‹ 2. édChapitre 28 sur 70 · Op. cit · texte numérisé non relu

Op. cit

poisonner les eaux d'alimentation ou le sol même, et par conséquent l'air ambiant 1 .

Avec des fosses énormes, comme celles que nécessitent de grands établissements, on a des réservoirs de matières putrides presque toujours en communication avec l'air des cabinets, des cours et pièces voisines; une cause d'infection pour le sol, pour les murs qui plongent dans les fosses, et pour le voisinage/ Ces matières donnent lieu à des émanations méphitiques, dont la dangereuse influence augmente encore si une partie provient des cabinets de l'infirmeries.

Enfin, les opérations nécessaires à l'enlèvement des matières sont une cause de vicialion de l'air et de malpropreté générale.

Il faut partout remplacer le système des fosses à demeure par des fosses mobiles.

Nous visitions dernièrement un de nos plus importants lycées, où l'ancienne cour des classes, et les classes proches des latrines étaient autrefois infectées par l'odeur d'une fosse à demeure (à l'époque où nous y étions élève). Cour et classes sont très-salubres depuis que des fosses mobiles ont remplacé l'ancien système.

Les fosses mobiles permettent de réaliser les conditions les plus favorables au point de vue de la salubrité. Ainsi, avec le système diviseur on peut obtenir que les liquides aillent se perdre à l'égout. On élimine par là un des principaux éléments de la putréfaction : la fermentation continue des solides et des liquides dans les fosses d'aisances favorisant le développement de gaz méphitiques qui vicient l'air des villes et empoisonnent le sol.

1. Murchison a observé une épidémie de fièvre typhoïde dans un quartier d'une ville où, sur 34 maisons, 13 furent frappées en môme temps; elles prenaient leurs eaux de consommation à un puits que des infiltrations sfcrcorales infectaient depuis peu.

Dans les constructions mieux combinées encore que Ton fait aujourd'hui, des dispositions spéciales permettent de pratiquer l'enlèvement des matières par la voie de l'égout. On supprime ainsi dans l'intérieur de rétablissement les allées et venues des ouvriers spéciaux, le transport des tonneaux, toutes causes de malpropreté et d'odeurs malsaines. Pour les fosses fixes, il est de la plus haute importance que leurs parois soient élanches.

De même, pour les cabinets d'aisances placés dans l'intérieur des constructions, on devra veiller avec soin à l'imperméabilité des parois des tuyaux dedescente.il faut proscrire les tuyaux de terre, dont la porosité laisse passer les émanations ou infiltrer les liquides. On devra n'employer que Ja fonte pour ces usages.

Que la fosse soit fixe ou mobile, elle ne doit jamais être en communication avec Tair des cabinets.

Comment peut-on parvenir a empêcher celte communication?

Divers moyens sont en usage pour éviter que les gaz de la fosse remontent dans les cabinets, et répandent leur odeur nauséabonde et malsaine dans les pièces voisines.

1 ° L'immersion de l'extrémité inférieure des tuyaux de descente dans les matières de la fosse, ou dans une cuvette hydraulique formant siphon, ce qui réduit à des dimensions aussi minimes que possible la surface d'évaporation. S'il s'agit d'une fosse mobile, on fera plonger le tuyau de chute jusqu'aux deux tiers de la hauteur des tinettes.

2° L'emploi d'appareils obturateurs (les appareils Rogier, par exemple) basculant par le poids des matières et retombant de manière à clore exactement le tuyau de chute. La propreté indispensable au fonctionnement régujier de ces appareils exige beaucoup de soins et un personnel spécial. 3° Une ventilation énergique entraînant les odeurs dans une gaîne d'évacuation qui se termine sur leto\V.4fcVWà&R&

et dans laquelle le mouvement ascensionnel est déterminé par l'allumage de becs de gaz ou le passage d'un tuyau de fumée.

Avec ce dernier système, quand il marche bien, il n'y a pas besoin d'appareil obturateur, dont le fonctionnement est toujours une cause de difficultés. A la nouvelle Ecole Monge, les cabinets sont ventilés au moyen du gaz; il n'y a absolument aucune odeur, malgré l'absence d'appareils obturateurs.

Les simples tuyaux d'évent, même avec la hauteur que l'on doit leur donner, ne produisent qu'une ventilation insuffisante et irrégulière.

Reste la question du prix, quand on emploie le gaz.

On pourrait assurer cette ventilation d'une manière plus économique, en juxtaposant cette gaîne d'évacuation à une cheminée ou à un tuyau de fumée.

Les dispositions de l'intérieur des cabinets ne sont pas moins importantes.

Il faut proscrire d'une manière absolue les lieux dits à la turque, ouvertures au niveau du sol, avec ou sans pédales, laissant la fosse constamment en communication avec l'air des cabinets-, exposant lé sol à une malpropreté fatale, et les élèves à des chutes dangereuses.

