LENS — L'ÉGLISE
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armées britanniques et l'armée française, Ludendorll, à la suite de multiples et coûteuses expériences, adopta un nouveau procédé de combat : « La zone avancée, tenue par de simples éléments mobiles doit être abandonnée, au moment de l'assaut, pour démasquer la défense sérieuse, puissamment organisée et capable d'aider aux contre-attaques réparatrices».
Il s'appliquait à garder plus longtemps l'adversaire sous le feu; à le briser petit à petit, pour l'achever sur la position arrière; à perfectionner l'observation de l'artillerie; enfin à régler les concentrations de tirs, dont jusqu'alors les batteries allemandes n'avaient fait qu'un usage assez malencontreux.
Avant tout, il voulait ménager le matériel humain.
Dans une préoccupation analogue, les Alliés mettaient en œuvre des procédés tout nouveaux plus efficaces, sur mer comme sur terre. Ainsi, pour la guerre sousmarine, ils employaient des «chambres de fumées» qui, jetées à l'eau à l'approche
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du danger, permettaient aux bâtiments de s'y dérober, et des appareils d'écoute grâce auxquels ils pouvaient soit éviter, soit découvrir, soit pourchasser le pirate.
La onzième bataille de l'Isonzo se termine par une victoire pour les Italiens.
Le 19 août, les Italiens déclenchèrent une offensive que, dans leur histoire de la Guerre du Droit, ils appellent la onzième bataille de l'Isonzo.
L'ennemi savait la date de cette offensive, mais il s'attendait à être attaqué vers le sud. Il fut attaqué vers le nord.
Deux armées italiennes s'ébranlèrent, sur un espace de Go kilomètres, depuis Slava jusqu'à la mer.
Au soir du premier jour, elles avaient passé l'Isonzo sur des ponts improvisés, gagné du terrain partout, capturé dix mille hommes.
Pendant quelques jours, elles continuèrent à attaquer vers le sud, sur le Carso. Puis, leur efiort se porta vers le nord et finit par se concentrer contre le plateau de Bainsizza.
L'ennemi avait entassé là une grosse artillerie qui tenait sous son feu la région de Gorizia.
Après cinq jours de violents combats, les Italiens pénétrèrent au nord du plateau et posèrent le pied sur le point vital de la défense.
De là, ils purent attaquer, de flanc et à revers, tout ce qui résistait encore. Le plateau imprenable était à eux.
Le 2D août, ils enlevèrent le Monte Santo. Us avaient capturé 7b canons, un matériel énorme, 23400 prisonniers, dont 594 officiers, et des approvisionnements de toutes sortes, si précieux en de telles montagnes.
Autre succès important. Vers, le sud, ils bombardaient une grande partie de l'Hermada qui défend Trieste.
En septembre, la bataille se déploya aux extrémités du plateau de Bainsizza. Le San Gabriele lut pris, perdu et repris.
Sur le Carso, l'ennemi tenta de contre-attaquer entre Gastagnavizza et la mer. Il se fit battre.
Dans les mains du vainqueur, il laissait fi 000 prisonniers dont 1 14 officiers. Ce butin s'accrut encore, le 27, le 28 et le 3o août, par des attaques habilement menées sur le bord sud-est du plateau de Bainsizza.
L'Autriche se tournant vers l'Allemagne, l'appela désespérément au secours, et Ludendorfl éclata en cris de colère contre « les officiers autrichiens qui ne savent que fuir ».
Derniers efforts de nos alliés de Russie.
Sur le front russe, le désordre s'accroissait jusqu'à devenir irréparable.
Au gouvernement fondé par la Douma, que les Alliés avaient reconnu et qui passait pour régulier, se substituait complètement le Comité purement révolutionnaire.
Ce « Soviet » donnait à l'armée la sensation que toute discipline était 3 jamais supprimée.
Sûrs de n'encourir aucun châtiment, les soldats prenaient des congés suivant leurs caprices, envahissaient les trains, se débarrass ient de leurs officiers et, chose essentiellement criminelle, fraternisaient avec les troupes qu'ils avaient à combattre.
Au reste, les démonstrations de ce genre avaient été préparées depuis longtemps par l'ennemi, soit dans les camps de prisonniers russes, en Allemagne ou en Autriche-Hongrie, soit dans les groupements révolutionnaires russes où il entretenait d'innombrables agents.
Aussi était-il persuadé que désormais, il ne trouverait plus, en face de lui, sur le front russe, que des hordes débandées dont il ferait ce qu'il voudrait.
Tout à coup, en face de lui, il trouva un homme, Kerenski.
Ministre de la Guerre, puis chef du gouvernement, Kerenski comprenait que la révolution russe, en se livrant à l'Allemagne, se déshonorait et se perdait. Il s'efforça de ramener les soldats au devoir, à l'honneur, à la patrie.
Dans certains chefs, par exemple dans le général Broussilof et surtout dans le général Kornilof, il trouva une collaboration vaillante et loyale.
L'offensive russe reprit, sur de vastes étendues, au nord et au sud du Dniester, dans la direction de Lemberg.
