e XVIII e siècle, Didot
Les rideaux permanents doivent être proscrits pour les lits des élèves, et doivent être réservés pour les lits des maîtres couchant au dortoir.
Le chevet de chaque lit sera tourné du côté du mur; il en sera séparé par un espace d'environ 10 centimètres, qui le protégera de l'humidité.
La distance des lits est réglée par la décision du 23 décembre 1826, qui porte :
« La distance des lits dans les institutions et pensions ne pourra être moindre d'un mètre; les inspecteurs et autres fonctionnaires sont spécialement chargés de veiller à l'exécution de cet article si nécessaire pour le maintien de la décence et de la salubrité. »
Les lits doivent être de fçr, peints en couleur vert clair, celte teinte est plus agréable à l'œil que la couleur noire et permet mieux de juger de la propreté absolue du lit.
Le lit doit être élevé au-dessus du plancher de 30 centimètres environ : cette hauteur suffit pour empêcher l'humidité.
Entre chaque lit, il est bon d'avoir un tapis destiné à pré server les pieds du froid du parquet.
Le sommier élastique a partout remplacé la paillasse. Le coucher est meilleur et le lit mieux fait. On doit donner la préférence aux sommiers non enveloppés de toile, ou de coutil, qui laissent l'air circuler librement et ne peuvent cacher aucune malpropreté.
Sur ce sommier, un matelas de laine, ou mieux de crin ou de varech suffit pour faire un excellent lit. Le traversin, et l'oreiller, s'il y en a, seront faits avec les mêmes substances. Ils doivent présenter une suffisante résistance pour que la tête de l'élève ne s'y enfonce pas. Lafontaine a dit ;
Tout est aux écoliers couchette et matelas.
La disposition indiquée, qui assure le nécessaire, m&xva.
le confortable, ne fournit aucun prétexte à la mollesse du coucher. Que faul-il de plus?
Le lit des élèves doit être bon, sans l'être assez pour provoquer à la nonchalance. Il doit suffire au repos, sans conduire à la mollesse.
Le nombre et le choix des couvertures seront réglés suivant les saisons et les climats, en tenant compte du refroidissement qu'éprouve le corps pendant le sommeil, et qui est très-sensible, surtout chez les jeunes enfants.
La table de nuit, placée près du lit, a reçu plusieurs dispositions différentes. Pointe voulait « que ces tables fussent exactement fermées, afin de prévenir les émanations ammoniacales dangereuses là où un grand nombre d'individus sont réunis. »
M. Yernois, au contraire, demande « que les tables de nuit soient aérées, afin que les émanations naturelles ou ammoniacales des urines n'infectent pas les parois intérieures et ne deviennent pas ainsi une collection de petits loyers d'altération de l'air. »
Cette dernière disposition est évidemment préférable, et laissera échapper fort peu d'émanations, si les vases sont tenus avec une grande propreté et si l'on a soin d'y laisser le jour un peu d'eau propre.
On a remplacé les tables de nuit élevées à hauteur du lit par de petites tables sans pieds, reposant sur le plancher, renfermant dans leur partie supérieure les objets de toilette de l'élève, et pouvant encore servir de siège à côté du lit : arrangement auquel l'hygiène n'a point à contredire, si la propreté est scrupuleusement observée.
Les lavabos sont situés en dehors du dortoir, ou dans le dortoir même. Dans ce dernier cas, ils consistent le plus souvent en un appareil de forme ovale allongée, placé au centre du dortoir; cet appareil renferme une fontaine, dont l'eau sort par une série de petits robinets disposés sur son
pourtour, et permettant à une série de vingt élèves, par exemple, de faire en même temps leur toilette.
Quelque soin que Ton apporte dans celte opération, il y a toujours un peu d'humidité produite dans le dortoir par l'eau qui tombe sur le plancher et par Tévaporation des serviettes, que Ton met sécher sur l'extrémité du lit, ou mieux sur des patères dans la salle; il y a aussi une odeur de savon en permanence. Ajoutons que toutes les fois que les élèves ont besoin de se laver dans la journée, ils traversent et salissent le dortoir.
D'autre part, tout se passe sous l'œil du maître, et une seule personne suffit à surveiller l'habillement et la toilette des enfants.