On remplacera cette disposition barbare par un siège en chêne suffisamment élevé, muni d'une cuvette avec ou sans soupape hermétique. Il sera établi de façon que les élèves ne puissent monter dessus.

Le sol des cabinets sera incliné vers le trou de chute, il devra être formé de dalles jointes au ciment, ou de bitume ne laissant aucun interstice.

Les parois des cabinets doivent être suffisamment espacées (environ 70 centimètres), revêtues de carreaux de faïence vernissée, très-dure, et sans joints apparents, ou de lave fusible, afin que, d'une part, aucune malpropreté n'y

puisse séjourner; et que, d'autre part, les élèves ne puissent rien inscrire sur ces surfaces. Enfin, les murs ne devront pas se réunir par des angles aigus, qui forment des réservoirs de malpropreté et rendent le nettoyage plus difficile; mais par des surfaces arrondies. On donnera aux cabinets une profondeur suffisante pour qu'il reste un espace nécessaire pendant l'ouverture et la fermeture des portes; l'orifice du trou de chute sera disposé, par rapport aux parois .des cabinets, de façon à diminuer les chances de malpropreté.

Les portes, à un intervalle de 10 centimètres du sol, à claire-voie dans le tiers supérieur de leur hauteur, s'ouvrant de dedans en dehors, ne réduiront pas, lors de leur ouverture, la capacité des cabinets, permettront le renouvellement de l'air et la surveillance du maître. Ces portes ne doivent pas avoir de verrou intérieur. On peut adopter, comme cela a lieu dans quelques lycées, un signe extérieur qui indique que le cabinet est occupé.

Le nombre des cabinets doit être proportionné au chiffre des élèves de l'établissement. On peut admettre qu'il faut quatre cabinets par 100 élèves.

Pour les cabinets situés dans les cours, l'accès des élèves venant de l'intérieur de rétablissement aura lieu aîi moyen de chemins couverts et bitumés.

Des urinoirs distincts doivent être disposés aux deux extrémités de la rangée de cabinels. Le sol recouvert de bitume ou de ciment, présentera une rigole, et sera disposé en pente vers le trou de chute.

Les parois seront en ardoise très-dure jusqu'à l m ,50 de hauteur; le reste en terre vernie. On doit donner aux portes une hauteur de 1 mètre à partir du sol : la baie au-dessus reste libre. Un filet d'eau courante doit baigner constamment les parois et le 'sol, et entraîner les liquides vers l'égout.

Les cabinets d'aisances situés à l'intérieur des bâtiments seront munis de doubles portes séparées par un tambour. Une ventilation active y sera déterminée par une cheminée d'appel entraînant Pair vicié vers le toit. L'appel sera produit ou par le passage d'un tuyau de fumée dans la cheminée, ou par la combustion d'un bec de gaz, qui pourra servir en même temps de lampe prisonnière.

Ces constructions doivent être de préférence tournées vers le nord, pour éviter l'action de la chaleur solaire.

Malgré toutes ces précautions adoptées pour la construction, il faudra faire plusieurs fois par jour des nettoyages avec des liquides désinfectants.

Ainsi, dans beaucoup d'établissements d'instruction publique de Paris, un employé de la ville vient deux fois le jour faire des lavages et jeter un désinfectant (chlorure de chaux, par exemple) sur les dalles et dans la fosse.

De temps en temps, il est utile de faire un nettoyage plus complet des dalles et des parties du mur en soubassement. Divers liquides sont employés dans ce but :

Le chlorure de chaux se décompose très-vite, au milieu des liquides sur lesquels on le projette, et le chlore naissant a une odeur très-désagréable qui cause un vrai malaise.

On fait usage d'un liquide appelé dans le commerce acide mirbane. On s'en sert pour aviver les surfaces salies et incrustées. Ce liquide désinfecte bien, donne une odeur rappelant celle de l'essence d'amandes amères, qui persiste assez longtemps et est relativement moins désagréable.

Le sulfate de fer peut également rendre de grands services.

Voici quelques formules pour la pratique :

On peut employer, pour laver et désinfecter les cabinets d'aisances et les urinoirs, un des mélanges suivants :

Chlorure de chaux 1 kilogramme.

Eau 13 litres.

Les solutions qui suivent conviennent pour jeter dans l'orifice du tuyau de chute :

Sulfate de fer 500 grammes.

Eau 10 litres.

ou bien,

Acide phénique 1 gramme.

Eau 100 grammes.

Ou bien encore on verse une petite quantité de plâtre ou d'argile calcinée, préalablement mélangée avec un peu d'acide phénique.

On arrive également à d'excellents résultats avec un produit très-bon marché, Y huile lourde de houille (1).

