‹ 2. édChapitre 51 sur 70 · OS · texte numérisé non relu

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Cette distribution du temps représente 7 heures de travail et 2 heures et demie de récréations avec une demi-heure de gymnastique par jour pour la première division ; et 7 heures un quart de travail, et 1 heure trois quarts de récréation par jour, pour la seconde.

On ne distingue pas la classe de l'élude.

La durée d'une classe-étude ne dépasse jamais une heure et demie.

Cet emploi du temps, applicable à l'externat, a dû subir quelques modifications pour l'adapter à l'internat.

En outre de la durée de travail ci-dessus indiquée, les internes de la l r0 division ont une étude de une heure le malin, de 7 à 8 heures; et le soir, après le dîner, une autre étude de une heure; de 7 à 8 heures, mais ces études sont consacrées à la lecture.

Les élèves internes de la 2° division ont le matin une étude, depuis 6 heures et demie jusqu'à 8 heutes, et après le dîner, une étude de deux heures, de 7 à 9 heures.

Cependant les devoirs donnés aux élèves ne correspondent pas à ces trois heures et demie d'études. On calcule que les élèves doivent travailler, en première année de la 2° division, une heure et demie, en dehors du temps de présence des externes à l'école, et deux heures et demie dans la cinquième année. La durée du travail exigé augmente graduellement de la première à la cinquième année *.

1. Turgot, frappé des défauts des vieilles méthodes d'enseignement, disait :

« On nous apprend tout au rebours de la nature. Voyez le rudiment : on commence par vouloir fourrer dans la tête des enfants une foule d'idées les plus abstraites. Eux que la nature tout entière appelle à elle par tous les objets, on les enchaîne dans une place ; on les occupe de mots qui ne peuvent leur offrir aucun sens, puisque le sens des mots ne peut se présenter qu'avec les idées, et puisque ces idées ne sont venues que par degrés, en patVatvV. tos vfc\c\& ««ra&ta». Mrà encore

Nos pédagogues montrent un trop grand et injuste dédain pour la question des jeux et des récréations des élèves, oubliant combien ces heures de repos et de distraction sont utiles à la santé générale, et favorables à ce travail intellectuel dont ils négligent aveuglément un puissant auxiliaire.

Il est bon de leur rappeler que Platon, une autorité qu'ils ne récuseront pas en matière d'éducation, était loin

on veut qu'ils les acquièrent sans avoir les secours que nous avons eus, nous que l'âge et l'expérience ont formés. On tient leur imagination captive; on leur dérobe la vue des objets par laquelle la nature donne aux sauvages les premières notions de toutes les choses, de toutes les sciences même, de l'astronomie, de la géométrie, des commencements de l'histoire naturelle.

» Un homme, après une très-longue éducation, ignore le cours des saisons, ne sait pas s'orienter, ne connaît ni les animaux, ni les plantes les plus communes. Nous n'avons point le coup d'œil de la nature. »

L'enseignement de choses, l'enseignement concret étaient déjà indiqués comme une amélioration urgente aux deux degrés, primaire et secondaire.

L'idée était semée.

Il fallait des années pour qu'elle germât.

En 1863, M. Duruy en fit une application en créant l'enseignement secondaire spécial.

L'enseignement concret a pris place dans l'école primaire.

La méthode d'enseignement adoptée de nos jours à YEcole Monge est également fondée sur la nécessité de donner aux faits une plus grande place dans l'enseignement, et de suivre fidèlement les indications de la nature pour l'ordre dans lequel sont cultivées les facultés de l'élève.

« Cette méthode de YEcole Monge, disait dernièrement M. Legouvé, dans une solennité scolaire, en quoi consiste-t-elle? Sur quoi reposet-elle? Sur un fait que chacun de vous peut vérifier. Je suis entouré ici de pères, même de grands-pères; eh bien, prenez votre fils encore enfant, ou votre petit-fils; entrez avec lui chez un paysan, chez un manufacturier, chez un millionnaire, et interrogez-le en sortant, vous serez épouvanté de tout ce qu'il aura vu, en cinq minutes dans cette chambre. En cinq minutes, il aura fait l'inventaire des mues,, des meubles, des objets d'art, des matrant&cta te \.towè\.» tes» \rkv-

de professer le même mépris pour ces distractions nécessaires :

« C'est merveille combien Platon se montre soigneux en ses lois de la gayeté et passe-temps de la jeunesse, et combien il s'arreste à leurs courses, jeux, chansons, saults et danses; desquelles il dit que l'antiquité a donné la conduite et le patronage aux dieux mêmes *. »

Nous sommes loin d'avoir suivi ces sages exemples, et un ministre de l'Instruction publique s'est chargé de faire luimêrne^ à cet égard, la critique des habitudes universitaires:

« L'ancienne Université n'aimait pas les récréations; la nouvelle n'a rien changé à ce système. Il y aurait lieu de modifier quelque peu l'ordre des exercices et de distribuer autrement la journée de nos élèves.

» Je voudrais des classes moins longues et des récréations plus nombreuses, remplies par des exercices qui développent les forces et l'agilité. Le travail n'y perdrait rien, et la santé y gagnerait 2 . »

turcs; un expert, dont c'est le métier, n'irait pas si vite. Qu'en conclure? Que les enfants sont nés commissaires-priseurs : c'est-à-dire qu'ils ont une incomparable puissance de regard, et que leurs yeux sont leurs premiers et leurs plus sûrs instituteurs. Commencez donc leur éducation par l'apprentissage de ce qui se voit. Débutez avec eux par les leçons de choses, par les leçons de faits, par les sciences d'observation ! Que ce soit seulement après avoir rempli et nourri leur esprit de la connaissance du monde extérieur, que vous les ameniez à l'étude des abstrmetions grammaticales ou autres! Cultivez enfin les facultés de l'enfance dans l'ordre où la nature les produit. Tel est le système de Y Ecole Monge. On ne supprime pas les langues anciennes. On les ajourne. Et on les apprend plus vite, parce qu'on les apprend plus tard. »

L'idée est donc largement mise en pratique. Son application a dû modifier l'emploi du temps. I/expéricnce montrera ce qu'il faut attendre de la méthode.

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