Les lavabos sont-ils placés dans une pièce séparée du dortoir, le même maître ne peut voir ce qui se passe dans les deux pièces à la fois ; en outre, en hiver, les élèves quittent une pièce chaude, le dortoir, pour se rendre dans le lavabo, qui d'ordinaire n'est point chauffé et est fort souvent humide.
Les deux systèmes ont leurs inconvénients et leurs avantages.
Le premier exige moins de place, moins de surveillance, et prend moins de temps.
Le second est plus favorable à la propreté et à la salubrité du dortoir; il demande plus de surveillance, et plus de précautions dans le passage d'une pièce à une autre, en raison de la différence de température 1 .
1. Le luxe plus ou moins grand des lavabos a peu d'importance au point de vue qui nous occupe. Nous en avons vu avec des cuvettes de marbre blanc et des robinets à poignées d'ébène. Il y a de beaux modèles en ce genre à l'orphelinat de madame de Rothschild et à l'École supérieure d'Auteuil. L'École normale supérieure et l'École normale primaire de la Seine sont plus simplement pourvues : chaque élève a un pot et une cuvette des plus modestes sur une planche près de son lit. L'essentiel est la propreté et la commodité.
L'éclairage des dortoirs est obtenu soit au moyen d'une veilleuse, soit par des lampes à huile ou à gaz.
Quelle qu'en soit la source, la lumière doit remplir les conditions suivantes :
Être suffisante pour rendre la surveillance possible;
N'être pas assez forte pour gêner le sommeil des élèves ;
Ne pas prendre d'oxygène à l'air du dortoir et n'y pas verser les produits de la combustion .
La veilleuse donne une lumière très-inégale, le plus souvent insuffisante, et sur laquelle on ne peut compter. Elle dégage beaucoup de fumée. La veilleuse est trop à la portée des élèves.
Le gaz dans le dortoir peut avoir plus d'un inconvénient. On peut en modérer la lumière autant qu'on veut, avec un bec formant veilleuse; mais il reste toujours : la crainte qu'un élève, après avoir éteint le gaz, le laisse se répandre dans la pièce, le danger des fuites, de l'explosion ou de l'asphyxie; trop d'accidents doivent attirer l'attention sur ces divers points.
Il n'y a ici qu'un seul mode d'éclairage salubre.
Il consiste dans l'adoption d'une forte lanterne à réflecteur, disposée dans l'épaisseur même de l'un des murs du dortoir, ne s'ouvrant que par dehors et pourvue d'une cheminée à orifice extérieur. Que l'on y brûle de l'huile ou du gaz, peu importe, puisque les produits de la combustion ne pénétreront pas dans la salle, et que les élèves ne pourront en rien déranger l'appareil. La lumière sera adoucie au besoin par un verre coloré. Nous avons vu ce système installé dans beaucoup d'établissements, et notamment au lycée Henri IV. Rien ne nous paraît préférable sous le rapport de la sécurité, de la salubrité et de la propreté, à ce mode d'éclairage.
Le chauffage du dortoir n'est en général nécessaire que pour tes salles réservées aux plus jeunes élèves. Peut-être
dans îes départements du Nord et par des hivers très-rigoureux, faudrait-il étendre celte mesure?
Ici, plus encore que dans les autres locaux, il importe que l'appareil de chauffage ne s'alimente pas aux dépens de l!oxygène de l'air de la salle, et qu'aucun produit de combustion ne soit versé dans le dortoir.
En combinant la ventilation avec le chauffage du dortoir, on n'oubliera pas que, pendant le sommeil, le corps subit un abaissement de température considérable 1 .
Des cabinets d'aisances doivent être disposés dans le voisinage du dortoir, afin que les élèves ne soient pas obligés de sortir la nuit, même dans la cour, comme cela a lieu encore dans quelques grands internats.
En séparant les cabinets du dortoir par un vestibule à double porte, et en installant une ventilation convenable, on peut éviter toute émanation.
Ces cabinets doivent être éclairés, et la lampe sera mise hors de la portée des élèves.
Aux deux extrémités du dortoir s'ouvre une chambre destinée au surveillant.
ungerie. — La lingerie doit être située dans un local aussi éloigné que possible de toute cause d'humidité.
Le linge qui vient d'être blanchi, et qui, au sortir du
séchoir, est apporté à la lingerie, n'est jamais parfaitement
1 . Pendant le sommeil, la température du corps de l'homme s'abaisse de 0,83 au dessous de ce qu'elle est pendant la veille (Hunter.)
