Hygiène scolaire
BATIMENTS ET INSTALLATION MATÉRIELLE. 7."i
ment secondaire de ces améliorations que Ton n'a pas ailleurs jugées exagérées ni trop luxueuses pour des écoles primaires ! C'est peut-être aller bien loin, aux yeux de ceux qui confondent la propreté et la bonne tenue avec la délicatesse et les soins trop recherchés !
Pour nous, tout ce qui assainit et embellit l'asile du travail est un gage de force, de discipline et de respect, dont l'importance n'est pas discutable.
plafonds. — Il est indispensable qu'aucune saillie (poutres, solives, ou ornements), ne gêne la libre circulation de Fair dans les parties supérieures de la salle et ne s'oppose à son complet renouvellement.
iea nnrs de la classe. — Les murs de la classe doivent être recouverts d'un enduit hydrofuge, ou de stuc, ils seront vernis ou peints à l'huile. On évite ainsi l'humidité, et on rend le nettoyage facile.
C'est une honte que de voir les classes de la plupart des établissements d'enseignement secondaire, avec leurs murs badigeonnés en jaune, et leur horrible frise de couleur marron, où le plâtre effeuillé par places, et l'action du salpêtre à la limite inférieure, laissent çà et là des plaques blanchâtres, qui ne donnent une haute idée ni de la bonne tenue, ni de la salubrité de l'établissement. De pareils enduits présentent une surface poreuse qui absorbe les miasmes et entretient dans la classe une odeur détestable et une source constante d'air vicié.
On évitera ces dangers, ainsi que l'humidité dont souffriraient les élèves placés auprès de ces murailles, en disposant un lambris de chêne de l m ,50 de hauteur, tout autour de la classe.
Peints à l'huile, les murs doivent être lessivés tous les ans pour prévenir l'accumulation der produits malsains.
Les nuances claires, des tons doux pour la vue, agréables, gais, doivent être choisis. L'uniformité des surfaces est heu-
reusement combattue par l'apposition de cartes, de tableaux, d'objets utiles à la démonstration, diversifiés suivant la nature de la classe, et l'enseignement qui s'y donne. Combien de notions peuvent ainsi pénétrer et se graver saos peine, sans fatigue dans l'esprit de l'élève, en même temps que cette variété d'aspect fournit à l'hygiène et à l'éducation de la vue des ressources précieuses!
Ainsi tlécorée, la classe est plus attrayante, elle a quelque chose qui la rapproche des pièces de nos appartements ; on la respecte davantage, on s'y trouve mieux, on l'aime mieux, le travail y est meilleur.
N'oublions pas que, sous une direction intelligente, la plupart de ces progrès ont été introduits ou vont être bientôt introduits dans toutes nos écoles. primaires; l'enseignement secondaire ne peut rester en arrière, et subir plus longtemps, dans les aménagements de ses locaux, une infériorité qui compromet les intérêts moraux et physiques des élèves.
Modes d'aération. — La classe doit présenter des ouvertures bien disposées, des fenêtres suffisamment larges pour Téclairef, et pour déterminer, dans toutes ses parties, une aération et une ventilation convenables.
La durée assez restreinte des classes (5 heures au maximum par jour, et en deux séances séparées), la variété des occupations: lecture, récitation, dictées, composition, etc., auxquelles s'y livrent les élèves, et la brièveté de chacun de ces différents exercices, ne nécessitent pas, pour l'éclairage de ce local, les règles minutieuses que nous exigerons pour une salle d'étude. L'essentiel, et cette condition est loin d'être obtenue partout, même dans nos meilleurs et plus importants internats, c'est que la classe soit claire, et que l'air puisse en être entièrement renouvelé, dès que les élèves l'ont quittée. Des rideaux seront disposés de manière que, aux différentes heures du jour, les rayons du soleil ne puissent jamais blesser les yeux des élèves ou du maître,
et déterminer, dans la classe une température trop élevée.
La disposition, la place des fenêtres, par rapport aux
sièges occupés par les élèves, leur mode d'ouverture ne
sont pas sans importance. Il faut de l'air, mais il ne faut
pas de courant d'air. Il faut ventiler, et non refroidir la
> .pièce, et surtout, il faut que ceux qui sont placés près des
fenêtres n'aient pas à souffrir de ce voisinage.
