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SOLDATS ANGLAIS MONTANT AUX TRANCHEES PENDANT LA BATAILLE DE LA SOMME

(Photo Meurisse.)

moyens, le terrain conquis par nous, au nord et au sud de la Somme, s'étendait sur 11 kilomètres et comprenait 3i villages.

Malgré le mauvais temps, si contraire au vol de nos aéroplanes et au tir de nos pièces, notre artillerie et notre aviation montraient une incontestable supériorité.

Tandis que l'ennemi était contraint de renoncer à son offensive sur Verdun, l'offensive franco-britannique dura jusqu'en novembre.

Parfois, les Alliés marchaient très lentement, parce qu'ils avaient à détruire des nids de mitrailleuses et de véritables forteresses. Parfois aussi, ils réalisaient des bonds prodigieux.

Au début de septembre, le temps devint p'us clément. Au nord de la Somme, les troupes françaises enlevèrent Leforest et Cléry-sur-Somme ; les troupes anglaises, Ginchy et Guillemont.

Au sud de la Somme, l'armée du général Micheler, intervenant enfin, engagea LU.

S 3 2 1914. — tA ÛDEiiRÉ DtJ OftOIÏ,

l'action, le 4 septembre, sur un front d'une vingtaine de kilomètres, s'étendant de Barleux à Chilly, occupa Soyécourt, Cbilly, Berny-en-Santerre, et rit 2000 prisonniers avec un important butin de guerre et 3q canons.

Au nord de la Somme, l'armée de Fayolle réalisait, elle aussi, pour le i3 septembre, une avance sensible vers la route de Péronne à Arras. Elle s'emparait de Bouchavesnes, du Bois-1'Abbé, de 2000 prisonniers, de 1 2 canons.

Quant aux troupes britanniques, elles brûlaient de (aire connaître à l'ennemi leur nouvel engin de guerre, le char d'assaut, ce tank qui tout de suite devint légendaire.

Les premiers tanks qui apparurent pour la première fois, à Fiers, en appuyant l'infanterie, étaient sans doute trop massifs et trop lourds. Chacun d'eux pesait 35 tonnes. Mais les canons et les mitrailleuses dont s'armaient leurs carapaces faisaient de bonne besogne, et leur roulement à chenilles, emprunté à des tracteurs agricoles d'Amérique, leur permettait de passer partout en écrasant tout ce qui se trouvait sur leur passage. Ajoutons qu'ils étaient nés perfectibles.

Pour le 16 septembre, les troupes britanniques avaient enlevé Courcelette, Martinpuich, Fiers; réalisé une magnifique avance vers Thiepval ; fait cinq mille prisonniers, et commencé à envelopper, par le nord, un des plus dangereux centres de la défense allemande, la ville de Combles, que nos troupes commençaient à envelopper par le sud.

Le 25, Britanniques et Français attaquèrent ensemble. Les Britanniques enlevèrent Morval et Lesbœufs, tandis que nous enlevions Rancourt et les environs de Frégicourt. Le 26, nous entrions ensemble dans Combles.

En même temps, les Britanniques s'emparaient de Gueudecourt et de ce village de Thiepval dont l'ennemi avait fait une extraordinaire forteresse. Dans leur butin de guerre figuraient 4 200 prisonniers.

Le 7 octobre, nouvelle attaque des Britanniques et des Français, au nord de Is Somme, sur un front s'étendant de Bouchavesnes à la route d'Albert à Bapaume. Les Alliés gagnèrent près d'un kilomètre et demi. Le surlendemain, les troupes françaises, au sud de la Somme, avancèrent entre Chaulnes et Berny-en-Santerre.

Les Britanniques, en même temps qu'ils organisaient le terrain conquis, exécutaient des coups de main heureux entre Arras et Ypies.