D'une part, les mouvements respiratoires se ralentissent notablement pendant le sommeil. La quantité d'oxygène introduite a donc diminué.
Une moindre quantité de carbone est brûlée. D'après Prout, les gaz expirés à midi contiennent 4,1 pour 100 d'acide carbonique; à minuit, ils n'en contiennent plus que 3,3 pour 100 en volume. M. Scharling constate que les quantités de carbone brûlé par l'homme endormi et par l'homme éveillé sont dans le rapport de 1 à 1,237. MM. Chossat et Boussingault sont arrivés aux mômes conclusions dans leurs expériences sur les animaux* (Gavarret, Op. cit.)
«ec, et, si l'atmosphère de la pièce est déjà humide-, nonseulement il ne séchera pas, mais il y entretiendra une humidité permanente.
On aura donc soin de ne pas choisir pour cet usage une pièce située au rez-de-chaussée, ni une salle qui n'aurait de fenêtres que d'un côté; plus les ouvertures seront multipliées, plus la pièce recevra longtemps les rayons du soleil, mieux cela vaudra. L'hiver, elle devra être chauffée.
Voilà pour le local.
Pour le linge, on s'efforcera de le placer de telle façon que l'humidité qu'il renferme puisse facilement s'évaporer, et qu'une aération, une ventilation puissantes ne laissent séjourner dans la lingerie aucune trace de l'eau évaporée.
On comprend que les armoires disposées le long des murs doivent mal remplir ce but. Fermées, elles iraient précisément contre les indications, qui précèdent; ouvertes par-devant, en forme de casiers, l'air y serait encore insuffisamment renouvelé.
. Nous avons visité un magnifique établissement d'enseignement secondaire où rien n'a été épargné; les salles de lingerie, admirables d'ailleurs comme exposition et comme propreté, présentent la disposition défectueuse que nous venons d'indiquer.
Il n'y a pour l'installation des casiers de lingerie qu'un type rationnel, c'est celui dans lequel les casiers à clairevoie sont disposés en rangées parallèles, dans le champ de la pièce, de façon que l'air puisse circuler autour des casiers, de chaque côté, au-dessous et au-dessus de chaque case : un simple grillage séparant les cases, les unes des autres, à droite et à gauche.
Avec cette disposition si simple et l'ouverture de fenêtres opposées établissant de temps en temps un énergique courant d'air, la pièce avec tout ce qu'elle contient est à l'abri de toute humidité, aucune odeur n'y séjourne, et le linge
que les éfèves reçoivent est dans des conditions aussi salubres que possible.
Blanchissage. — Cette question sera traitée à l'article Buanderie.
vestiaire et annexe. — Comme le linge, les vêtements doivent aussi être mis à l'abri de l'hupmidité et être bien aérés.
Si, en général, les vêtements que quittent les élèves rentrent au vestiaire moins imprégnés d'humidité que le linge qui revient du blanchissage à la lingerie, ils n'en ont pas la propreté ; ils ont servi, et quand ils sont humides, ce n'est pas seulement de l'eau qu'ils contiennent, mais des produits de sécrétion, de la transpiration, par exemple En un mot, à l'humidité du linge qui vient d'être blanchi, s'ajoutent pour les vêlements, les inconvénients du linge sale. Aussi, quand dans la lingerie tout se borne à éviter l'humidité, il faut de plus dans le vestiaire, empêcher les miasmes de s'accumuler, de se concentrer au point de devenir un danger. On ne doit pas oublier que tout vêtement qui a été porté un certain temps devient un petit foyer d'exhalaisons miasmatiques.
Les vêlements, après avoir été battus, brossés avec soin et à l'air, doivent être suspendus dans le vestiaire à des crochets ou patères, de manière qu'autour de chacun d'eux la ventilation soit aussi parfaite que possible, et que la circulation de Tair dans le vestiaire réduise au minimum ce qui reste des émanations que produisent toujours un grand nombre de vêtements réunis dans une même salle.
Un vestiaire, où les vêtements sont plies dans des cases, satisfait peut-être plus les yeux que le vestiaire où les vêtements pendent ainsi à des crochets ; mais on est bientôt averti que cet ordre apparent n'a été qu'un moyen de concentrer des odeurs aussi malsaines que, désagréables.
