SIGNATURE DU TRAITÉ TURC A SÈVRES
LE GÉNÉRAL TURC HALI-PACHA SIGNE LE TRAITÉ. (Photo Meurissc.)
nièrent les textes que chacun d'eux proposait. Enfin, d'accord avec M. Lloyd George, ils rédigèrent ainsi le dernier paragraphe de l'article 429 :
« Si, à I expiration du délai de quinze années, les garanties contre une agression non provoquée de l Allemagne n'étaient pas considéi-ées comme suffisantes par les Gouvernements alliés et associés, l'évacuation des troupes d'occupation pourrait être retardée dans la mesure jugée nécessaire à l'obtention des dites garanties. »
Jusqu'à présent (février 1921), le Sénat des États-Unis n'a pas ratifié la signature de M. Wilson. Aussi, les revendications de la France sur le Rhin demeurent-elles légitimes.
Cette situation impose à la France et à la Grande-Bretagne un impérieux devoir de vigilance, d'énergie et surtout de solidarité.
ï Q 1 4- — LA GUERRE DU DROIT. I lib
Les traités avec l'Autriche, la Bulgarie, la Turquie.
Pour les traités avec l'Autriche, la procédure avait été la même qu'avec l'Allemagne. Mais le dénouement en fut hâté par la complaisance des représentants de l'Autriche, particulièrement du Chancelier Karl Renner.
Au château de Saint-Germain, ils reçurent le texte des conditions déterminant les frontières et l'indépendance de la Tchéco-Slovaquie et de l'État serbo-croateslovcne. L'Autriche cédait aux principales puissances alliées tous les bateaux de guerre austro hongrois. « L'effectif de l'armée autrichienne ne doit pas dépasser 3oooo hommes, y compris les officiers et les troupes des dépôts. L'Autriche et ses allie s sont responsables des dommages subis par les gouvernements alliés et leurs nationaux par suite de la guerre qui leur a été imposée par l'Autriche et ses alliés. Une commission fera connaître le montant de la dette autrichienne avant le ifrmai 1921. Une période de trente ans est accordée pour en acquitter les paiements. » L'Autriche cédait tous les navires marchands et bateaux de pêche à flot ou en construction. « A titre d'avance immédiate, l'Autriche livrera un nombre déterminé de bestiaux et, pendant cinq ans, du bois, du fer, de la magnésie. »
Le 10 septembre 1919, à onze heures du matin, le chancelier Renner signait ce traité. L'Empire des Habsbourg s'anéantissait.
La Roumanie et la Serbie s'étaient abstenues. Le Traité avec la Bulgarie détermina les frontières de l'État serbe-croate-slovène et de la Grèce; réduisit à 20000 hommes l'armée bulgare et à 10000 le nombre des fonctionnaires armés de fusils ; obligea la Bulgarie à livrer aux Alliés tous ses bateaux de guerre, toutes ses armes et à payer, pour les réparations, deux milliards deux cent cinquante millions, par versements semestriels, etc.
Les délégués bulgares, conduits par M. Théodorof, reçurent, dans le grand salon de l'Horloge, au ministère des Affaires étrangères, ce traité qu'ils signèrent à Neuilly. M. Théodorof lut une déclaration, écrite en français, où il suppliait les vainqueurs de ne pas punir son pays « en le réduisant à la servitude » et où il condamnait sans réserve la politique du roi Ferdinand.
Le traité avec la Turquie fut signé à Sèvres. Les Alliés, pour récompenser la Grèce du concours apporté par M. Venizelos, constituaient une grande Grèce qui, englobant la Thrace, Smyrne et les rives asiatiques si convoitées, s'étendait jusqu'aux faubourgs de Constantinople. Mais, en 1920, les Grecs, chassant M. Venizelos et rappelant le roi Constantin, beau-frère de Guillaume II, n ontils pas, de leurs mains, déchiré ce traité?
Nos soldats au triomphe.
Que vaut le Traité de Versailles, le plus important traité de l'histoire ? Exactement, ce que vaudra la façon dont on le fera exécuter. Les traités sont des choses vivantes qui doivent être dirigées à la fois avec beaucoup de fermeté et beaucoup de sagesse. Le vainqueur digne de sa victoire n'opprimé pas les vaincus, mais, par respect pour sa parole, par pitié pour l'humanité, il les empêche de préparer une nouvelle guerre. Telle est la pensée qui dominait dans l'âme des vrais Français, pendant l'incomparable journée du 14 juillet 1919, tandis que, du fond du cœur, tous acclamaient nos soldats.