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HORS DE FRANCE

L'offensive autrichienne dans le Trentin

Pendant que l'empereur allemand faisait attaquer avec un acharnement sans pareil l'armée française à Verdun, l'empereur d'Autriche dirigeait contre l'armée italienne, dans le Trentin, une offensive dont, lui aussi, attendait un triomphe.

Le ier mai 1916, cette offensive fut déclenchée par une armée de plus de 400000 hommes, dont les meilleurs éléments avaient été retirés du front russe, et qui disposait d'une artillerie où les plus puissantes pièces allemandes venaient s'ajouter aux gros mortiers dont l'Autriche s'enorgueillissait.

Le commandement en chef était confié à l'archiduc héritier, le futur Charles Ier.

Le gouvernement autrichien avait déclaré : « Nous obtiendrons ce double résultat d'empêcher les Alliés d'exécuter leur plan d'offensive générale, et de favoriser très efficacement l'attaque allemande sur le front français. La ruine du front

italien, de l'Adige à la Brenta, aura une telle répercussion, en France, que la chute de Verdun en sera hâtée, et que les conséquences de cette chute en deviendront magnifiques. »

Aux chocs répétés del'ennemi, les Italiens résistèrent d'a'iord avec succès, mais, peu à peu, ils durent céder du terrain jusqu'au commencement de juin. Quand ils se furent établis, le 2 juin, au débouché des montagnes, dans la plaine de Vicence, sur les positions de défense que le général Cadorna avait fait organiser, ils purent se féliciter à bon droit de cette retraite, aussi remarquable par l'ordre qui avait régné dans leurs rangs, que par leurs contre-attaques qui avaient coûté si cher à l'ennemi.

Les masses autrichiennes lancées à plusieurs reprises contre les nouvelles positions de nos alliés étaient arrêtées, puis brisées. Enfin, le 17 juin, les troupes du général Cadorna, par une éclatante contre-offensive, rejetaient l'ennemi dans le Trentin en lui infligeant une défaite parfaitement caractérisée.

Dans leur contre-offensive, les Italiens avaient été aidés par la Russie attaquant en Volhynie et en Bukovine. L'Autriche s'était vue forcée de renvoyer au front russe les régiments et les batteries qu'elle lui avait empruntés.

Les communiqués autrichiens qui, par leurs lourds et systématiques mensonges, ressemblaient si fort aux communiqués allemands, annoncèrent ainsi la défaite sur le front italien : « Nous avons opéré un repli stratégique avec le plus constant succès. L'ennemi a bombardé longuement, puis enlevé sans peine des positions entièrement évacuées depuis quelques jours. »

Les Russes à Erzeroum et à Trébizonde.

Dans le Caucase, les troupes russes commandées par le grand-duc Nicolas revinrent au combat contre les Turcs. Ni les difficultés formidables du terrain, ni les neiges amoncelées, ni le froid qui faisait descendre le thermomètre à 26 degrés

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(Pholu Cnusscau-hlaviens).

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M) II. — LA GUERRE DU DROlT,

au-dessous de zéro, ni l'opiniâtreté de la résistance turque, ne purent arrêter l'armée confiée par le grand-duc au général Youdenitch.

Victorieuse à Kuprikeni elle s'élança vers la vaste forteresse d'Erzeroum. Le i 5 février i g 1 6, les fortifications centrales d'Erzeroum étaient prises. Le lendemain, après une lutte corps à corps qui fit couler des flots de sang dans les rues, la place entière tombait. Les Russes avaient enlevé d'abord les neuf forts de la ville; puis, ils y avaient pénétré sans l'investir. C'était la méthode employée par les Allemands à Liège et à Novogeorgievsk.

Erzeroum, Arx-er-Roumi (citadelle des Romains), clef superbe de l'AnatoIie orientale, s'élève au croisement de deux grandes routes, celle qui va de la vallée de l'Araxe à la vallée del'Euphrate occidental, et celle qui va du port de Trébizonde sur la mer Noire au grand centre persan Tabriz. Sa chute retentit profondément dans

le monde entier! Le succès, dont elle était le gage, aurait pu, avec un gouvernement meilleur que le gouvernement russe, être extrêmement fécond.

Après la chute de la grande forteresse, ce futlachute du grand port de la mer Noire.

Les troupesrusses, appuyées par leur escadre de la mer Noire, entrèrent à Trébizonde, le iyavril.Dès lors, rien n'empêchait plus la Russie d'envoyer des vivres, des munitions, des renforts à son armée d'Asie Mineure. Les détachements turcs qui s'étaient rués sur la Perse en furent bientôt chassés.

D'autre part, une tentative, malheureusement trop tardive, se fitpour dégagerla division anglaise cernée en Mésopotamie. Cette division qui, par le golfe Persique, avait marché si vaillamment vers Bagdad, était assiégée à Kut-el-Amara par des forces très supérieures. En vain, un corps anglais, envoyé à son secours, entreprenait l'impossible pour la ravitailler. La tentative des Russes ne réussit pas mieux. Les assiégés durent se rendre, le 26 avril 1916.

En juillet, l'armée russe reprit son offensive. Elle eut alors à souffrir de la chaleur, autant qu'elle avait souffert du froid en février. Le 16 juillet, elle entrait à Baïbourd; le 25 juillet, à Erzindjan. Ainsi, le haut plateau arménien lui appartenait tout entier. De là, elle pouvait mettre la main sur une importante partie du Kurdistan et du Lazistan.

Les Turcs, après avoir reculé sous une pression si violente, se ressaisirent et, le 1 3 août, s'engagèrent hardiment dans une contre-offensive. Mais les succès qu'ils remportèrent alors fuient sans lendemain. En somme, au icr septembre 1916, la situation militaire de la Russie était redevenue fort bonne. Partout elle obtenait l'avantage sur les vingt -sept divisions que la Turquie avait lancées contre ses troupes.

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