Les fenêtres doivent-elles être formées de deux battants,
. Couvrant chacun en totalité latéralement, comme celles des
appartements modernes de notre pays ?
! \aut-il mieux des fenêtres à glissement vertical, comme celles en usage en Angleterre, même dans les plus riches hôtels, même dans les clubs les plus somptueusement aménagés?
Sans doute, la fenêtre à glissement vertical (la fenêtre dite à guillotine) a cet avantage, de donner de l'air dans la mesure que l'on veut, de le doser pour ainsi dire, et comme elle est composée de deux châssis dont l'un peut se relever et l'autre s'abaisser, il est facile, avec ce système, de distribuer Fair par en haut ou par en bas ad libitum.
Il y a plus d'un revers pour compenser ces avantages, et pour n'en citer qu'un : une fenêtre ainsi disposée représente une ouverture réelle, qui n'est égale qu'à la moitié de ses dimensions apparentes; car, est-elle ouverte au maximum, ses deux châssis sont superposés et suppriment la moitié de la hauteur de la baie. Ajoutons que même avec les systèmes les plus perfectionnés, et dans l'hypothèse rarement réalisée d'un mécanisme (poulies, contrepoids, etc.) fonctionnant régulièrement, la manœuvre est difficile, et n'est pas toujours sans danger pour les élèves.
Cette disposition vient cependant d'être adoptée dans un nouvel et très-important établissement.
Ailleurs, on a adopté la fenêtre à bascule. Elle est formée d'un châssis unique fixé en son milieu à deux
montants latéraux par deux pivots sur lesquels il tourne. Quand on ouvre cette fenêtre, elle s'abaisse dans sa partie supérieure de dehors en dedans, pour se relever dans sa partie inférieure de dedans en dehors. Mais il n'est plus possible, avec ce système, de donner de l'air en haut sans en donner en bas. Cette fenêtre peut convenir à un dortoir, à un réfectoire, non à une salle de travail.
Enfin, les fenêtres destinées à renouveler l'air devront être placées de telle sorte, que l'air qu'elles fournissent soit aussi pur que possible.
Nous avons vu nombre de classes pourvues de croisées insuffisantes, et pour l'éclairage, et pour l'aération du local ; dans certains collèges, et dans beaucoup de pensionnats, l'air que ces ouvertures pouvaient donner ne valait pas mieux que celui dont elles devaient opérer le renouvellement. Il n'est donc pas si naïf et si inutile que l'on serait tenté de le croire, de dire que ces ouvertures seront les meilleures possibles si elles donnent sur des jardins ou de vastes terrains cultivés, et qu'il faut éviter de prendre l'air dans le voisinage des écuries, latrines ou, comme nous l'avons constaté trop souvent, sur des cours encaissées ou des rues infectes.
Même en supposant que la classe ne renferme qu'un nombre restreint d'élèves, que sa durée ne dépasse pas deux heures, que l'air initial soit aussi pur que possible, la viciation de l'air ne tarde pas à se produire quand la pièce est close, et par le fait de la respiration des élèves réunis dans la classe, et par les altérations quantitatives ou qualitatives déterminées dans la composition de l'atmosphère du local par les appareils de chauffage ou d'éclairage.
De là, la nécessité de fournir sans cesse une quantité d'air pur, destinée à remplacer l'air vicié dirigé constamment au dehors.
Ici, comme nous l'avons fait pour les écoles, nous conseillons de ne point avoir recours aux systèmes et appareils compliqués de la ventilation artificielle; mais de s'en tenir aux moyens les plus simples, les moins dispendieux et les plus susceptibles d'un fonctionnement quasi automatique. JYous tenons pour des ventilateurs très-utiles et suffisants dans bien des cas, les carreaux mobiles aux parties supérieures, ou aux impostes des fenêtres; les vasistas à soufflet sont meilleurs, en ce qu'ils dirigent l'air entrant vers le plafond de la salle, d'où il redescend peu à peu, en se mélangeant, et par conséquent sans produire de courant d'air, ni d'impression de froid. Ces ouvertures, combinées l'hiver avec les calorifères , réalisent la ventilation économique suffisante, mais nécessaire d'une salle de classe.
Si, dans tous les établissements d'instruction secondaire,
on trouvait ces appareils si simples installés et fonctionnant
bien, ce serait déjà un très-grand progrès sur l'état actuel.
Hais il ne suffit pas qu'ils existent, il faut encore que
Ton prenne l'habitude de s'en servir.