Dans certains grands internats, on a supprimé le vestiaire •„
chaque élève a dans sa chambre une armoire et des crochets pour suspendre ses habits.
Là où il y a uu vestiaire, il est de règle que les élèves n'y entrent jamais, et viennent prendre aux dortoirs leurs habits de rechange que les gens de service y apportent. Mais il y a bien des exceptions, ainsi, pour les sorties imprévues, etc. Nous avons vu dans un très-beau lycée de province une ingénieuse disposition de détail, permettant d'éviter les allées et venues, qui rendent impossible la propreté du vestiaire ou du dortoir.
Le dortoir est un parallélogramme allongé, dont les deux grands côtés sont percés de fenêtres. Sur un de ses longs côtés, un couloir a été établi au moyen d'une cloison parallèle à ce côté, et percée exactement du même nombre de fenêtres, de sorte que le dortoir ne perd à cette disposition ni air ni lumière. Dans les intervalles des fenêtres, tout le long du couloir, des patères ont été placées auxquelles on suspend les vêtements de rechange des élèves. Ceux-ci, au retour de la promenade, par exemple, entrent dans le couloir, y suspendent leurs vêlements de sortie et y reprennent leurs vêtements d'intérieur, sans avoir besoin de passer par le dortoir.
Annexe. Cordonnerie. — Les Salles OÙ SOilt gardées les
chaussures des élèves doivent être largement ventilées. Les casiers destinés à recevoir ces chaussures seront aussi aérés que possible ; pas de parois pleines. A Vanves, j'ai vu la paroi inférieure du casier remplacée par deux gros fils de fer ou de laiton, sur lesquels les souliers ne portent que par la pointe et le talon. L'air circule ainsi autour des chaussures, et surtout au-dessous de la semelle H qui, avec cette disposition, se débarrasse rapidement de toute humidité.
salie de bain». — L'internat doit-il posséder une salle do bains, des baignoires, des calorifères spéciaux et tout J'aijencement d'un pareil service? *
En fait, jusqu'ici, c'est un luxe que de très-grands établissements seuls peuvent.se donner, et le nombre des internats en mesure de faire la dépense de cette installation est encore très-limité.
Toutes les fois qu'il y a à proximité de l'internat un établissement de bains publics, on y envoie les élèves à des époques régulières, une fois par mois, par exemple, et on trouve dans ce système une grande simplification du service, une grande économie de temps et d'argent.
C'est ainsi que les choses se passent dans la plupart des établissements d'instruction publique, et le service est encore peut-être plus régulièrement fait là où il n'y a pas de bains dans l'internat même.
Mais la condition de voisinage de bains publics peut manquer; les internats nouveaux ne seront pas.touà construits dans les grandes villes : alors il faut de toute nécessité avoir une installation de bains dans la maison.
En outre, le système des bains pris au dehors a plus d'un inconvénient, et il est bien difficile d'assurer dans ce cas toutes les précautions qu'exigent la discipline, la moralité et la sécurité des élèves.
Dans les bains publics, chaque cabinet est clos par une porte, les robinets d'eau chaude et d'eau froide sont à la disposition de celui qui se baigne .: la surveillance sera difficile; or un enfant peut se trouver mal dans le bain, il peut se brûler avec un jet d'eau bouillante, etc.
Avec les bains établis dans les internats, tous ces dangers sont soigneusement évités : au lieu cUêlre fermés par une porte, les cabinets ne sont séparés que par des rideaux du couloir où le surveillant reste pendant la durée du bain, il peut toujours savoir ce qui se passe, des précautions sont prises pour mettre l'élève à l'abri des brûlures (fermeture des robinets une fois le bain préparé, poignées de bois des robinets substituées aux poignées de cuivre, eV&.Y «^ >^
mot, l'installation tout entière faite en prévision des besoins spéciaux du service des élèves. Il est évident que Ton peut obtenir là une série de garanties que l'on chercherait vainement ailleurs.
On voit que nous sommes bien loin d'être au niveau des pays étrangers sous tous ces rapports, et nous ne sommes pas près d'offrir aux élèves l'utile exercice des bains chauds pris dans des bassins où l'on puisse s'exercer à la natation, les swimmlng baths si communs de l'autre côté du détroit.
En attendant que nous obtenions ces. desiderata, nous serions heureux de voir les services de bains de propreté partout convenablement et régulièrement installés 1 .
