TANK ALLEMAND PRES DE BFIMS
(Photo Champagne.)
ont apporté à Brest-Litovsk, un exposé parfaitement précis des principes sur lesquels ils seraient prêts à conclure la paix ; mieux encore : un programme également précis pour l'application concrète de ces principes ». Au contraire, le programme des puissances centrales « ne prenait aucunement en considération les droits souverains de la Russie ou les préférences des populations dont le sort était en jeu : il signifiait tout simplement que les empires centraux entendaient garder chaque pouce du territoire occupé par leurs armées, chaque province, chaque ville, chaque point d'appui avantageux, comme autant d'accroissements définitifs de leurs territoires et de leur puissance ». Là-dessus, M. Wilson posait la question essentielle : « Avec qui les représentants de la Russie sont-ils en train de traiter? Au nom de qui les représentants des empires centraux parlent-ils? Parlent-ils au nom des majorités de
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leurs parlements respectifs ou bien au nom de minorités, de cette minorité militaire et impérialiste qui a jusqu'ici dominé toute leur politique, mis la main sur les affaires de la Turquie et des États balkaniques? Suivait un nouvel éloge des représentants de la Russie soviétique : « Ils ont insisté, fort justement, fort sagement, dans le véritable esprit de la démocratie moderne, pour que les conférences avec les hommes d'État germaniques et turcs eussent lieu toutes portes ouvertes, non à huis clos : le monde entier, comme ils le désiraient, a constitué leur auditoire ». D'autre part, M. WUson rendait pleine justice à la loyauté de l'Entente : « M. Lloyd George a parlé avec une sincérité et dans un esprit également admirables, au nom du peuple et du gouvernement de la Grande-Bretagne. Ce n'est point chez les adversaires des puissances centrales que se remarquent la contradiction entre les intentions, l'incertitude des principes, le flottement quant aux détails. Les desseins ténébreux, le manque de courageuse franchise, l'incapacité de définir nettement les buts de la guerre, tout cela est exclusivement le fait de l'Allemagne et de ses alliés. Ce sont pourtant des questions de vie et de mort qui dépendent de ces définitions. Aucun homme d'État, ayant la moindre notion de sa responsabilité, ne devrait se permettre un seul instant de prolonger ce tragique et effroyable gaspillage de sang et de richesses, sans être assuré, de cette assurance qui exclut toute crainte d'erreur, que ces sacrifices essentiels sont consentis pour sauver une partie intégrante de ce qui est vital dans la société, et que le peuple dont il est le porte-parole les juge comme lui légitimes et indispensables. » Cependant la voix de la Russie touchait M. Wilson autant, sinon plus, que la voix des autres nations envahies par les hordes allemandes en 1914 : « Voix plus émouvante et plus persuasive que toutes lesautres voix touchantes qui emplissent en ce moment l'atmosphère troublée du monde! Le peuple russe est abattu, apparemment sans secours, en face de la force sinistre de l'Allemagne qui n'a connu jusqu'à présent ni indulgence ni pitié. Sa puissance, semble-t-il, est brisée, et cependant son âme n'est pas asservie. Il ne veut céder ni en principe ni en fait. Ses convictions sur ce qu'il est juste, sur ce qu'il est humain et honorable pour lui d'accepter, ont été exposées avec une loyau é, une largeur de vues, une élévation, un sens de la solidarité universelle qui doivent forcer l'admiration de tout ami de l'humanité. Il a refusé de transiter avec son idéal ou d'abandonner autrui pour se sauver lui-même. Il nous adjure de déclarer ce que nous voulons, de dire si nos desseins et nos intentions diffèrent en quoi que ce soit des siens. Le peuple des États-Unis souhaite que je réponde en toute simplicité, en toute franchise. Que les dirigeants du peuple russe le croient ou non, c'est notre ardent désir et c'est notre espérance qu'une route s'ouvre à nous qui nous donne l'honneur d'aider le peuple russe à atteindre son idéal de liberté et de paix dans l'ordre. » M Wilson exprimait enfin l'ardent désir de voir la paix future être une paix de lumière, dictée par la conscience du genre humain : « C'est notre ferme intention que les négociations de la paix, dès qu'elles seront entamées, soient conduites au grand jour, qu'elles n'enveloppent ni ne permettent aucune entente secrète d'aucune sorte. Le temps des conquêtes et des agrandissements est passé; passé aussi, le temps des traités secrets, conclus dans l'intérêt de quelques gouvernements particuliers et le plus souvent destinés à bouleverser inopinément la paix du monde. C'est ce fait heureux, aujourd'hui patent aux )reux de tous les hommes d'État dont les idées ne s'attardent pas en un passé définitivement révolu, qui permet, à toute nation dont les desseins s'accordent avec la justice et la paix du monde, de proclamer les objets qu'elle a en vue. Nous sommes entrés dans cette guerre, parce que des violations du droit se sont produites qui nous touchaient au vif et qui rendaient la vie de notre peuple impossible à moins qu'elles ne fussent réparées et que le monde
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ne fût, une fois pour toutes, assuré contre leur retour. Ce que nous exigeons, dans cette guerre, ce n'est donc rien de particulier pour nous-mêmes. C'est que le monde devienne un lieu où tous puissent vivre, et spécialement qu'il soit rendu sûr pour toute nation éprise de paix, qui désire vivre de la vie qui lui convient, qui veut pouvoir compter qu'elle sera traitée avec justice et loyauté par les autres peuples du monde et non pas exposée à la brutalité des agressions égoïstes. A cet égard, tous les peuples du monde sont solidaires et, en ce qui nous concerne, nous voyons très clairement que nous ne devons pas attendre la justice des autres, si elle ne leur est pas rendue à eux-mêmes. »
Après ces explications préliminaires, que Ludendorfi a scrutées et analysées, la