LES MARECHAUX FOCH ET JOFFRE
(Photo Meurisse.)
rendu l'allure alerte et cadencée du bon temps. Aux instants où le défilé s'arrête, ils marquent le pas avec une correction juvénile. En passant devant la tribune où s'entassent, en gerbes vivantes et fleuries, nos Alsaciennes et nos Lorraines, ils se sentent enfin complètement vengés.
L'armée française avait voulu que, devant elle, marchassent, en un ordre caractéristique, les mort?, les mutilés, les officiers de l'Année terrible, les étrangers qui ont combattu avec nous, en frères. Piotocole pathétique et charmant.
L'Arc de Triomphe vit donc d'abord les Américains, athlètes au pas élastique, conduits par le général Pershing, magnifique cavalier aussi tranquille sous l'Arc de Triomphé que, l'année dernière, à pareille époque, près de ChJteau-Thierry ; puis les Belges, nos frères intrépidesde l'Yser et d'Ypres ; puis les Britanniques, fantassins etmarinsqui, pour la justice suprême, ont lait la police des eaux et de la terre; puis les vaillants Italiens, quiportent leurlusil àboutde bras, horizontalement, commedes amateurs allant à la chasse (01 , ils ne vont pas à la chasse, ils en reviennent, après nous
avoir aidés à abattre la bête monstrueuse qui désolait le monde) ; puis les Japonais et les Chinois aux étendards pleins de soleil; puis les Grecs; puis les chevaleresques Polonais ; puis les Portugais aux casques clisses; puis les Rouma nsauxcarabines en bandoulière; puis les Serbes, les premiers à la peine, qui enfin savourent la vengeance.
Quand les Tchécoslovaques s'éloignent, les derniers, le cœur de Paris s'arrête un instant. Un souille d'extase circule. Les nôtres vont venir! Voici les nôtres !
Nos soldats de gloire incarnent toute la France, province par province : Flandre, Picardie, Normandie, Maine, Orléanais, Champagne, Franche-Comté, Bourgogne, Berry, Nivernais, Tout aine, Anjou, Bretagne, Vendée, Limousin, Auvergne, Savoie, Provence, Corse, Languedoc, Gascogne, Lorraine (Vive le 20e corps!), Alsace (Vive la Légion étrangère!) Toute la France est ici, représentée, en majesté sui humaine, par toute son armée : chasseurs, fusiliers marins, artilleurs traînant le svelte 75 et le rude i55 court, armée coloniale, armée d'Afrique, cavaliers de tout genre, chasseurs d'Afrique, gardes républicains, cuirassiers, dragons, hussards, goumièrs marocains, grandes écoles militaires, Polytechnique, Saint-Cyr, Saumur, auto-mitrailleuses, auto-canons, chars d'assaut dont le fracas fait tressai lir les voûtes triomphales de l'Arc napoléonien.
Toute la grande armée, avec tous ses grands chefs! Immédiatement après les maréchaux, le général de Castelnau, image du deuil et du devoir; le général Fayolle, admirable et modeste soldat; le général Debeney, si jeune et si habile; le général Humbert, qui, sur l'Oise, a fait claquer la porte au nez de l'envahisseur; le général Pau, qui a gagné la bataille de Mulhouse; le général Gouraud, véritable Croisé