La salle de bains doit être située au rez-de-chaussée ; les murs seront revêtus sur le tiers inférieur de leur hauteur d'un enduit hydrofuge.
saiic de bains de pied*. — Une salle spéciale doit être destinée au service des bains de pieds. Trop souvent, c'est une pièce humide, froide, peu ou point aérée, qui est utilisée dans ce but. Nous avons vu, en l'absence de salle spéciale, la cuisine affectée à ce service, au mépris de toute idée de propreté.
Les jours de bains de pieds ne sont pas fréquents, tant s'en faut! dans la majorité des internats; les difficultés matérielles que soulève l'administration de ces bains (personnel nombreux, perte de temps, dépense qu'exige cette
1. On a reproché aux internats d'être de véritables casernes. L'analogie n'est pas niable en ce qui concerne le service des bains :
« Nous avons constaté avec regret qu'il n'existe point, dans les casernes françaises actuelles, de salles de bains, de baignoires ni autre matériel permettant aux hommes de se laver à grande eau ; en opposition nous avons montré que dans toutes les autres armées étrangères cet important service d'hygiène est au contraire complètement assuré, non-seulement dans les casernes, mais encore dans les camps. (Morache, Hygiène militaire.)
opération si simple en apparence) disposeraient encore à éloigner plutôt qu a rapprocher les jours de bain.
Il est incontestable que donner des bains de pieds à 300 ou 400 élèves n'est pas chose prompte ni facile.
Avec les procédés ordinaires, il faut s'y reprendre à bien ■des fois pour que chacun ait spn tour.
Espérant diminuer du même coup la durée totale de l'opération (fort longue quand il y a beaucoup d'élèves, ceux-ci ne pouvant venir que par série de 20 ou 25 à la fois) et la dépense de combustible que Ton réduit beaucoup si on ne chauffe la chaudière qu'une fois au lieu de trois ou quatre, on a installé dans quelques établissements des appareils à demeure pour bains de pieds fixes. Le fond de l'appareil reçoit deux systèmes de tuyaux : l'un destiné à le vider instanlanément, quand l'eau a servi, l'autre qui le remplit aussitôt d'eau propre à la température convenable pour une autre série d'élèves 1 .
On gagne ainsi beaucoup de temps, on peut réduire le personnel et diminuer la dépense, même en tenant compte des frais une fois faits d'installation.
Au reste, l'essentiel est que l'opération se fasse très-régulièrement et le plus souvent possible, et l'on peut, dans les circonstances ordinaires, arriver à ce résultat avec les appareils les plus simples.
La salle de bains de pieds devra être bitumée.
Douche. — Tout internat doit posséder une salle et un appareil pour donner des douches (en arrosoir).
L'installation en est aussi simple que peu coûteuse.
Elle ne nécessite qu'un réservoir d'eau assez élevé pour que la douche ait une puissance suffisante, nécessaire pour lui donner tout son effet tonique, et préparer une réaction prompte et salutaire. La pièce spéciale serait mise en com-
1. Le collège de Vanves possède un véritable mod&te <yev sa rçjsw^-'
munication avec le réservoir au moyen d'un tuyau se terminant au plafond par une pomme d'arrosoir s'ouvrant à bascule, au moyen d'une corde, quand la douche doit fonctionner.
Des appareils portatifs, à pression de 3 ou 4 atmosphères, permettent également de donner des douches en l'absence de réservoirs élevés, et avec la même puissance.
Tous les élèves auxquels le médecin de l'établissement n'aurait pas interdit l'usage de la douche y passeraient le matin, au moins pendant la saison chaude.
Quelques secondes suffisent pour cette rapide opération, qui remplacerait entre temps les bains toujours trop rares, et serait un excellent moyen pour assurer chez tous la propreté et pour fortifier les enfants délicats.
A ceux que les préjugés arrêteraient dans cette voie, nous pouvons donner l'assurance que les résultats de l'expérience nous ont prouvé, comme à beaucoup de nos confrères placés dans les mêmes conditions d'observation, l'innocuité du moyen, quand il est judicieusement appliqué, et son incontestable utilité.
Restera toujours à vaincre la résistance des enfants et des familles!
Cette répugnance est-elle invincible, on pourra remplacer la douche froide par la douche tiède.