1. On aurait satisfait à un desideratum de l'hygiène générale, si l'on arrivait à supprimer le dégagement continu de gaz putrides en détruisant les ferments qui le provoquent, et conséquemment à soustraire la matière organique à la décomposition qu'elle subit dans les conditions ordinaires. Nous avons trouvé, dans l'huile lourde de houille, une substance satisfaisant d'une manière complète à ces indications. Elle s'est comportée, en effet, comme une substance antiputride de premier ordre, et son prix, de 8 à 10 francs les 100 kilogrammes, est assez minime pour n'apporter à son emploi aucune restriction.

L'huile lourde de houille n'a point eu jusqu'ici d'applications multipliées ; elle sert aujourd'hui presque exclusivement à imprégner les traverses de chemins de fer et les bois destinés à un séjour prolongé à l'humidité. Depuis quelques années, l'industrie des métaux l'a utilisée comme combustible.

On désigne sous le nom d'huiles lourdes les produits de la distillation du goudron, dont la densité est un peu supérieure à celle de l'eau, at dont le point d'ébullition est compris entre 210 et 300 degrés environ. Quand il est débarrassé de la naphthalinc en excès, c'est un produit très-fluide, de couleur rougeàtre et d'une odeur relativement faible ; il paraît constitué uniquement par un mélange d'hydrocarbures, dont quelques-uns ont été découverts et étudiés par M. Berthelot.

Les deux expériences suivautes ont été faites à la mairie du VIII e arrondissement par M. L. Dusart :

1° Sur deux réservoirs de 1 hectolitre de caçmVé. \tov^\\\x^\^>ù^

Nous nous bornons ici à ces indications que nous compléterons au paragraphe relatif aux Précautions à prendre en cas d'épidémies.

Propreté des locaux. Drainage. — On ne Saurait trop

insister sur la nécessité de la propreté absolue de tous les locaux de l'internat.

Nous avons déjà vu combien cette propreté importait dans la classe, l'étude, les réfectoires, les dortoirs, les lieux d'aisances, etc.

Toutes les parties de l'internat qui nous restent à examiner n'ont pas moins besoin de cette propreté essentielle à la salubrité.

Le drainage sera surveillé avec le plus grand soin.

Aucun ruisseau ne doit transporter à ciel ouvert les eaux de toilette, de lavage, de blanchissage ou de travail. Cela est nécessaire pour la propreté et la sécurité : les élèves étant exposés à se salir, ou même à se blesser ou à se brûler par le contact des eaux provenant des manipulations

lourde a été ajoutée après son emplissage qui a duré quinze jours; dans l'autre V huile a été mise dans le vase vide, et il a été rempli dans le même temps que le précèdent : des deux côtés la putréfaction est arrêtée complètement.

2° Sur une fosse cubant 40 mètres, plein3 à moitié, et dont la vidange ne doit être opérée que dans un an environ, l'odeur est nauséabonde, le dégagement d'ammoniaque contiuu. On y jette trois litres par mètre cube. Au bout de quelques jours toute odeur a disparu, même celle d'ammoniaque, au point de faire douter de l'existence de la fosse ; l'absence de fermentation est complète.

Les premières chaleurs du printemps, si favorables au développement des ferments, et celles de ces derniers mois, n'ont modilié en rien les conditions antérieures de l'expérience.

Il nous paraît certain que cette dose de 3 millièmes pourra être abaissée encore si, au lieu d'agir sur des produits déjà en pleine putréfaction, on a soin de jeter V huile lourde dans la fosse immédiatement après la vidange. (Séance de V Académie des sciences in Union médicale du 22 août 1874.)

chimiques. En outre, ces eaux fermentent au soleil, et peuvent donner lieu à des émanations malsaines.

Un drainage défectueux peut êlre une cause de production de fièvre typhoïde. ~

On ne doit tolérer aucun puisard dans l'intérieur des cours ou des dépendances de l'internat. Nous avons pu constater dans un établissement, où un puisard n'a été détruit qu'après plusieurs années, quelles infectes émanations sulfhydriques s'en échappaient à chaque changement de temps. Situé près de la cuisine et de l'infirmerie, ce puisard était un véritable foyer d'infection et un intolérable voisinage.

Darifc un terrain meuble, un semblable puisard peut infecter ainsi tout le sol sur lequel reposent les constructions, et 1 atmosphère ambiante.

Les canaux, caniveaux, tuyaux et rigoles qui servent au transport des eaux à l'égout, au départ des eaux impures, doivent êlre nettovés et surveillés avec soin.

Eau. Réservoirs et conduites d'eaux. — Mais la propreté

n'est possible qu'à la condition que l'eau soit abondante; rien ne doit être négligé pour que ce service soit assuré de la manière la plus libérale.

