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LA SOMME

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date de l'attaque

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, depuis Gommécourt, au nord oui.

•ourt, se trouvaient ment du général Foch qui :

e e de Micheler, celle d' ve, l'armée de Fayolle et embre. La bataille de Verdur rédui''.

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cjui, d'ailleurs, se prêtait parfaitement à la défense. Grâce à ses savants travaux, les petits bois, les fermes et les villages, si nombreux dans toute cette région, constituèrent une suite ininterrompue de forteresses. Quant aux carrières anciennes et aux excavations récentes, elles devenaient des réduits capables de résister sans fin au tir de l'artillerie franco-britannique et d'abriter efficacement une artillerie toujours prête à tirer.

Le général Joffre, qui se rendait compte de ces difficultés, s'efforça de mettre en •concordance, aussi parfaitement que possible, les opérations françaises et les opéra-

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ARTILLERIE ANGLAISE EMBOURBÉE DANS LA SOMME. (Photo Meurisse.)

tions anglaises. Dans cette tâche si délicate, il fut aidé par le général Foch qui y avait déjà si bien réussi aux jours les plus tragiques de l'Yser.

A la tête des armées britanniques, le maréchal Haig avait remplacé le maréchal French comme généralissime.

Sir Douglas Haig était, avant tout, un soldatpassionné pour son métier; un soldat à qui, depuis longtemps, rien n'échappait de ce qu'exige la guerre actuelle; enfin, un soldat heureux. De haute taille, à la fois robuste et souple, le visage barré d'une moustache grisonnante, ce cavalier d'une soixantaine d'années gardait un grand air de jeunesse. A Oxford, où il avait été élevé, on l'appelait « l'infatigable John ». Cette vigueui physique, il l'entretenait toujours, avec un soin méthodique et jaloux. Avant de se mettre en campagne, au Soudan, au Natal, au Sud a'ricain, en France, il essayait son endurance, comme on essaie son arme au matin d'un combat. Pendant trois semaines, par exemple, il se nourrissait exclusivement de pain et de fruits,

sans avaler une gorgée de bière, de vin ou de boisson alcoolisée. Pendant trois, semaines, il réduisait son sommeil à quatreheures parnuit. Pendanttrois semaines, il passait à peu près toutes ses journées en selle. En somme, ces épreuves lui coûtaient peu et même devenaient pour lui des plaisirs. « Les Spartiates, avouait-il, étaientau fond des sybarites plus raffinés ». Parmi les raffinements de ce hardi cavalier, il laut placer une parfaite correction, voire une extrême sévériré de tenue. Ses officiers aimaient sa rigoureuse fermeté, pour ce qu'elle impliquait de patriotisme, de justice et de loyal dévouement. Jamais il n'avait cessé de se préparer à la guerre actuelle qu'il prévoyait jusque dans le détail. Il étudiait à fond l'armée allemande, dans la pensée bien arrêtée que l'armée de la Grande-Bretagne, unie à l'armée

de la France, aurait un jour la noble tâche d'en venir à bout.

Pendant chacun de ses voyages d'études en Allemagne, il écrivait à sa femme des lettres qui, si nous les publiions aujourd'hui, sembleraient retouchées pour les besoins de la cause. Certaines prophéties y sont d'une précision qui va jusqu à l'invraisemblance. Il note ce qu'il y a de formidable dans l'organisation de l'armée allemande, « où tout est concerté pour toutes les entreprises, sur tous les terrains ». Il note aussi les points faibles de cette machine si énorme et si compliquée. « D'abord, c'est une machine. Jamais le gouvernement prussien n'a songé que le soldat pût avoir une âme. Discipliner c'est domestiquer! L'inhumanité d'un parei' système se manifeste du haut en bas. Le soldat est traité avec un souverain mépris par ses officiers, torturé par ses sousofficiers, brimésans pitié parles vétérans. Unearmée si cruellement traitée est capable des pires cruautés en pays étranger. Elle marchera, tant que l'autorité de ses chefs lui paraîtra plus redoutable que le feu de l'ennemi. Mais elle est à la merci d'un revers. »• Dans une de ses dernières lettres sur l'armée allemande (janvier 19 14), sir Douglas Haig ajoutait : «Quel contraste entre cette armée et l'armée française où l'officier est, avant tout, pour le soldat, un grand fière, plus instruit, plus expérimenté, plus autorisé, et où l'expression : On se ferait tuer pour lui, jaillit spontanément des poitrines! » 11 conclut : « Nous possédons et nous posséderons toujours la maîtrise des mers. Mais la grande partie se jouera sur le ccntinent. A notre armée, il faut un outillage perfectionné. Il lui faut des mitrailleuses à profusion. Il lui faut le nombre. Toutes choses dont l'Allemagne croit tenir le monopole! Toutes choses que nous pouvons acquérir. » La guerre qu'il prévoyait éclata. Après avoir dir gé l'aile droite de l'armée anglaise, pendant la bataille des frontières; forcé le passage du Petit-Morin, pendant la batail e de laMarne; remporté designificatifs succès, pendant la bataille de l'Aisne il prit, de la Somme à Dixmude, un commandement d'une extrême importance. Sous

ARTILLERIE LOl'RDF. ANGLAISE EN ACTION.

(Photo Meurisse.)

iyi4.