Ce moyen, plus du goût des familles, sera peut-être moins estimé des médecins : on craindra l'absence ou la difficulté de la réaction si bien favorisée par la température de l'eau froide combinée avec la pression. Avec de l'eau tiède, la première influence manque, mais il suffira d'avoir une pression suffisante pour que la peau reçoive un véritable coup de fouet, et que la chute de l'eau produise une excitation de la peau capable de déterminer une réaction convenable.
Il faudrait ajouter à la douche quotidienne une mesure
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indispensable : l'éponge et le baquet pour le lavage si nécessaire et si négligé de certaines parties du corps, dont la propreté a une si grande importance hygiénique et morale.
Avec une douche bien installée et mise en œuvre tous les jours, tous les soins de propreté sont assurés, et assurés chaque jour; et la grande difficulté du service des bains et des bains de pieds, cet épouvantail des grandes pensions, n'a plus d'importance. Or, même avec un bain d'un quart d'heure par élève, le temps et la dépense pour donner des bains entjers à 400 élèves sont énormes. Même avec les appareils aussi bien installés qu'à Vanves, le service des bains de pieds prend un temps très-considérable et présente ^e grandes difficultés.
La douche quotidienne, avec l'addition dont nous avons parlé, peut avantageusement comme temps et comme dépense remplacer tout cela.
Bains de piscine. — L'été, les élèves des internats sont conduits aux bains froids. Les réflexions que comporte ce sujet n'ont, à ce qu'il semble, rien à voir avec l'étude du local. Cependant, il convient de dire un mot d'un système de bains froids que nous avons vu installé très-ingénieusement dans un internat très-considérable dirigé par les Frères d'Issy (Établissement de Saint-Nicolas). Dans le fond d'un grand jardin attenant à l'éeole, les frères ont fait établir un grand bassin rectangulaire oblong, ayant environ 17 mètres de long sur A mètres 65 de large, d'une profondeur de i mètre à une extrémité, qui forme le petit bain; de 1 mètre 50 à l'autre, qui forme le grand bain.
Quand on veut donner un bain aux élèves, un robinet permet d'introduire de l'eau dans ce bassin, elle s'y échauffe sous les rayons du soleil que concentre une rangée d'arbres plantée sur le côté nord du bassin (on a laissé libre l'accès des rayons du côté du midi. Quand un& &&m S^tewSk^
pris son bain, une vanne est levée, l'eau s'écoule ; et on fait rentrer une nouvelle quantité d'eau pour servir au bain d'une autre série d'élèves.
Il y a plus d'un établissement, éloigné d'une rivière, qui pourrait mettre h profit l'idée fort simple, et les avantages de celte piscine, permettant de donner des bains froids à l'intérieur de l'internat *.
Il est évident que le bain où l'on peut, nager répond à la fois aux nécessités de l'exercice musculaire, de la propreté et de l'hygiène.
Pour la piscine d'été, l'exemple ciié donne des indications suffisantes. Des cabines très-simples doivent être établies au bord de la piscine, pour que les élèves puissent se déshabiller et s'habiller avec décence.
On pourrait aussi avoir une piscine d'hiver, close, alimentée par de l'eau chaude, dans laquelle les élèves prendraient un bain de natation, même en hiver : c'esl le swimming bath dont nous avons parlé plus haut.
Infirmerie. — Chambres d'isolement. — Bains spéciaux, — Table spéciale d'infirmerie, etc. — Il est de règle, dans
les établissements d'instruction publique de renvoyer autant que possible dans leurs familles les élèves malades. La sécurité des autres élèves exige que cette mesure soit rigoureusement appliquée.
Cependant, il y a des élèves dont les parents sont trop éloignés; d'autres, dont le transport est jugé impossible ou dangereux; il y a les maladies qui débutent et dont le diagnostic peut rester incertain quelques heures ou quelques jours; enfin, il y aies simples indispositions qui ne demandent que quelques jours de repos et de soins. Dans
1. Une piscine semblable est installée à V Ecole Albert-le-Grand d'Arcueil. On se propose d'en établir une dans d'excellentes conditions à l'École Monge.
ce dernier cas, un traitement convenable, appliqué sur le champ, peut épargner une maladie grave.
L'infirmerie est une nécessité ; mais on ne doit pas oublier qu'elle reste un danger dans un établissement qui réunit beaucoup d'élèves, si des précautions nécessaires sont négligées.