C'était le champ de bataille où les soldats du tsar s'étaient couverts de gloire en 1916. La Russie y connut encore des victoires en 1917.
Victoire, au nord, entre la Zlota-Lipa et la Haute-Strypa. Victoire, au sud, du côtéde la Lomnica. Prise de Halics. Prise de Kalusz. Plus de 3o 000 prisonniers.
Une division allemande envoyée au secours des Autrichiens, fut entraînée irrésistiblement dans leur débâcle.
L'ennemi qui, d'abord, n'avait pas voulu croire à un nouveau danger sur le front russe, constatait qu'une énergique intervention militaire y devenait indispensable.
Il profita, une fois de plus, de la supériorité que lui assurait son merveilleux système de voies ferrées, et lança des masses de troupes devant l'armée que Broussilof reconstituait et ranimait avec tant de peine. A son tour, il prit l'offensive. Sa ligne d'assaut s'étendit depuis Tarnopol jusqu'au Danube, en passant par les Carpathes boisées.
Avec cette attaque de si grande envergure, coïncida une propagande de démoralisation toujours plus active. Bientôt, autour de Kerenski, dans les unités sur lesquelles il comptait le plus, des défaillances se produisirent. L'ennemi eut la satisfaction de voir les troupes russes se replier du côté de la Galicie, se replier du côté de la Bukovine, puis évacuer totalement ces deux provinces.
Au sud, il rencontrait une résistance qui, en certains endroits, fut des plus honorable. A Broussilof avait succédé, comme commandant en chef, un général de quarante-sept ans, fils d'un simple Cosaque, cœur hardi et fidèle, Kornilof, qui avaitéchappé auxgeôliers allemands et venait deconduiremagnifiquementl'offensive russe sur la Lomnica.
Quand aux troupes roumaines, la mission française, commandée par le général Berthelot, leur donnait, en même temps qu'une continuelle leçon d'art militaire, un constant exemple d'héroïsme.
Ce fut une nouvelle déception pour l'ennemi. Guillaume II, à l'annonce du recul russe, était accouru vers le front pour célébrer avec éclat un triomphe définitif. Il assista à la fin médiocre de l'offensive allemande et autrichienne.
Mais, dans l'armée russe, la gangrène anarchique, introduite par l'Allemagne, accomplissait son œuvre d'anéantissement.
La Russie allait cesser de rendre à la France le suprême service de retenir, sinon d'user, un assez grand nombre de divisions allemandes.
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Les efforts si émouvants de Kercnski devenaient impuissants. Envain.il s'épuisait à barrer la route aux déserteurs. En vain, il les traitait de lâches et de traîtres. En vain, il pleurait de rage. Hélas! n'était-ce pas lui qui, en mai iqij, avait signé les premiers décrets où l'indiscipline s'érigeait en règle dans l'armée?
Les artilleurs français, envoyés sur le front russe, ne puren-, ni parleurs appels, ni par leurs supplications, arrêter l'indigne débandade qui livrait leurs batteries.
Pour exploiter à fond cette situation créée par lui, l'ennemi recommença ses attaques. Il s'était porté en forces vers le nord, c'est-à-dire entre Dwinsk et Riga.
Le 1 er septembre, les troupes allemandes, sous le commandement de von Hutier, avaient passé la Duna. Rien ne leur était plus facile que cette opération, à cause des conciliabules sans nombre entre les soldats de Russie et d'Allemagne.
Après la chute de Riga, événement dont le retentissement fut sans limite, l'ennemi progressa rapidement à l'est de la Duna.
Le 1 1 octobre, la flotte allemande, qui transportait une division d'artillerie et une brigade cycliste, s'empara des îles du golfe de Riga et assura ainsi la protection du flanc gauche de l'armée allemande.
Pétrograd se trouvait menacé à la fois par la terre et par la mer. Mais l'ennemi jugea opportun de ne pas avancer davantage.
Les troupes russes, après avoir encore cédé Jacobstadt, rétablirent une sorte de front, à 48 kilomètres de Riga, entre Dwinsk et la mer.
En voyant Riga tomber, Kornilof avait fait un suprême effort auprès du gouvernement russe pour ramener, dans l'armée, l'ordre et la cohésion nécessaires. Il demandait avant tout le rétablissement de la peine de mort pour les déserteurs, les lâches et les traîtres.
Comme ses réclamations les plus fondées restaient sans écho, le jeunecommandant en chel prit une résolution désespérée. Avec ses meilleurs soldats, il marcha sur Pétrograd. pour contraindre le gouvernement « à sauver la nation de l'invasion, de la honte et de la ruine ».
Déjà, ses Cosaques arrivaient au galop en vue de la grande ville.
Qu'allait faire Kerenski? Certes le patriote ne pouvait pas, dans son cœur, donner tort à Kornilof. Mais l'homme politique pouvait-il donner raison à un généralissime révolté? Il se fit nommer généralissime-dictateur, et, avec ce titre, marcha contre Kornilof. Il recommandait à ses troupes de ne pas faire couler le sang de leurs frères. Mais il proclamait très haut que Kornilof serait puni avec toute la rigueur des lois qu'il avait enfreintes.