Indispensable pour la propreté générale, l'eau ne Test pas moins pour les services de l'alimentation, de l'arrosage, pour le cas d'incendie. Tout doit être prévu. On aura donc un réservoir assez vaste pour remplir au besoin ces différents usages.

L'eau doit être pure et de bonne qualité, puisqu'elle entre dans la boisson et la nourriture des élèves et du personnel.

On portera donc son attention sur la source, les moyens de conservation et de transport de l'eau destinée à l'alimentation et aux boissons.

Les eaux courantes sont en général préférables*

Les eaux de sources et de puils sonl plus dures, plus salines, moins aérées. Et quant à ces dernières, il faudra toujours être bien sûr que le puits ne reçoit aucune infiltration de provenance dangereuse ou suspecte.

L'ingestion d'eaux stagnantes ou marécageuses peut déterminer des fièvres intermittentes, de la diarrhée, de la dysenterie. Il n'est pas impossible que les miasmes de la fièvre typhoïde ou du typhus puissent être transportés par les eaux de boisson , bien qu'il reste toujours très-difficile de faire exactement la part imputable à l'air et celle qui tient aux eaux elles-mêmes.

^ L'influence de l'emmagasinage prolongé des eaux de boisson , l'action des réservoirs et conduites d'eau, rïe sont pas sans intérêt.

L'eau de boisson doit être épurée, filtrée.

Le meilleur système est de disposer un filtre à trois couches : sable, charbon, éponges, à la sortie du réservoir général. De la sorte on filtre toute l'eau qui sort; on est sûr ainsi qu'à quelque robinet que les élèves en prennent, ils n'auront que de l'eau filtrée. Ces filtres seront fréquemment nettoyés.

L'eau* attaque- t-elle les tuyaux de plomb, peut-elle dissoudre une partie du métal, et acquérir des propriétés toxiques? Si l'eau distillée, chimiquement pure, attaque très-activement le plomb, l'eau qui contient une notable proportion de sels calcaires est sans action sur le plomb; elle le recouvre d'une couche incrustante de sels qui le mettent à l'abri de toute oxydation ultérieure.

On fait beaucoup usage aujourd'hui, pour la fabrication des réservoirs et tuyaux destinés à conduire les eaux potables, de fer galvanisé ou zingué, c'est-à-dire recouvert d'une mince couche de zinc et devenu inoxydable.

Au contact de l'eau, il se forme sur le fer galvanisé une légère couche d'oxyde de zinc qui, sous l'influence de l'acide

carbonique de l'air, se transforme en carbonate. Ces sels que Ton trouve en suspension dans l'eau ne peuvent causer d'accidents. L'eau qui a séjourné dans des réservoirs et tuyaux^de ce genre contient aussi des sels solubles, sulfates et chlorures, lesquels ne seraient pas inolîensifs, s'ils ne se rencontraient toujours en minime proportion.

Toutefois, il est plus prudent de filtrer les eaux suspectes sur une couche de charbon : cette substance ayant la propriété d'absorber les sels métalliques.

Gymnase couvert; gymnase découvert. — H est important que tout internat ait un gymnase.

Doit-il être couvert ou découvert?

Les établissements très-importants qui pourront se procurer les deux, réuniront tous les avantages.

Que doivent préférer ceux qui sont réduits à choisir?

Le gymnase couvert permet les exercices par tous les temps.

Il est plus favorable pour l'ordre, la discipline, l'enseignement régulier, continué sans interruption.

Dans ce local, les élèves, vêtus légèrement pour les exercices, sont moins exposés à se refroidir pendant les repos.

Lé gymnase couvert permet d'utiliser les parties inférieures des murs et le toit de la construction, pour appliquer ou suspendre les agrès de la manière la plus économique, la plus commode et la plus sûre.

Un gymnase couvert n'exige qu'un espace de terrain assez restreint, et dans ces limites, le*sol peut être préparé avec soin dans toute son étendue, pour diminuer le danger des chutes.

Sous un gymnase couvert, les appareils et agrès, à l'abri de l'humidité, de la pluie, de la sécheresse, du soleil, sont pour ainsi dire indestructibles.

En revanche, le gymnase découvert présente les avantages d'un plus vaste espace, du grand air, jde l'action bienfaisante de la lumière.

Mais quand on a un grand espace à la disposition des élèves, y a-t-il une meilleure gymnastique que celle des jeux?

La gymnastique n'a-t-elle pas sa plus grande valeur là où l'espace fait défaut? On fait alors en hauteur des exercices que Ton n'a pas la place de faire en surface.