LA GUERRE DU DKulT.

ses ordres se trouvèrentbientôt deux cent mille hommes, sanscompterlescontingents indiens. Il contribua puissamment à la victoire ue Neuve-Chapelle et surtout à celle de Loos. A la satisfaction d'avoir fait tant de prisonniers et enlevé tant de canons, se joign t celle d'avoir aidé, par son effort en Artois, « l'héroïque armée française qui s'élançait merveiLeusement à l'assaut en Champagne ». Voilà les journées que ce soldat heureux aimait à se rappeler. 11 croyait, du lond du cœur, qu un bonheur infiniment plus complet lui était réservé. On lui disait un jour : « Ne craignez vous pas que l'ennemi ne revienne en masse nous attaquei par le nord de la France: — Je ne le crains pas, répondit-il. Je l'espère. » •

La première phase de l'ofiensive de la Somme fut, pour les Alliés, un éclatant

succès. Partout, l'ennemi était refoulé de ses premières lignes. Partout, l'avance victori use se continuait.

Les troupes françaises, dans un élan superbe, s'emparaient de Becquincourt, de Dompierre, pénétraient largement dans la seconde ligne allemande et, pendant la nuit du ier au 2 juillet, brisaient de violentes contre-attaques où l'ennemi se servait de flammes et de gaz asphyxiants.

Sans interruption, elles poursuivaient leur avance au nord et au sud de la Somme : au sud, en enlevant Feuillères, Buscourt, Herbécourt, Assevilliers, Belloy, une partie d'Estrées; au nord, en enlevant Curlu, Hem, Hardecourt.

Pour le matin du 6 juillet, le général Fayolle put annoncer ainsi les résultats obtenus par les nôtres : Cinq lignes de tranchées ennemies prises d'assaut ; 9 5oo prisonniers capturés en même temps que 78 canons et 3oo mitrailleuses. Il lélicitait donc sans réserve ses vaillantes troupes, en rendant hommage à « la valeur des officiers généraux, au travail consciencieux des états-majors, à la hardiesse des tirs de l'artillerie, au courage réfléchi de l'infanterie ».

83o I 9 I 4. LA GUERRE DU DROIT.

Sur tout le reste du front d'attaque, nos alliés s'étaient montrés entièrement dignes de la cause sacrée pour laquelle ils combattaient. L'infanterie britannique, de formation si récente, et que l'ennemi affectait encore de dédaigner, fit preuve d'une admirable opiniâtreté. En vain l'ennemi avait entassé devant elle 3 1 divisions. Elle passa.

Du premier coup, elle s'empara des lignes allemandes depuis Gommécourt jusqu'à Montauban. C'est autour de Montauban, de Mametz, de Fricourt, de la Boisselle, qu'elle eut la tâche terrible. Après avoir progressé malgré tout, elle dut tenir malgré tout. Son avance des premiers jours et sa résistance aux contre-attaques jonchèrent le sol de cadavres allemands.

L'épais brouillard et le sol détrempé d'un pluvieux été l'arrêtèrent ensuite pendant quelques jours. Mais, à la première éclaircie, elle attaqua successivement vers Gontalmaison et vers le bois des Trônes. Les troupes ennemies, parmi lesquelles se trouvait la garde prussienne, avaient l'ordre de défendre ces deux positions cou e que coûte. Ces deux positions, prises et reprises jusqu'à quatre fois, restèrent enfin au pouvoir de nos alliés.

Cependant nos alliés avaient en vue un suc:ès encore plus caractéristique et d'un si chevaleresque symbole! Le 14 juillet, ils attaquèrent la seconde ligne allemande vers le village de Bazentin, à 3 kilomètres de Contalmaison, et le village de Longueval,à 2 kilomètres plus loin.

Pour enlever ces deux positions que l'ennemi pro;lamait inexpugnables, ils s'élancèrent à l'assaut, en chantant, non leurs chants, mais le nôtre: la Marseillaise. Quand ils s'établirent sur les positions de l'ennemi vaincu, ils purent se dire avec fierté que, en ce même moment, leurs camarades, réunis à Paris, chantaient comme eux la Marseillaise, et que c'était une double façon de célébrer le grand jour français, France' s Day.

Le maréchal Douglas Haig put annoncer ainsi les résultats de la première quinzaine anglaise : Sept villages pris de haute lutte, 36 canons de campagne, 9 pièces d'artillerie lourde, plus de 1 200 mitrailleuses, une grande quantité d'engins de tranchée, 12600 prisonniers. « Les troupes britanniques ont fait tout leur devoir avec une énergie sans égale dans leur propre histoire. »

Les troupes françaises, de leur côté, en une série d'admirables combats, du 7 au 11 juillet, avaient enlevé le village de Biaches et le château de la Maisonnette près de Biaches.

Ce village de Biaches, à quatre kilomètres de Péronne, était défendu par un fortin formidable. Ni le tir de notre artillerie, ni nos assauts les mieux préparés, n'avaient pu faire taireles mitrailleuses qui s'y abritaient. Restait un moyen :1a mine. Le génie demanda au moins quatre jours. C'était beaucoup trop long. Alors le capitaine d'infanterie, le brave Vincendon, déclara en désignant le fortin :

— Si on voulait, j'essayerais d'en avoir raison avec mon sous-lieutenant et sept bonshommes.

— Essayez.

Tout seul, il pénétra dans l'ouvrage. Ses hommes, qu'il avait dissimulés aux abords, devaient attendre un signal de lui. D'abord, il n'aperçut personne. L'ennemi se terrait si profondément! Pour en finir, il cria de sa voix la plus rude : Heraus Dehors). Une tête d'Allemand apparut. Il la cassa d'un coup de revolver et lança l'appel français par excellence : En avant! Tout de suite, toute sa troupe si bien entraînée, sept bonshommes et un sous-lieutenant, se rua avec des clameurs de victoire. Les Allemands levèrent les bras Ils étaient 1 14, dont deux officiers.

L'ennemi voulut une revanche. Il reprit Biaches et la Maisonnette, mais nous

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