En été, l'ouverture des fenêtres, tantôt d'un côté, tantôt d'un autre, pendant la classe; l'ouverture simultanée des fenêtres opposées, dans l'intervalle des classes, en l'absence des élèves, constituent le mode le plus simple et le plus parfait de ventilation.
Nous parlerons plus loin du chauffage des classes, en traitant cette même question à propos des salles d'étude; nous y ajouterons des notions sur les procédés de ventilation un peu plus compliqués, dont un grand nombre d'établissements sont actuellement pourvus.
Mobilier des classes. — Le mobilier de la classe dans les établissements d'instruction secondaire est et doit être très-simple.
V Instruction pour les commissions d'hygiène insiste sur ce point. Elle ajoute : « Là où les classes manquent de
tables pour écrire, il faut en établir, car il est fâcheux d'obliger les enfants k écrire sur leurs genoux. »
Comme cette instruction date de 1865, on pourrait s'imaginer que ces recommandations appartiennent à l'histoire d'un passé actuellement bien loin de nous.
Que l'on ne croie pas cependant t[ue le mobilier actuel soit suffisant et en bon état dans la plupart des maisons d'éducation.
En ce qui touche les collèges communaux, la statistique de 1865 reconnaissait «que le mobilier était in bon l/af dans 38 collèges, passable dans 147, en mauvais état dans- 66. »
Dans les classes, le rôle de l'élève est le plus souvent celui d'un auditeur. Sans doute, il a quelques dictées à écrire, quelques notes à prendre, des lectures à faire ou à suivre; mais en somme, sauf les jours de composition, il a peu à écrire. Aussi, les classes n'ont-elles contenu longtemps d'autre mobilier que des bancs ou des gradins, les élèves tenant leurs livres et leurs cahiers sur leurs genoux. Cependant, ce fut une bien utile amélioration que d'installer des tables dans les classes, et Ton regrette que non-seulement dans tous les établissements d'enseignement secondaire, mais dans les écoles de l'enseignement supérieur et dans les salles des Facultés, cette règle n'ait pas été partout généralisée 1 .
Pour les lycées, le règlement, ministériel du 21 avril 1860 prescrit dans les classes des tables de 67 centimètres de largeur, des bancs ou gradins de 25 centimètres.
Mais aucune prescription n'indique des dispositions spéciales, suivant l'âge et la ditférence de taille des élèves.
1. Nous sommes tout disposé à reconnaître ce que le temps a apporté d'améliorations dans nos Facultés qui, au siècle dernier, n'étaient que de véritables granges, où l'on pouvait à peine s'asseoir, où les élèves étouffaient l'été, où ils étaient gelés l'hiver.
Nous avons dans un autre livre 1 , donné une large place à la question du mobilier scolaire, et spécialement à celle des tables et des bancs. Nous avons indiqué de nombreux modèles, attestant par leur variété même combien les autres peuples attachent d'importance au problème qu'ils s'ingénient à résoudre; nous avons montré, par des considérations anatomiques et physiologiques, l'influence que peut avoir la bonne ou la mauvaise position de l'élève pendant le travail. Nous avons demandé qu'une enquête médicale sérieuse fût ouverte dans toutes les écoles, pour compléter les documents que nous fournissent les statistiques étrangères. Et nous ajoutions : « Commencée dans l'école primaire, la réforme du mobilier scolaire devra être poursuivie dans les établissements d'instruction publique à tous les degrés. »
Médecins, administrations, publicistes se sont justement émus des vices du mobilier de l'école primaire, des dangers que court la santé de l'écolier assis .pendant 5 ou 6 heures par jour sur un banc mal fait, sans appui, devant une table sans rapport avec la taille de l'élève; que devront-ils penser de la situation faite aux élèves de nos grands internats et de nos grandes Écoles?
La vie de l'école primaire se résume en 5 heures de travail par jour; et cela dure 5 ou 6 ans au plus.
L'élève passe dix années dans l'internat, et il est assis en moyenne 11 heures par jour à sa table de travail.
En écrivant YHygiène scolaire, nous avons montré que nous avions grand souci de l'influence que peuvent avoir sur la santé de l'enfance, les conditions matérielles de nos écoles; mais nous avions indiqué que ce n'était là que la première partie de notre tâche.
L'hygiène des internats en est la seconde.