Sans doute, mais devant l'apathie, la résistance des élèves que l'on ne peut ramener aux jeux salutaires d'autrefois, la gymnastique est encore un moyen heureux de remplacer par des exercices obligatoires ces jeux aujourd'hui délaissés, ou la liberté parfois excessive de mouvements désordonnés par une activité musculaire plus intelligemment dirigée et plus mesurée.

Cela dit, l'idéal serait évidemment un gymnase couvert n'excluant ni l'air ni la lumière, et assez grand pour permettre des exercices variés.

C'est ce que l'on peut très-bien réaliser au moyen d'une construction légère, une sorte de hangar, en partie vitré, bien exposé, dont un des côtés resté libre et ouvert l'été, pourrait être clos l'hiver avec des rideaux ou des vitraux mobiles.

On y adjoindra un vestiaire pour le changement des vêlements, après les exercices.

On sera indemnisé du prix de cette construction, d'ailleurs peu coûteuse, par la conservation presque indéfinie du matériel et des agrès ainsi protégés.

Le sol sera disposé pour prévenir les accidents, et recouvert de sable fin, de sciure de bois ; on pourra même placer des paillassons très-épais, sous certains agrès du gymnase.

Quant aux agrès destinés à meubler ce local, et au choix des exercices, la commission de gymnastique a dressé une liste qui comprend tout ce qui peut être utile, et tend à exclure tout ce qui peut occasionner des accidents. Le cadre qu'elle a

tracé est assez large pour fournir les éléments du gymnase le plus complet, et pour permettre aux établissements obligés de se borner à de plus modestes installations, un choix convenable et judicieux!

jardins. — Outre la partie du terrain affectée aux constructions nécessaires, tout internat doit réserver un espace libre, destiné aux j,eux et récréations des élèves. Presque toujours fort restreint, cet espace libre consiste le plus sauvent en une ou plusieurs cours sablées, limitées par les bâtiments, et où figure au plus une rangée d'arbres étiques. Cette cour traditionnelle suffisait peut-être aux jeux et exercices physiques, quand on avait le goût des jeux. Aujourd'hui que l'on ne fait guère que s'y promener, ces préaux apparaissent avec toute leur monotonie, leur aridité, leur tristesse.

Pourquoi ne pas rompre avec ce vieil usage, et ne pas transformer au moins un de ces espaces nus et désolés en un jardin dont la verdure fournirait aux poumons, au lieu des flots de poussière qui s'élèvent de cette terre battue par plusieurs générations d'écoliers, un air pur, frais, vivifiant ; aux yeux un aspect plus gai que ce triste gravier borné par de tristes murs; et aux mains au besoin une occupation salutaire, qui pourrait utilement remplacer des jeux malheureusement passés de mode?

L'hygiène y gagnerait.

L'oisiveté physique et morale ne remplirait plus ce temps dit des récréations.

A se livrer à de petits travaux de culture et de jardinage, l'élève ne perdrait rien ; les premières notions de botanique feraient sans peine et sans effort leur chemin dans les intelligences reposées. Le travail de la classe serait préparé par les salutaires et agréables exercices du jardin.

Il ne faut pas négliger cette bonne et précieuse gymnastique qui résulte du travail si agréable du jarimaqe.^w^

nous rappelons avec plaisir les heureux moments consacrés dans les usages de plus d'un établissement d'instruction publique à cette excellente récréation. Qu'il y ait une gymnastique plus savante, des combinaisons de mouvements plus variées, nous n'en disconvenons pas; mais nous doutons qu'il y en ait une plus agréable et plus goûtée des élèves. Dans les écoles normales primaires, les travaux de culture, bien qu'obligatoires, sont en faveur auprès des jeunes gens. Tous les internats gagneraient à recevoir le même régime.

Il y a d'heureuses mais trop rares exceptions à la règle de l'aridité des cours, et de l'absence de jardins d'agrément. Les lycées de Caen, de Tournon, de Pau, de Vanves peuvent être cités à cet égard comme des modèles. A Paris même, M. Duruy avait tenté de faire disposer quelques plates-bandes de fleurs dans les cours destinées aux jeux des élèves. Ceux-ci ne les ont pas respectées, et on y a peut-être trop vite renoncé : c'était une éducation à faire.

Parmi les établissements libres, les grandes écoles de la Chapelle, d'Arcueil, de Juilly, offrent d'immenses étendues cultivées qui récréent les yeux et fournissent un air pur aux poumons de leurs élèves.

Plusieurs de ces maisons ont adopté les exercices de jardinage.

Pendant vingt ans au moins, le lycée de Caen a fourni à ses élèves de petits jardins que ceux-ci se disputaient le plaisir de cultiver.

Le lycée de Moulins a aussi connu celte ardeur pour le jardinage. Peut-on espérer que le goût pour cet excellent exercice et cette salutaire récréation renaisse de l'oubli profond où il est tombé? La mode a de ces retours.