Quant aux troupes françaises, elles avançaient toujours au nord de la Somme, vers Sailly-Saillisel, et occupaient Sailly, ainsi que les importantes hauteurs du voisinage. Au sud de la Somme, elles marchaient vers Ablaincourt et Chaulnes. Le 3o octobre, elles perdirent la Maisonnette; mais, les jours suivants, elles s'emparèrent d'Ablaincourt, à 4 kilomètres de Chaulnes et à 12 kilomètres de Péronne, puis dePressoire, à i3 kilomètres de Péronne, en faisant un millier de prisonniers.

Un des plus significatifs épisodes de la bataille de la Somme a été l'enlèvement de la position allemande qui, à l'est de Bovent, bordait le chemin d'Ablaincourt. Cette position, l'ennemi la proclamait « le chef-d'œuvre de la défense moderne » et l'avait baptisée, pour plaire à Guillaume II, «la tranchée del'inoubliable grand-père ».

Notre ami M. Lebrun, ancien ministre des Colonies et de la Guerre, nous rapportant tous ces faits d'armes à la suite d'une visite au général Foch, sur le front, ajoutait:

— J'ai trouvé le général Foch toujours plein de la plus tranquille confiance, qu'il exprime avec tant de pittoresque ! Il résume ainsi son œuvre des derniers mois : « Je tire sur la ficelle. A chaque coup, je sens que le morceau peut venir, va venir, vient. »

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C'était exactement la même idée qu'exprimait le maréchal Haig, quand il répétait : « J'entends des craquements. »

A propos de cette bataille de la Somme, Ludendorfl avouera : « Nul chef allemand n'avait deviné ce qu'elle coûterait, tant était grande l'usure physique et morale qu'elle causait. » Les munitions devenaient parfois si rares que LudendorH en était réduit à les affecter, train par train, soit à l'armée de la Somme, soit a l'armée de Verdun. Il conclut : « On se battait à coups d'hommes. »

Pendant le mois de novembre, au nord delà Somme, nous détruisîmes, par un pénible travail, les nids de mitrailleuses restés près de Sailly-Saillisel et du bois de Saint-Pierre-Waast. Nosalliés, en une opération bien conçue et menée sur les deux rives de l'Ancre, s'emparèrent de Saint-Pierre-Divion, de Beaumont-Hamel, de Beaucourt-sur-Ancre et de 7000 prisonniers.

Les sacrifices que multiplia l'ennemi pour ressaisir l'avantage n'aboutirent qu'à un succès sans lendemain, à Pressoire et à Saillisel : il ne put rattraper qu'une laible partie du bois Saint-Pierre-Waast.

Alors le gouvernement allemand tenta de donner le changea l'opinion publique eu affirmant, pour la première fois, que ses troupes avaient eu à lutter « contre d'extraordinaires masses britanniques et françaises, armées d'un matériel que le monde entier leur fabriquait ».

Parole si imprudente, dont l'écho retentit lugubrement à travers toute l'Allemagne ! Dans un déchirement, le peuple de proie commençait à envisager la possibilité de sa défaite.

La France trouva naturel que les rigueurs de l'hiver arrêtassent définitivement l'offensive. L'avenir a montré que cette offensive aurait dû être continuée encore, comme le souhaitait le général J offre. On aurait ainsi empêché l'ennemi de porter un coup fatal à la Roumanie.

Sur la Somme, les Alliés avaient employé, avec un succès croissant, une artille rie lourde et une aviation de combat qu'ils avaient créées de toutes pièces, dans les conditions les plus défavorables. L'ennemi les avait crus absolument incapables d'un tel effort.

Après avoir constaté le développement de l'artillerie et le recul de l'ennemi M. Asquith établit ce raisonnement qui alla au cœur du pays:

— Nous ne sommes séparés de la victoire finale que par une question déchiffres : d'une part, chiffres de canons et de projectiles; d'autre part, chiffres de kilomètres. Pour combler la différence entre le possible et le désirable, un nouvel effort suffit, et rien ne peut nous empêcher d'accomplir l'effort nouveau.

L'aviation française prend le dessus.

