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VI ' PRÉFACE

du milieu où il vient s'instruire; externe, il n'est séparé que pour quelques heures chaque jour de la famille dans le sein de laquelle il vit encore, et où il reprend sa place dix-huit heures sur vingt-quatre.

11 n'en est plus de même de V élève admis dans l'internat. Ici, les conditions du nouveau milieu sont absolues, exclusives. Elles exercent leur influence, non plus sur quelques heures par jour et sur une période de quatre ou cinq ans au plus, mais sur dix années entières de la vie de l'élève. Là famille de V élève interne a abdiqué; elle a aliéné, autant que cela est possible, sa responsabilité; et son intervention limitée ne s'exerce plus que par procuration.

Séparé des siens, l'enfant appartient désormais à l'institution, lycée, collège, pensionnat, université, qui, pendant plusieurs années, va se substituer à la famille et s'efforcer d'en remplir les devoirs. C'est là que l'élève travaille, qu'il se nourrit, qu'il veille, qu'il dort, qu'il apprend à penser, qu'il prend ses modèles; c'est là qu'il conserve, ou qu'il peut compromettre sa santé.

Dans ces conditions, que devient l'hygiène physique, intellectuelle et morale de la jeunesse?

Ce qui ajoute encore à l'intérêt de cette recherche, c'est la considération tirée du nombre des élèves qui, à l'heure présente, reçoivent l'instruction à divers degrés dans des internats.

D'après la statistique de 1865, il y avait dans nos éta-

PRÉFACE. vu

blissementsd'enseignementsecondaire,publicsetlibres, près de 80000 élèves internes ou demi-pensionnaires.

Les choses en sont à peu près au même point aujourd'hui.

Que dis-je, au même point? Ne voyons-nous pas l'État agrandir ses lycées, les collèges communaux se développer, la ville de Paris reconstruire plus vastes et plus importants ses collèges municipaux, où l'internat occupe une large place ; les établissements libres ouvrir chaque jour de nouveaux pensionnats?

De son côté, l'enseignement supérieur de l'État songe-t-il à réduire ses grands internats si justement estimés : l'École polytechnique, l'École de Saint-Cyr,

k l'Ecole normale?

Enfin, renseignement supérieur libre ne va-t-il pas lui-même multiplier loin du bruit, loin des distractions et des funestes entraînements de nos grandes villes, des asiles où, sans danger pour sa santé, son travail et sa moralité, l'étudiant suivra ses cours de lettres, de médecine et de droit, sous le régime tutélaire d'un in- [ ternat plus ou moins mitigé?

L'internat est un fait. Pour longtemps encore, c'est une nécessité.

Critiques et protestations n'ont abouti ni à le supprimer ni même à le restreindre.

Puisque l'internat s'impose, exigeons du moins qu'il présente des garanties sérieuses.

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