BUREAU DE RECRUTEMENT
(Phoio Chusscau-Flavkns.)
'-'•'--3 Peuples en état île (/lierre ai'ec l'Allemagne.
.---.--::) Allemagne cl ses alliés.
^^^" Lieux où se sont produits des faits de guerre
£ Navires coulés par les allies.
s'engagèrent. A la fin, M. Asquith put déclarer : « 11 y a i 200000 soldats britanniques sur les champs de bataille. »
— « Et dessous, répondait-on, combien y en a-t-ilî » Les pertes subies par nos alliés étaient parfois d'un poids imprévu.
Le premier ministre, pour hâter la victoire, demanda à la Chambre des Communes de porter à quatre millions le chiffre du contingent. L'idée de la conscription répugnait au peuple britannique : il croyait y voir une atteinte à la liberté. Aussi approuva-t-il lord Derby dans l'essai qu'on a appelé « la dernière chance du recrutement volontaire ». Cet essai consistait à s'adresser, personnellement, à tous les hommes capables de servir « et à lesenrôler, sans pourtantdiminuer en rien la fabrication des armes et des projectiles. »
M. Asquith ajouta : « Si les célibataires ne se présentent pas en nombre suffisant, je deman derai au Parlement l'autorisation d'user de contrainte à leur égard Si le Parlement me refuse les moyens de coercition demandés, les hommes mariés sous les drapeaux seront dégagés de leur-, engagements. »
Le mot d'ordre pour l'essai tenté par lord Derby jusqu'au 11 décembre fut : « Les célibataires d'abord ! » Le nombre descélibataires recrutés n'ayant pas suffi pour former l'armée nouvelle, M. Lloyd George rappela au Parlement « le devoiret la nécessité ».
La Chambre des Communes et la Chambre des Lords ne tardèrent pas à tomber d'accord sur le projet de conscription. La Grande-Bretagne sut consentir à tous les sacrifices indispensables pour sauver ce qui était en jeu dans cette guérie : son prestige, sa fortune, son existence.
Mais, en vérité, le seul fait d'imposer à la nation le service militaire obligatoire était, pour l'Angleterre, une nouveauté plus profonde et plus grave que n'importe quelle révolution.
Où commençait alors la Crande Bretagne ? En plein Paris, à la gare du Nord. En arrivant à Boulogne-sur-Mer, un Français se sentait déjà au beau milieu des forces britanniques. Tableau sans pareil. En tous sens défilaient les troupes, avec leurs chevaux superbes et leurs robustes mulets. Çà et là passait un Indou, face basanée, grands yeux nostalgiques, turban blanc, étrangement dépaysé dans les tourbillons de notre neige, que pourtant il ne paraissait pas apercevoir.
Ce n'étaient pas seulement ses jeunes hommes que la Grande-Bretagne envoyait en France, c'étaient aussi ses jeunes filles. Plusieurs fois par jour, la-ville de Boulogne voyait passer une interminable légion d'Anglaises au grand feutre et au grand manteau militaire, qui se rendaient à leur travail.