrent, à la fois, à l'est et à l'ouest de l'Argonne. Le grand but visé par lui était toujours Mézières.
A l'est marchaient les troupes américaines. A l'ouest, en Champagne, marchaient, chargées de la plus lourde tâche, les troupes du général Gouraud que venaient
appuyer les troupes du général Berthelot.
Les troupes américaines, commandées par le général Ligget, opéraient entre l'Argonne et la Meuse, sur un front de 33 kilomètres. Brillamment secondées par leur aviation qui, en trois jours, abattit 63 appareils allemands, elles combattaient au nordouest de Verdun.
Verdun ! Nos amis d'Amérique, en entrant en lice à nos côtés, nous avaient dit : «Toujours, nous avons aimé l'armée française. Mais, depuis la Marne, nous l'admirons sans réserve, et depuis Verdun, nous l'adorons. » Ce fut à eux qu'échut l'honneur d'achever le dégagement définitif de l'héroïque forteresse meusienne.
Le 26 septembre 1918, vers 2 h. 3o, leur bombardement commença. Très violent, très bien conduit, il dura à peine trois heures. A 5 h. 3o, leurs troupes s'élancèrent contre les positions que l'ennemi conservait sur la rive gauche et qu'il avait formidablement fortifiées : Malancourt, Béthincourt, Forges. Elles les enlevèrent. Leur artillerie, rendue mobile à souhait, passa le ruisseau de Forges. L'ennemi fut chassé des bois où il se cramponnait au fond de ses abris, derrière ses réseaux de fils de fer. A midi, Gercourt, Cuisy, le sud de Montfaucon, Cheppy tombaient au pouvoir des assaillants. Ils engagèrent alors la lutte sur les positions que protégeait la hauteur de Montfaucon, la plus redoutable que tînt l'ennemi dans la région.
D'abord, ils contournèrent la hauteur. Par la droite, ils atteignirent Septsarges. A 18 heures, Montfaucon était cerné. Pendant deux jours, ils avancèrent en brisant les contre-attaques ; enlevèrent, à gauche de Montfaucon, Ivoiry, Epinon ville; enfin réunirent leurs forces pour porter le dernier coup.
Déjà, ils s'établissaient sur les crêtes au nord de Montfaucon, dépassaient