Fontaines. — Cour ou jardin, l'espace réservé aux récréations doit contenir une fontaine, au robinet de laquelle

les élèves viennent prendre l'eau nécessaire, soit pour se laver après le jeu, soit pour boire.

Dans les grandes chaleurs de l'été ou après les exercices violents, des précautions sont nécessaires pour que les élèves n'abusent pas de celte boisson froide.

Nous avons vu maintes fois des accidents survenir à la suite de l'ingestion d'une certaine quantité d'eau froide prise dans ces conditions : des dérangements d'estomac, d'intestins, des dysenteries même peuvent suivre ces abus.

La prudence exige que les fontaines soient fermées pendant les grandes chaleurs. On fait alors préparer et distribuer, comme il est dit plus loin, des boissons toniques spéciales, calmant la soif, et ne pouvant mettre en danger la santé des élèves.

Un pas de vis adapté au robinet des fontaines des cours ou jardirfs permet d'y attacher un tuyau de caoutchouc terminé par une lance, afin d'arroser ces espaces, d'y abattre la poussière, ou même pour porter secours en cas d'incendie.

Salles spéciales pour les exercices militaires, pour les

arts d'agrément. — Un internat bien installé doit avoir des salles spéciales pour les exercices militaires, pour l'escrime, pour la danse et pour la musique instrumentale.

La salie «Jarrets. — Nous voudrions n'émettre qu'un vœu à propos de la salle d'arrêts, ce serait de la voir supprimer absolument. Nous en donnons les raisons au Livre III, à propos des punitions. Mais, comme notre vœu pourrait bien encore tarder à être exaucé, disons en quelques mots ce qu'est généralement cette salle, et ce qu'elle devrait être, en attendant qu'elle disparaisse tout à fait.

Autrefois, la salle d'arrêts méritait bien le nom de cachot qui lui était donné. C'était une véritable cave, sombre et humide, où l'élève était renfermé plus ou moins longtemps.

L'horreur du lieu où il était emprisonwfe YtocatcùM&&^.

réformer son caractère ou ses habitudes, et à prendre de sages résolutions? C'est au moins douteux.

Mais ce qui n'est que trop certain, c'est que l'élève trouvait dans ce lieu de punition des dangers réels.

L'humidité de cette cave, la peur déterminée par l'obscurité du lieu, par la solitude, ou bien la certitude d'échapper à toute surveillance, le désœuvrement, l'abandon mettaient en péril sa santé et sa moralité. *

Que le cachot ait pu débarrasser le maître ou ses condisciples d'un turbulent ou d'un indiscipliné, c'est possible; mais a-t-il jamais rendu meilleur celui qui était ainsi puni? N'a-t-il pas trop souvent ajouté l'occasion de nouvelles fautes à d'incorrigibles dispositions?

La salle d'arrêts d'aujourd'hui ne répond plus à l'antique cachot. Il y a cependant encore dans certains établissements des salles d'arrêts que l'on ne tolérerait pas damrune conciergerie.

En ce qui concerne les établissements de l'État, le rapport ministériel de 1865 réglait la question; il demandait que « cette salle fût suffisamment éclairée, chauffée et surveillée ».

Voilà la salle sombre, froide et humide qui disparaît ou va disparaître.

On a supprimé l'oisiveté, qui ne déplaisait pas toujours à celui qui était envoyé aux arrêts : on impose maintenant une tâche à accomplir.

L'élève aux arrêts n'est plus dans l'isolement; il est l'objet d'une surveillance constante : un maître doit partager la réclusion de l'élève, dans une pièce contiguë, d'où il surveille son prisonnier : trisle besogne !

Si l'hygiène n'a plus rien à reprendre au point de vue

des conditions matérielles de local et de surveillance où

s'exécute maintenant celte peine, au moins, dans la plupart

v^lfrands établissements d'instruction publique, nous ver-

rons qu'elle a plus d'une réserve à faire et d'une objection à élever contre ces interminables tâches, sans trêve et sans repos, auxquelles on demande en vain la réforme de la paresse ou delà conduite des élèves.

La cuisine et les annexes. — Dans le plan de l'internat, la cuisine doit être située de telle façon qu'elle puisse recevoir ses approvisionnements, et renvoyer au dehors les restes et les détritus par une porte spéciale, afin que les allées et venues des gens étrangers à la maison n'apportent ni bruit ni trouble dans l'internat, et qu'aucune mauvaise odeur ne se répande dans les parties habitées par les élèves.

Mais, en même temps qu'elle doit avoir une entrée et une sortie indépendantes, et une cour spéciale, la cuisine doit être située assez près de la salle à manger ou des réfectoires pour que les mets arrivent chauds sur les tables, et que les domestiques n'aient pas un trajet trop long à parcourir.

