FORT DF. I.A MAI.MAISON
(Section photographique de l'Armée.)
L'ennemi n'a plus besoin de sacrifier les plus braves soldats en les employant comme coureurs. Pour l'émission des gaz asphyxiants et pour l'emploi des projectiles suffocants, il a formé une équipe d'officiers spéciaux, la Chemische Abteilung. Ces officiers sont transportés, de division en division, par des automobiles spéciales.
Nouvelles attaques allemandes, le 27 et le 28 mai, au Chemin des Dames et au massit de Moronvilliers. Rien que vers Moronvilliers, l'ennemi avoue avoir attaqué dix-sept fois, du 19 au 3 1 mai. Jusqu'au 7 juin, il attaque au Chemin des Dames, surtout aux abords du fort de la Malmaison qui nous appartiennent encore.
Brusquement, il se tient coi. Sans doute, il compte sur des événements politiques, grèves ou émeutes, qu'il a machines en France, comme des mines . Rien n'éclate. Aussi, recommence-t-il ses attaques : le îb, près de Hurtebise, où il gagne et reperd du terrain; le 20, plus violemment encore, près de Vauxaillon, où d'abord il enlève cinq cents mètres de tranchées qu'il doit abandonner le lendemain.
Le 24, au nord-ouest de Hurtebise, c'est nous qui donnons l'assaut à la torteresse
qu'il appelait le « Camp du Dragon ». Elle lui est enlevée, avec un énorme matériel de guerre et 3ï>o hommes dont dix officiers.
Dans les derniers jours de juin, plus furieusement que jamais, il attaque au Chemin des Dames, du côté de Cerny ; il attaque sur la rive gauche de la Meuse, du côté du Mort-Homme; il attaque au nord-ouest de Reims. A peine avance-t-il de quelques mètres en faisant quelques prisonniers.
Pour se venger des pertes que nous lui faisons subir, il s'acharne sur les ruines de Reims et sur le squelette divin de la Cathédrale.
Les Italiens progressent vers Trieste et Trente. Les Grecs sont débarrassés de Constantin.
L'offensive fran:o-britannique, au printemps de 191 7, attirait sur la France toutes les meilleures réserves de l'ennemi. Nos alliés, sur les autres fronts, n'avaient pas d'offensives sérieuses à redouter.
Les Italiens organisèrent une attaque dans les Alpes juliennes, vers Trieste. Aprèsune puissante préparation d'artillerie, dans la vallée de l'Isonzo, ils attaquèrent sur un front de 33 kilomètres, qui s'étendait de Tolmino à la mer. Leur infanterie réussit, le 14 mai, à s'emparer des hauteurs situées au nord et à l'est de Gorizia. De nombreuses contre-attaques n'eurent pour effet que d'accroître le nombre des prisonniers autrichiens : b 3oo, dont 25o officiers.
L'affaire continua, au même endroit, jusqu'au 2 1 mai. Brusquement, le 22 mai, l'effort italien se porta vers le sud de Gorizia, au Carso, en direction de Trieste, sur un front de i3 kilomètres, depuis Castagnavizza jusqu'à la mer. L'ennemi dut abandonner ses premières lignes, en laissant aux mains des Italiens 9300 hommes et 3io officiers. Nouvelles attaques et mêmes succès, du 24 au 27. Puis, les vainqueurs organisèrent leurs positions en refoulant des contre-aitaques.
Le 10 juin, ils dirigèrent une attaque vers le Trentin, depuis la haute vallée de la Chiese jusqu'au plateau d'Asiago. Cette attaque se couronna, le 19 juin, par un important succès qui leur valut 1 Goo prisonniers, sur le plateau d'Asiago.
Cependant, pour toutes les régions méditerranéennes, la présence de Constantin sur le trône de Grèce était un perpétuel danger.
Les Alliés, plus libres depuis la disparition du tsar, défenseur aveugle et opiniâtre du roi Constantin, se décidèrent enfin à intervenir énergiquement en Grèce, pour v rétablir l'ordre constitutionnel « avec le respect de la parole donnée ».
M. Jonnart, ancien gouverneur général de l'Algérie et ancien ministre, nommé Haut-Comm ssaire des puissances protectrices de Grèce, arriva, le 9 juin 1917, à l'île de Salamine, à jamais illustrée, 2 403 ans auparavant, par la victoire des Grecs sur les Barbares.
Appuyé par les forces militaires et navales qui convenaient, le Haut-Commissaire, en mettant le pied sur le sol grec, déclara au Président du Conseil, M. Zaïmis, que l'accomplissement de sa mission « nécessitait la démission du roi Constantin ».
Le 12 juin, cette démission était signée. Constantin lut remplacé sur le trône par son second fils, Alexandre, âgé de vingt-cinq ans, qui avait le grade de capitaine d'artillerie.
Déjà, les Alliés occupaient la Thessalie et les points importants de la Grèce. Le 1 3 juin, Constantin s'embarqua pour l'Italie, afin de gagner la Suisse. Le nouveau roi nomma Venizelos président du Conseil.
l.A GUERRE DU DkOlT.
Désormais, l'armée de Salonique ne sentit plus, dans le dos, la pointe d'un poignard. Avons-nous besoin de rappeler que, dans toute la Grèce, dans tous les pays
balkaniques, dans toute l'Europe, les vrais Grecs, qui aiment tant la France et qui sont encore plus aimés d'elle, voyaient avec joie cette transformation à laquelle ils avaient loyalement travaillé.
Le général Pershing à Paris. Sa première entrevue avec le général Pétai n.
La situation s'éclaircissait de tous côtés. Le jour où Constantin quitta la Grèce, avec sa femme Sophie de Prusse, le général Pershing arriva à Paris.
Quand le commandant en chef des troupes des États-Unis, accompagné du maréchal Joffre, se dirigea, en traversant la place de la Concorde, vers les bureaux de l'État-Major américain, la grande ville lui fit l'accueil à la fois noble et charmant qu'elle réserve à ses plus grands amis.
Le président du Conseil, M. Painlevé, le président de la Chambre, M. Deschanel