LE FRONT ORIENTAL S'EFFONDRE
Défaite des armées turques. — Chute de Saint-Jean d'Acre,
de Beyrouth, de Damas, de Mossoul. — Victoire des Alliés en
Macédoine. Prise d'Uskub. — Capitulation de la Bulgarie.
— Entrée des Serbes et des Français à Belgrade.
La victoire des Alliés devait avoir, sur le front oriental, un caractère encore plus prompt et plus décisif que sur le front français (i). Foch, en possession du commandement unique, soutenu par le Conseil de guerre de Versailles, travailla «à détacher des empires de proie la Turquie et la Bulgarie ». Pour les détacher, il devait d'abord les battre.
En Palestine, sous le commindement du géné.al Allenby, le brillant cavalier
(i) En Russie, il n'y avait pas grand changement. Les Alliés, Français, Britanniques, Japonais, multipliaient leurs tentatives pour rétablir l'ordre, en débarquant à Arkhangel et à Vladivostok. Ils encourageaient les Tchéco-Slovaques,dans l'Oural, et les gouvernements sibériens, fondés soit à Omsk soità Kharbin. Cependant, le sang continuait à couler en Russie. En juillet, le comte Mirbach et von Eichhorn étaient assassinés; le Tsar était exécuté à Katerinenbourg, sans jugement. Le 27août, le gouvernement de Lénine signait, avec l'Allemagne, un traité complémentaire, par lequel il lui abandonnait la Livonie, l'Esthonie, la Courlande, lui payait une indemnité de 6 milliards et demi de marks et s'engageait à expulser de la Russie tous les soldats de l'Entente. Mais, au même moment, la Sibérie se débarrassait du joug bolcheviste et assurait l'Entente de son dévouement.
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qui, en 1914, avait sauvé, depuis Mons jusqu'à la Marne, la retraite du maréchal French, les troupes britanniques étaient établies, depuis le 6 septembre, au nord de Jérusalem et de Jéricho, sur un front de 96 kilomètres, entre le Jourdain et la Méditerranée. Leurs lignes passaient au nord de Jaffa.
Elles tenaient les fraîchesvalléesde cette ville, les plaines mélancoliques de la Mer Morte, les hauteurs pierreuses delà rivedroite du Jourdain. En face d'elles, étaient disposées deux des meilleures armées turques commandées par le général Liman von Sanders
Le général Allenby déclencha, le 19 septembre, avant le jour, une offensive vers le Jourdain. Au même moment, la partie la plus importante de ses troupes, précédée d'une admirable cavaleiie, s'avançait le long de la Méditerranée pour tourner et envelopper les deux armées turques.
Cette manœuvre, à la fois très logique et très hardie, exigeait un -.uccès auquel