Les conditions qui peuvent atténuer ce péril sont :
1* La distance qui doit séparer l'infirmerie de tous les autres services de l'établissement.
Nous avons insisté pour que les internats soient séparés en pavillons distincts, afin d'éviler à tout prix l'agglomération; mais, si « l'haleine de l'homme est mortelle à l'homme » quand il s'agit d'individus bien portants, c'est bien autre chose quand on rapproche les individus malades des individus sains. En dehors même des germes spéciaux de maladies qui se développent dans les salles des malades et rayonnent de là comme d'autant de foyers, les miasmes produits par les malades (et provenant de la respiration, de l'exhalation et des sécrétions) constituent un danger beaucoup plus grand que dans les agglomérations ordinaires.
L'infirmerie sera donc reléguée dans un pavillon séparé, et placé, autant que possible, de façon que le vent dominant n'en amène pas les miasmes dans les autres parties de rétablissement.
2° L'interdiction absolue de toute communication entre les élèves bien portants et les malades, en entendant sous le nom de malades tout élève placé à l'infirmerie, quelque légère que soit la maladie ou indisposition qui l'y a fait admettre. Les miasmes que l'on transporte sont aussi dangereux que ceux que l'on produit.
3° La création de services spéciaux annexes de l'infirmerie. Les malades ne doivent pas se baigner dans les baignoires et dans les mêmes salles que les autres élèves. Ils doivent avoir une table spéciale, ou tabla vk'xx&v-
merie 1 ; ils se promèneront dans un jardin à part. V
4° L'existence de chambres d'isolement pour toute maladie de nature à se communiquer ou à se propager, ou supposée telle. Il est à peine nécessaire de dire qu'il faut isoler un cas de variole confirmé ou une angine couenneuse. Le médecin ou interne doit, par mesure de prudence, isoler un malade dont les symptômes prodromiques peuvent faire craindre, sans permettre de l'affirmer encore, une maladie contagieuse quelconque.
CeS chambres recevront aussi les malades atteints de délire ou pouvant troubler le repos des autres élèves.
5° La propreté observée jusque dans les moindres détails à l'infirmerie et dans tous ses services.
Ainsi on ne laissera séjourner aucune déjection, nonseulement en cas de maladies épidémiques, dysenteries et autres, mais dans aucune circonstance; ces matières peuvent dégager des effluves capables de vicier rapidement l'air des salles et de propager ces maladies, ou de leur donner un caractère typhique ou septicémique : toutes les précautions devront être prises pour désinfecter ces matières et les jeter immédiatement.
Les rideaux dont doivent être pourvus les lits de l'infirmerie, les objets de literie devront être lavés et désinfectés après toute maladie grave.
Le linge des malades sera lavé à part et désinfecté au besoin.
1. On envoie souvent, et avec une excellente intention, les élèves que leur santé oblige à suivre un régime différent des autres : — à faire gras les jours maigres, par exemple, — prendre leurs repas à l'inlirmemerie. Nous ne saurions mettre en parallèle l'inconvénient de donner à ces élèves une nourriture exceptionnelle sous les yeux de leurs camarades, avec le danger que Ton fait courir à ceux qui vont ainsi deux fois par jour manger à la table d'infirmerie, quelque distante qu'elle soit des chambres réservées aux maladies dangereuses.
Les miasmes des malades peuvent transmettre les maladies et conserver pendant longtemps leur fatale influence.
Tout ce qui peut servir de foyer à ces miasmes doit être surveillé avec soin.
Les murs et plafonds doivent être peinls à l'huile dans toute leur étendue; ils seront lessivés aussi souvent que possible ; les parquets nettoyés avec le plus grand soin. Les recherches récentes de M. Marié-Davy montrent que les poussières des chambres de malades renferment des organismes de nature végétale ou animale, que Ton peut regarder, au moins, comme des agents de transmission des maladies. Il faut faire une guerre acharnée à la poussière, ici toujours suspecte.
Les cabinets et chaises percées seront assainis par l'usage des désinfectants.
Les chambres ne seront de nouveau occupées qu'après avoir été désinfectées et ventilées le plus longtemps et le plus complètement possible..
6° Dans les grands internats, la présence à demeure ou la visite journalière d'un médecin, et le séjour d'un interne capable de le remplacer et de donner les premiers soins en cas d'accidents.
