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Gavarret, Supp. au Dict. des Dlct., art. Air

charbon animal pour absorber les matières organiques, le dernier vit beaucoup plus longtemps que l'autre 1 .

Dans un milieu clos et habité, il se produit en outre des modifications très-rapides dans la température et dans l'état hygrométrique de l'air.

Des observations récemment faites (décembre 1874) par le docteur Hûbner dans un théâtre de Saint-Pétersbourg, il résulte que, dans une loge du deuxième rang, qui faisait face à la scène, la température s'élevait de quart d'heure en quart d'heure, malgré les allées" et venues des spectateurs et la communication continuelle de l'air intérieur avec celui des couloirs. La température, qui était de 18° centigrades au lever du rideau, atteignait 24° à îa fin du premier acte, et 25° au commencement du second.

La quantité d'humidité avait augmenté de 30 pour 100 en deux heures. Au commencement du spectacle, l'humidité de l'air de la salle était de 40 à 60 pour 100, c'est-àdire correspondait à Fhumidité de l'air dans des logements salubres et bien aérés. A la fin du spectacle, elle était de 85 pour 100,* c'est-à-dire qu'elle égalait l'humidité des logements malsains et exerçant une pernicieuse influence sur leurs habitants 2 .

Quanta la saturation de l'air par. l'acide carbonique, elle dépassait déjà au second acte de 6 fois la quantité normale de ce gaz dans l'air respirable, et était de 1,9 pour 1000 mètres cubes. A la fin du spectaicle, elle atteignait 4,3 pour 1000, quantité capable de produire une action toxique sur les poumons de gens habitués à respirer un air pur 3 .

1. Montegazza, Elemenli d'Igiène (cités in Marvaud, op. cit.).

2. Ces chiffres n'étonneront pas, si on se rappelle que, selon Lavoi- ■sier, l'homme élimine en une heure, par la transpiration pulmonaire et cutanée, 51 » r , 786 d'eau. (Mémoires de /' Académie des sciences, 1790.)

3. Journal de Saint-Pétersbourg, cité in Union médicale du 14 janvier 1875.

Il est établi d'ailleurs que la quantité de carbone brûlé varie avec l'âge.

Chez l'homme, elle augmente de 8 à 30 ans, pour diminuer ensuite jusqu'à la incfrt.

Elle est de 5 & r , par heure à 8 ans.

Or on sait, d'autre part, que la combustion de 1 gramme de carbone produit 3 8r ,66 d'acide carbonique.

Ajoutons que ce n'est pas seulement au point de vue de la salubrité que la disposition (deux salles distinctes) que nous recommandons est indispensable. Elle l'est encore, comme on le verra plus loin, en raison de la distribution et de l'arrangement si différents que comportent les besoins spéciaux d'une salle de classe et ceux d'une salle d'étude, tant au point de vue du travail des élèves que de la surveillance des maîtres.

Ici, comme en plus d'une circonstance, les nécessités de l'hygiène se rencontrent avec les exigences de l'enseignement.

Il est important que les salles de classe soient placées au rez-de-cliaussée. Presque tous les internats reçoivent un plus ou moins grand nombre d'élèves externes, pour lesquels l'accès de. la classe sera ainsi plus facile. De plus, cette disposition, en réduisant au minimum les allées et venues incompatibles avec le bon ordre et ]une discipline sérieuse, préviendra les communications, source de tant de désordres, entre les internes et les externes ; ces derniers n'ayant à traverser que les cours sans pénétrer dans l'intérieur de l'internat. Pour compléter ces sages précautions, l'entrée et

la sortie de classe des externes et des internes aura lieu successivement et au besoin par des portes différentes.

Une galerie couverte ou une vérandah vitrée permettra de se rendre à cojivert dans les différentes classes.

planchers. — Le plus grand soin doit être apporté à prévenir l'humidité de la classe située au rez-de-chaussée. Y a-t-il une cave, un sous-sol sous la partie du bâtiment où elle se trouve? Ce serait le mieux. A défaut de cave ou de sous-sol, on devra exhausser le plancher de la classe, et entre le sol recouvert d'une couche de matière isolante, asphalte ou ciment, et le plancher, établir une ventilation nécessaire.

Les matériaux employés dans la construction du plancher contribueront encore à assainir à ce point de vue la salle de classe.

Les carreaux sont froids aux pieds. Le froid aux pieds n'est pas seulement une gêne, une souffrance pour l'élève condamné à une longue immobilité. Il peut en résulter des affections calarrhales, des congestions de la tête ou des poumons, surtout chez les enfants déjà trop disposés par l'âge et le travail à ces affections. Les carreaux sont poreux, ils transmettent l'humidité, ils forment comme un réservoir, ou s'accumulent au détriment de la salubrité, l'air vicié et les miasmes qu'ils ont absorbés. En outre, il s'en détache, sous les pieds des élèves toujours en mouvement, une poussière dont l'action mécanique sur les bronches et sur les yeux n'est pas sans danger. Le lavage du carreaux est une source d'humidité et une cause de refroidissement de l'air de la pièce.

Le planchéiage des classes les rend moins froides et plus salubres. Un plancher de chêne est plus imperméable, il s'imprègne moins aisément des mauvaises odeurs. On devra éviter, soit par une circulation d'air convenablement ménagée, soit par l'interposition d'une couche de bitume ou

de béton, qu'il règne de l'humidité dans l'espace compris entre le parquet et le plancher.

Le bois blanc, beaucoup trop poreux, est hygrométrique. Il se contracte par la sécheresse ; de là des interstices par lesquels la poussière et les miasmes passent, sous le plancher, où l'humidité développe des végétations cryptogamiques, des moisissures : source de mauvaises odeurs et d'insalubrité. Ce bois prend et conserve difficilement l'encaustique. Mais on arrive aisément à imperméabiliser un plancher quelconque en passant sur le bois deux ou trois couches d'huile de lin bouillante. On renouvelle cette opération, aussi efficace que peu coûteuse, une ou deux fois par an. Le nettoyage de chaque jour consiste simplement à passer successivement -sur la surface traitée par l'huile, d'abord un linge mouillé, puis un linge sec 1 .

Ces précautions sont nécessaires. En effet, le lavage ordi-. naire des planchers détermine l'évaporation d'une grande quantité d'eau, et par conséquent un notable abaissement de température. On a noté que cette influence suffit pour que le thermomètre s'abaisse de 3° centigrades, et que l'hygromètre s'élève de 15° à 20°, dans une salle dont le plancher a été lavé à grande eau 2 .

A cet égard, nous avons montré avec quels soins, dans de simples écoles de la Suisse, de l'Autriche, ou de l'Allemagne, on vernit et on entretient ces planchers, et nous avons indiqué ces excellents modèles pour nos écoles communales 3 .

Serait-il permis de réclamer, au nom de la décence et de l'hygiène, l'adoption dans nos établissements d'enseigne-

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