L'architecte aura à combiner ces diverses exigences.

Elles nous ont paru avoir été admirablement comprises et avoir reçu une excellente solution au lycée de Vanves et à l'Ecole normale supérieure, où les cuisines aussi proches que possible des réfectoires sont à distance convenable des autres services.

La cuisine bien placée, comment assurer la salubrité dans toutes les dispositions de détail?

On retrouve ici, multipliés par l'importance des habitations collectives, les inconvénients et les desiderata des demeures particulières.

Les détails de l'installation sont plus du domaine de l'architecte que de l'hygiéniste.

Nous nous bornerons à réclamer, pour une cuisine toujours en activité, une aération, une ventilation non ménagées ;

Une disposition des fourneaux qui ne Vateafc^raX^^AwM*

culinaires se répandre dans la salle ni dans le voisinage.

A cet effet, le fourneau sera disposé au-dessous d'un manteau dépassant dans ses dimensions le fourneau luimême, manteau destiné à entraîner les odeurs par la cheminée, où les dirige le courant d'air chaud ascendant.

L'auteur du Manuel de ventilation conseille « l'allumage au bas de la cheminée de cuisine et près de son tuyau de fumée, d'un ou de deux becs de gaz, que l'on ferait brûler seulement pendant le temps de la préparation des aliments; cela serait, pour la plupart du temps, suffisant pour produire un appel capable d'enlever toutes les odeurs. » l

Une propreté absolue du sol de la cuisine, des fourneaux, des tables, des ustensiles.

Le sol doit être revêtu de dalles très-exactement jointes, ou de bitume : car il doit être imperméable et facile à laver. Une légère inclinaison permettra l'écoulement des liquides.

Les ustensiles de cuivre ou de fer battu servant à la cuisson ou à la préparation des mets doivent être d'une propreté irréprochable, non-seulement de cette propreté extérieure qui satisfait l'œil et prévient le jugement, mais surtout de cette propreté intérieure, trop souvent sacrifiée à la première. On visitera de temps à autre les ustensiles de cuivre, et on veillera à leur étamage régulier, de crainte d'accidents.

La propreté de la cuisine, des fourneaux, des tables et des ustensiles n'est pas toujours une garantie de la propreté dans la préparation des aliments; mais elle est la première condition à exiger, et une de celles sur lesquelles doit porter d'abord la surveillance.

Les fourneaux doivent être disposés de façon que la chaleur perdue soit utilisée pour le chauffage d'une certaine

/. Général Morin. Op. cil.

quantité d'eau, toujours prête pour des bains de pieds ou des bains ordonnés par le médecin, en dehors des bains réglementaires.

Le rôti de four diffère complètement du rôti de broche, pour la sapidité et les propriétés alimentaires et réparatrices.

Il est incontestablement moins bon.

Mais il revient moins cher, car on ne dépense pas plus pour utiliser le four qui fait partie du fourneau que pour ne pas en faire usage.

De plus, quand il s'agit de préparer du rôti de broche * pour un très-grand établissement, il faut une installation spéciale, et beaucoup de temps, dans les circonstances ordinaires. . '

J'ai vu au lycée de Van ves, une cheminée fort bien agencée pour ce service spécial. De nombreuses broches superposées tournent devant un feu très-vif de bois, dont la combustion est activée par une hélice installée dans le corps de la cheminée. Grâce à ce tirage, l'opération marche régulièrement et très-vite, et donne d'excellents résultats.

On a aujourd'hui établi dans les cuisines de beaucoup d'hôpitaux des cheminées spéciales pour la préparation du rôli de broche. La dépense est peu élevée, quand on a un tourne-broche d'une puissance suffisante pour cuire toute la viande nécessaire en une fois.

On m'a montré, dans un très-grand pensionnat, une cuisine sans fourneau. Tout y est préparé par la vapeur. Autour de la pièce, il y a une douzaine de bassines hémisphériques de grandeurs variées. Un tuyau de vapeup venant du générateur se termine dans l'espace compris entre les parois du double-fond de chaque bassine. L'ouverture d'un robinet établit la communication, et l'eau d'une immense marmite (200 litres) est portée à l'ébullition en q^Vq$is& minutes. Le jour de ma visite, le dmfct eom^\fc\v^N^^^

de rôti. On m'a ouvert une sorte de grande armoire de fer chauffée par la vapeur ou même par le tuyau de fumée du foyer, serpentant autour de chaque tiroir. C'était sur ces tiroirs horizontaux superposés que cuisaient les portions toutes découpées d'avance du rôti (de four) du dîner. Rien de plus propre et de plus simple qu'une cuisine installée sur ce modèle. Il faut ajouter que cela est très-économique.

On doit trouver dans la cuisine des balances destinées à vérifier le poids des portions servies aux élèves.

