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DE I. APC DE TRIOMPHE

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19I4. — LA GUERRE D li DROIT.

autre mort héroïque dont nous connaissons moins encore. Ni son nom, ni son visage, ni sa voix, ni rien de son être n'a pu être identifié. Cependant, comme par miracle, il demeure toujours tout entier présent à notre pensée. C'était vers lafin delà guerre. On avait été contraint de cacher, çà et là, sur un terrain abandonné, des soldats chargés d'avertir notre artillerie de l'instant où l'ennemi s'avancerait. Soldats sacrifiés. Impossible pour eux de traverser les quatre kilomètres où toutes les- ouvertures des tranchées étaient obstruées. Pendant la nuit, ces sacrifiés s'acquittèrent, avec une admirable précision, de leur mission mortelle. Ils indiquaient les mouvements de l'ennemi, en lançant des fusées. Les réseaux téléphoniques étaient tous coupés, même les fils qui passaient sous terre. Vers trois heures et demie du malin, les signaux par fusées cessèrent. Dans la pâleur du jour levant,

passa un souffle d'angoisse. Tout à coup, au poste récepteur de la télégraphie par le sol (T. P. S.), nous aperçûmes un léger mouvement sur l'appareil. Un des sacrifié-; parlait. Message suprême et si bref. C'était un seul petit mor, brisé en deux par l'agonie : « A Dieu ». Comme il reste vivant dans nos cœurs, le soldat inconnu qui nous disait « Adieu ». en mourant pour le salut de la France. C'est à lui que nous dédions ce livre de vérité.

Les admirables soldats de 1914, 1915, 1916, 1917, 1918 ont renoué les plus insignes traditions de notre Patrie. Les plus obscurs d'entre eux retrouvaient, à leur insu, le grand style étincelant de nos plus illustres héros. Le zouave inconnu, en criant : « Tirez donc, au nom de Dieu! », rappelle le chevalier d'Assas qui, h Klostercamp, en 1760, ayant rencontré une colonne sur le point de surprendre notre régiment d'Auvergne, entendit des Allemands qui lui disaient tout bas : « Pas un mot, ou tu es mort », répliqua d'une voix tonnante : « A moi, Auvergne 1 ce sont les ennemis », et tomba percé de coups.

Aucun de nos héros de 1914, de 1915 de 1916, de 1917, de 1918, n'a eu besoin décrier: « A moi, France! » Toute la France était près d'eux. Toute la France, de tous les temps ! Le chevalier d'Assas éiait près du zouave qui criait : « Tirez donc! » Le chevalier Bayard, sans peur et sans reproche, était près du sergent qui criait : « Debout, les morts! » Le paladin Roland qui, de l'adieu sonné par son cor, avait fait retentir les échos des Pyrénées, était près du soldat inconnu qui nous adressait son adieu muet par T. P. S. Près de tous nos morts, avec La Tour d'Auvergne, avec le chevalier d'Assas, avec le chevalier Bayard, avec le paladin Roland, étaient ceux des Croisades, ceux des longues luttes où s'est faite l'unité de la Patrie, ceux des guerres républicaines de l'an II, de l'an III, de l'an IV, de l'an V, ceux des guerres du Premier Empire, ceux de l'Année Terrible. Ah! ces derniers, ceux de 1870 et de 1871, avec quelle tendresse et quelle fierté ils se sont penchés vers leurs fils qui les rejoignaient dans la mort, pour leur dire : « Merci! Notre drapeau est redevenu, grâce à vous, un drapeau de triomphe, le vrai drapeau de France, l'immortel drapeau du Droit ressuscité. »

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