VOLONTAIRES ANGLAISES PARTANT POUR LA FRANCE COMME AUTOMOBILISTES
•(Photo Chusseau-Flivicns.i
igi4- LA GUERRE DU DROIT.
Quel contraste entre les usinss britanniques, en iqi5, et ces mêmes usines, en 1917. On nous les faisait visiter et nous en voyions sortir sans cesse des avions, des dirigeables, des sous-marins, des cuirassés, voire des cuirassés portant des sousmarins dans leurs flancs, de l'artillerie de campagne, de l'artillerie lourde, des tanks. Un profane qui nous avait accompagné dans l'antre des cyclopes en p.ein labeur, contemplait le char d'assaut, énorme appareil roulant, blindé et armé de pied en cap. Il finit par demander : « Où sont donc les roues ? » Alors, le directeur de l'usine prit une des palettes éparses sur le sol et répondit avec un accent de triomphe : « Voilà ! »
Dans ces usines britanniques travaillaient, à côté des plus modestes ouvrières, les filles et les nièces des hommes d'Etat les plus riches ou les plus illustres. Honneur à ces femmes de Grande-Bretagne qui ont accompli si bravement le grand devoir envers la civilisation et la justice !
Plusieurs d'entre elles ont « servi » sur notre front. Elles y créaient de «Gouttes de lait, de thé, de café.» Là, ce n'étaient pas seulement des" boissons hygiéniques qu'elles donnaient à nos soldats, c'étaient aussi certains mets dont nos soldats étaient friands, par exemple de la salade d'œufs et d'oignons. Nous entendrons toujouis une de ces dames, tout près de la ligne de feu, à an endroit où tombait plus d'un obus, nous dire . « Depuis trois ans j'épluche des oignons pour vos soldats. Voyez, je n'ai plus d'ongles. » Elle n'avait plus d'ongles aux mains, mais elle avait toujours de très beaux diamants aux oreilles et un merveilleuxcamée au corsage : on est femme après tout. Elle ajouta : « Mes mains sentiront encore l'oignon trois ans après la guerre ! » Et nous pensions : « C'est une odeur de sainteté. Si en ce moment, un obus la tuait, elle irait tout droit au ciel. Les anges, en s'inclinant vers ses mains, lui choisiraient une place d'honneur au Paradis. »
Pendant notre séjour en Grande-Bretagne, dans les vieilles universités de Glasgow, d'Edimbourg, de Saint-Andrews, d'Aberdeen, comme dans les salles de réunion publique, nous rappelions que, seule, la restitution de l'Alsace-Lorraine à la France pouvait prouver « la victoire du droit sur la violence et l'oppression ». A ces mots, les étudiants de Glasgow se levèrentet, d'une commune voix, déclarèrent : « Nous le jurons sur Thonneur de l'Ecosse. » Un des professeurs les plus admirés de l'université écossaise, L savant et délicat humaniste M. Phillimore, nous présenta sa fille et nous dit : » Cette jeune personne aspire à avoir ses dix-huit ans pour servir chez vous ! »
A Stirling, notre conférence eut lieu dans la caserne établie au château où Jacques V et Marie Stuart reçurent la couronne. Le commandant avait déployé, à la salle d honneur, le drapeau du premier régiment débarqué en France pour