Avec les jeux et les différents exercices, les accidents sont fréquents ; les infirmières ne peuvent prendre sur elles de juger de ce qu'il y a à faire ; elles ne sont pas davantage aptes à décider des mesures à adopter dans bien des cas de maladies internes, dont les débuts chez les enfants sont parfois si trompeurs. Le médecin seul ou son interne peut prendre cette responsabilité vis-à-vis de la famille ou de l'administration. Les premiers soins ont une importance extrême : ils décident parfois de la marche et de la terminaison de la maladie. En cas d'accident, relever, porter le blessé est une grave difficulté; c'est une tâche à laquelle les meilleures intentions ne suffisentpas.il fc<sA. Wn. *\\^
dans tout établissement il y ait un brancard, que l'architecte ait ménagé à l'infirmerie une large entrée, que l'infirmerie ne soit pas placée trop haut, et qu'on y accède par un vaste escalier. Voilà de premières et essentielles mesures ; mais il faut diriger les porteurs, prévenir les imprudences, donner des indications pour que d'une fracture simple on ne fasse pas une facture compliquée de plaie, et c'est là l'affaire du médecin ou de son interne. On verra plus loin comment la question a été résolue pour les lycées, à Paris et dans quelques grandes villes.
7° La salubrité de l'infirmerie exige e'ncore que sou exposition ait été intelligemment choisie, au midi, ou plutôt à l'est et à l'ouest; que de larges fenêtres permettent de la ventiler (des grillages y sont nécessaires pour les cas de délire) ; qu'elle n'ait dans son voisinage rien qui puisse troubler la pureté de l'air (nous en avons vu une qui était au-dessus des cuisines et auprès d'un puisard!), rien de nature à gêner le repos ou le sommeil, des malades; que le cubage d'air du dortoir d'infirmerie soit suffisant : double de celui qui est indiqué pour les dortoirs ; que la température y soit réglée avec soin, au thermomètre,* suivant les indications du médecin : que tout ait été prévu et qu'on ne soit jamais surpris en cas de maladie ou d'accident (appareils tout prêts pour les divers genres de fracture, par exemple); que le nombre des lits, des chambres 1 , que le personnel soient suffisants; que la pharmacie, et la salle où l'on prépare les tisanes soient absolument interdites aux élèves, admis seulement dans une salle spéciale pour ce que j'appellerai le traitement externe.
Enfin, les cabinets d'aisances de l'infirmerie doivent être facilement accessibles. On évitera, d'une part, que les
1. Il faut environ par 100 élèves dans l'internat, de 10 à 12 lits au dortoir d'infirmerie, et de i à G chambres d'isolement.
émanations puissent pénétrer dans les salles des malades, et d'autre part, que les malades aient à parcourir un long trajet ou soient exposés à se refroidir. 1
Pour l'éclairage artificiel des salles et des chambres, on aura égard aux indications données à propos des dortoirs.
L'infirmerie, bien que chauffée parun calorifère général, doit avoir une cheminée dans chaque dortoir et chambre d'isolement, afin de permettre d'élever la température suivant le besoin, et de ventiler activement la pièce.
La discipline et la moralité exigent que l'infirmerie renferme deux divisions distinctes : le dortoir des grands et celui des élèves plus jeunes.
Un maître y est spécialement chargé de la surveillance. A Paris et dans quelques grandes villes où cela est possible, dans les infirmeries des lycées, ce maître est choisi parmi les élèves . en médecine : il peut donc faire lés pansements et donner les premiers soins aux malades ou blessés, en attendant l'arrivée du médecin. •
■Jeux d'aisances. — Le docteur Vernois appréciait ainsi en 1867 l'état de ces locaux, en ce qui concerne les lycées : « Sur 77 établissements, onze seulement avaient des lieux d'aisances bien disposés, cinq assez bien disposés; partout ailleurs ils sont à modifier ou à raser 1 . »
Ces locaux sont-ils en général mieux établis et mieux tenus dans les établissements libres?
Et cependant, en laissant de côté, même pour un instant, la question de propreté et de décence, il y a dans cet état de choses un danger très-réel pour la santé.
Là surtout où existent encore des fosses fixes, des fosses à demeure, on a à craindre les infiltrations, dans les cas où les parois des fosses ne sont pas parfaitement étanches (condition trop souvent réalisée), infiltrations qui peuvent em-