Kornilof se livra de lui-même au général Alexeïef, et Kerenski put aller à Pétrograd où les anarchistes acclamèrent en lui le défenseur de la loi.
La presse allemande saluait la chute de Kornilof comme une victoire encore plus féconde que la chute de Riga.
Dès lors, les trains commencèrent à transporter en France plus de la moitié des quatre-vingts divisions que l'Allemagne avait en Russie.
Il fallait que, pour le printemps de 1918, la totalité de l'armée allemande écrasât l'armée lrançaise.
Ludendorff rédigea à l'intention des Russes un projet d'armistice aux conditions particulièrement doucîs. Il obtint de l'empereur l'autorisation de conduire les négociations lui-même, car il craignait qu'une imprudence de la diplomatie les fît échouer.
Fin de la bataille des Flandres. — L'affaire de Cambrai.
La Grande-Bretagne avait résolu de ne pas interrompre son eflort dans les Flandres.
Le 4 octobre, à l'est d'Ypres, les troupes britanniques attaquèrent, sur un front de i3 kilomètres, depuis le sud de Tower-Hamlet jusqu'au chemin de fer d'Ypres à Staden. Elles enlevèrent, près de Passchendaele, la crête de Broodseinde, excellent observatoire sur la plaine de Roulers à Menin, et firent 4 5oo prisonniers.
Ce combat se caractérisa par les extraordinaires pertes que subit l'ennemi en morts et en blessés. Pour une contre-offensive qu'il préparait, il avait réuni, dans un petit espace, une masse d'hommes et de matériel : les projectiles anglais y firent des ravages inouïs.
Le 9 octobre, nouvelle attaque, menée à la lois par les Britanniques et les Français, sur une ligne qui s'étendait depuis le sud-est de Broodseinde jusqu'au nord-est de Bixschoote.
Double succès. Les Britanniques occupèrent la partie de Poelcappelle où l'ennemi se cramponnait et gagnèrent du terrain vers Passchendaele ainsi que vers le bois de Houthulst. Les Français parvinrent à la lisière sud de cette lorèt, après avoir libéré trois villages et deux fermes importantes.
C'était la septième offensive de la bataille des Flandres. Elle porta à bj 100 le nombre des prisonniers faits par les Alliés dans cette bataille.
Huitième oflensive, le 12 octobre. Malgré une pluie extrêmement gênante, les Britanniques, attaquant sur uniront de 10 kilomètres, entre lechemin de ter d'Ypres à Roulers et la forêt de Houthulst, gagnaient du terrain vers Passchendaele et faisaient un millier de pusonniers
Dans les jours suivants, se succédèrent des attaques britanniques vers le bois de Poelcappelle, et des attaques iranco-britanniques vers Passchendaele, le bois de Houthulst, la route d'Ypres à Dixmude.
Ce lurent les Canadiens qui, le 6 novembre, prirent d'assaut le village de Passchendaele avec les positions si précieuses à l'est d'Ypres.
Ces diverses attaques avaient eu toutes le caractère d'un duel. Chaque fois, un bombardement avait prévenu l'ennemi et, chaque fois, l'ennemi s'était tait battre.
L'offensive du 20 novembre fut une surprise sans précédent. Pendant la nuit, les troupes britanniques, commandées par le général Byng, s'étaient disposées dans le plus profond silence, sur un vaste front allant de la Somme à la Scarpe. Elles avaient l'ordre de marcher en direction de Cambrai, entre la route de Péronne et celle de Bapaume.
A sept heures du matin, sans un coup de canon, elles s'élancèrent derrière les chars d'assaut. Alors seulement, un tir de barrage s'effectua, roulant au même rythme que les chars d'assaut qui lançaient leur mitraille.
L'ennemi, bousculé, abandonna les deux premiers systèmes de la ligne Hindenburg.
Les Britanniques passèrent l'Escaut, près de Masnières. Leur cavalerie franchit les lignes allemandes et occupa des positions en avant de leur infanterie. Comme trophées, ils comptèrent 9700 prisonniers et neuf villages délivrés.
A propos de l'avance britannique vers Cambrai, M. Jules Hélot, président de la Chambre de commerce de Cambrai, qui a écrit un livre si précis sur l'occupation allemande dans le Cambrésis, nous disait :
néral MAISTRE
— « Devant une attaque si vive, les Allemands étaient éperdus. Quelle déception pour Cambrai que de ne pas voir les Britanniques continuer leur marche ! Ils n'auraient plus trouvé d'obstacle sérieux pour dépasser la ville. Ah ! si nous avions eu près de nous des troupes françaises, nous aurions été délivrés avant le quarantième mois d'occupation ! Mais les Allemands se ressaisirent et amenèrent des renforts. La bataille devint furieuse et le bombardement épouvantable pendant trois nuits : 27, 28 et 29 novembre. Les habitants s'étaient tapis dans les caves. Cent soixantequatre maisons furent détruites plus ou moins complètement. Presque toutes eurent leurs vitres brisées. Le bombardement s'accompagnait de pillage. La commandantur, pour faire croire qu'elle avait la volonté de l'empêcher, avait fait placer des