BUREAU SUR LEQUEL S'EST FAITE LA SIGNATURE DE LA PAIX
(Photo Meurisse.)
ii 8;
lgl4- — LA GUERRE DU DROIT.
engagement irrévocable que seront exécutées loyalement et fidèlement toutes les conditions qui ont été fixées.
— la, murmurèrent les Allemands, en inclinant la tête.
Guidés par les huissiers, ils allèrent vers la jolie table Louis XV où reposait le Traité, saluèrent M. Clemenceau et signèrent.
Il était 3 h. 12 (1). Signèrent ensuite M Wilson et les Américains, M. Lloyd George et les Britanniques, M. Clemenceau et les Français, enfin tous les membres de la conférence.
La dernière signature fut tracée à 3 h. 5o. A cette minute, le canon retentit, comme il retentissait en 1 S70. Mais c'était le canon de la victoire française.
Nous avions tenu à être en Alsace-Lorraine pour l'heure où l'Allemagne signerait la paix, c'est-àdire, officiellement rendrait l'AIsace-Lorraine à la France. L'Alsace et la Lorrainesavaientbien que 1 Allemagne signerait. Aussi, de toutes parts, se préparaientdes illuminations. Les communes qui n'avaient pas de quoi illuminer préparaient desfeux dejoie, rustiques bûchers qui, tout à l'heure, allaient flamboyer en l'honneur de la Fiance. L'heure incomparable nous a trouvé, à Sarrebourg, dans le cabinet de l'administrateur militaire, notre ami le capitaine Albert Lévy, professeur de mathématiques au Lycée Saint-Louis. Trois heures. C'est le moment où le traité de paix est présenté à la signature. Trois heures cinq. Trois heures dix. Nous regardons tantôt la pendule, tantôt le téléphone. Au tic-tac de la pendule, le téléphone ne répond rien. Trois heures et quart. Le téléphone sonne. Nous nous embrassons. Minute sans pareille dans l'histoire. L'Allemagne, la prodigieuse nation de proie, qui, pendant si longtemps, a pu se croire invincible, l'Allemagne, dont l'empereur se proclamait le Seigneur de la Guerre et faisait à son gré trembler le monde, l'Allemagne qui célébrait avec fureur les journées de Leipzig, de Waterloo, de Sedan, de Charleroi, l'Allemagne, dont la véritable industrie était la guerre, la voilà qui signe sa défaite. Vive la France! Tout à coup, les cloches carillonnent. « Allons voir la ville », nous dit l'administrateur. Un souffle de bonheur circule parles vieilles rues. Le Conseil municipal se forme en cortège. Le maire nous invite à marcher près de lui, au premier rang. Les souvenirs des quarante-huit dernières années, se levant sous nos pas, ajoutait, à la joie de la libération, la fierté de la revanche. Nuit divine du 28 au 29 juin 1919! Les Vosges s'illuminaient tout entières. Le premier incendie pacifique, qui trouait