Quels progrès l'aviation française avait eu à faire, de son côté, pour égaler, puis pour surpasser l'aviation allemande, qui pourtant était née d'elle!

Dans les premiers mois de la guerre, les avions allemands étaient imités des avions français. Une seule exception remarquable : le modèle Rumpler Taube, d'origine autrichienne, dont on vantait la stabilité. Le génie allemand a pour originalité une opiniâtreté sans pareille dans l'imitation. Les aéroplanes allemands étaient des Blériot et des Farman, à moins qu'ils ne fussent des Wright et des Poler. Les Zeppelins auraient dû s'appeler des Renard ou des Santos-Dumont. Dans les autres domaines, même imitation acharnée : Koch et Behring doivent tout à Pasteur; Roentgen doit tout à Crookesj la plupart des chimistes contempo-

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rains, dont l'Allemagne s'enorgueillit tant et dont elle applique sans fin les découvertes, doivent tout à Berthelot.

En Allemagne les constructeurs d'avions se souciaient surtout de la soldité : ils multipliaient les tiges du fuselage et même les renforçaient de métal. Au moment de la déclaration de guerre, ils n'avaient pas encore pu construire de moteurs rotatifs : seuls, les Français possédaient les brevets de ces moteurs excellents. Mais les Allemands avaient perfectionné les moteurs fixes, lesquels d'ailleurs s'accordaient avec leur conception de l'aéronautique.

Avant la guerre, les commandes annuelles pour l'armée allemande étaient de 3oo appareils. Des phares à feux tournants et à éclipses, pour guider les aviateurs

pendant la nuit, étaient installés à Belgern sur l'Elbe, Berncastel, Bouss, Bonn, Dœberitz, Dresde, Eilvese (Hanovre), Gotha, Grosser-Feldberg (Taunus), Johannisthal, Kœnigsberg, Liegnitz, Lindenberg (Beeskow), Metz, Nauen, Posen-Lavika, Posen- Wimary, Reinickendorf près de Berlin, Schleissheim près de Munich, Strasbourg, Tegel près de Berlin, Weimar.

A côté des divers phares se trouvaient des stations d'aviation civile et militaire, disposées entre Berlin et les frontières ou les côtes. i° Service de la frontière française : Fribourg (militaire), Mulhouse (civil), Strasbourg (militaire), Sarrebourg (en construction), Metz (militaire), Germersheim (militaire), Darmstadt (militaire), Saint-Arnual (civil), trois à Francfort (civils), Cologne (militaire), Diisseldorf (civil), Mayence (civil), Gelsenkirchen (civil), Wanne (civil), Holten (civil), Hanovre (militaire), Munich-Schleissheim (militaire), Munich-Wissenfeld (militaire), Munich-Neu-Freiman (civil), Sennelager (terrain d'atterrissage militaire, hangars), Constance (civil), Lechfeld (terrain d'atterrissage militaire, hangars), Ingolstadt (terrain d'atterrissage militaire, hangars). 1° Service de la frontière russe : Puizig (militaire), Kœnigsberg (militaire), Allenstein (militaire), Graudenz (civil), Posen (militaire), Breslau (terrain d'atterrissage), Ostrowo (en construction, terrain d'atterrissage), Kreuzburg (en construction, terrain d'atterrissage), Gleiwitz (en construction, terrain d atterrissage), Schneidemuhl (en construction, terrain d'atterrissage). 3° Centre de l'Allemagne : Johannisthal (civil), Dœberitz (militaire), Bork (civil), Henningsdorf (civil), Schutzendorf (civil), Brandenburg (terrain d'atterrissage), Halberstadt (civil), Juterbog (militaire), Zeithain (militaire), Dresde (civil), Leipzig (militaire), Erfurt (civil), Burg (civil), Gotha (civil), Grâfenwoehr (terrain d'atterrissage militaire). 40 Service des côtes : Heligoland (militaire), Wilhelmshafen (mili-

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