La cuisine a deux annexes qui intéressent l'hygiène, chacune à un point de vue différent.

La dépense. — La dépense , où Ton conserve quelques provisions et notamment le pain, doit être un local sec, aéré, éloigné de la laverie, à l'abri de toute mauvaise odeur. Les casiers destinés à placer le pain seront disposés de façon à éviter l'humidité, par conséquent ils seront éloignés des murs et disposés à claire-voie.

La laverie. — La laverie a tous les inconvénients d'un établissement incommode et insalubre. Si elle n'est pas bien aérée, bien ventilée, si les eaux grasses y séjournent, si le sol n'en est pas imperméable, en penle, si l'écoulement des liquides ne se fait pas rapidement, elle répand des vapeurs et des odeurs infectes.

Il est de toute nécessité que cette annexe soit placée de manière à ne gêner aucun des autres services;

Que les eaux de la laverie ne séjournent pas dans des ruisseaux à ciel ouvert, mais qu'elles soient transportées à l'égout par des caniveaux de fonte ayant une pente suffisante. D'abondants lavages, les eaux pluviales dirigées dans ces conduits entraîneront toute mauvaise odeur. Il ne faut pas oublier que les matières organiques contenues dans ces eaux agissent sur les sulfates du sol pour donner un dégagement d'acide sulfhydrique aussi malsain que désagréable.

Aucun amas de ces eaux ne doit être toléré dans le voi-

sinage des établissements. Les puisards de ce genre ont souvent porté l'infection dans un sol trop meuble, et déterminé plus d'une lois des épidémies de fièvres graves, qui n'ont disparu qu'en détruisant cette cause.

Buanderie. — Tout internat, placé dans des conditions convenables doit être pourvu d'une buanderie où se fait le blanchissage du linge des élèves. On évite ainsi le mélange qui a lieu dans les blanchisseries générales. C'est aussi le seul moyen d'assurer le blanchissage à part du linge provenant des malades ou de l'infirmerie, condition hygiénique essentielle, et qui seule peut prévenir l'extension, et la propagation des maladies contagieuses. L'installation d'une buanderie comporte des détails assez compliqués, si l'on veut que ce service soit fait avec rapidité, que le linge soit bien lavé et bien séché. Elle demande beaucoup de place, beaucoup d'eau, et une aération convenable : conditions qui, dans la pratique, restreignent nécessairement les applications de cette utile annexe. La dépense ne doit pas être calculée sans faire entrer en ligne de compte l'avantage d'avoir toujours, sans frais nouveaux, une provision d'eau chaude nécessaire pour les bains de pieds et pour les grands bains.

La buanderie a quelques inconvénients qui doivent être signalés. Elle est une cause d'humidité. L'odeur nauséabonde des lessives est insupportable. L'écoulement des eaux de savon demande des précautions spéciales sur lesquelles on a insisté plus haut.

On évite les autres inconvénients en reléguant la buanderie à l'une des extrémités des constructions, et surtout en ne la plaçant pas sous le vent dominant.

2° Bâtiments réservés aux services de la direction et de

radminist ration. — Cette partie de l'internat ne figure guère ici que pour mémoire. Ce n'est pas qu'elle satisfasse toujours dans la pratique à toutes les tfe%\fe* ^\V\^vksn&\

mais au moins elle échappe aux chances et aux dangers de l'encombrement. En général, il y règne un confortable relatif; parfois même les architectes ont réservé d'une manière un peu trop exclusive pour cette partie de rétablissement tous leurs soins et toutes leurs attentions. En tout cas, les directeurs peuvent plaider leur cause; ce livre a surtout en vue les intérêts des élèves qui ne peuvent défendre les leurs.

Les locaux destinés aux directeurs, proviseurs, censeurs, préfets des études, économes, doivent être aisément accessibles aux élèves comme aux familles; les communications doivent être faciles et rapides entre ces services qui ont tant de points de contact et ont à se prêter un mutuel appui sur tant de questions. Le plan qui réserverait à la direction et à ses dépendances, un pavillon ou des pavillons distincts, situés au centre de rétablissement, répondrait au mieux à ces conditions essentielles. Le censeur, l'économe auraient aussi chacun leur pavillon spécial.

Les chambres des surveillants seront disposées de manière à rendre le service aussi facile et le contrôle aussi efficace que possible*. Il est de toute nécessité que ces fonctionnaires soient logés d'une manière convenable.

L'appartement des aumôniers sera situé à proximité des deux points principaux où les appellent plus particulièrement leur service : la chapelle et l'infirmerie.

Les pavillons contenant les différents services seront trèsutilement reliés entre eux, pour la facilité et la commodité des communications, par des chemins bitumés, et couverts d'un vitrage supporté par une légère construction en fonte.

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