‹ 300 animalcules infusoires, dessinés à l'aide du microscopeChapitre 1 sur 10 · CHARLES CHEVALIER · texte numérisé non relu

CHARLES CHEVALIER

Palais-Royal, 163.

IMPRIMERIE d’Édouard proux et comp.

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Lorsque la science marche elle doit ressembler à la vérité qui, dans sa route, déchire successivement les voiles qui rentourent, et se montre enfin dans tout son éclat. Il est des époques où la progression est si rapide , qu’à peine a*t-on le temps de revenir de réblouissement déterminé par les découvertes nombreuses qu’enfante coup sur coup le génie de ces hommes rares à qui la nature semble avoir donné la mission de découvrir ses merveilles.

Alors que la science des recherches microscopiques était encore dans l’enfance , que la découverte des plus grossiers détails passaU pour extraordinaire, s’il s’était trouvé un homme qui eût dit : (( Ces découvertes ne sont que les premiers degrés de l’échelle , au sommet sont les merveilles ! Dans

une seule goutled’eau des myriades d’ôlres naissent, se développent , vivent et se reproduisent soumis à des besoins , à des passions comme les êtres de l’ordre le plus élevé, soumis comme eux à toutes les lois de la nature qui les rappelle enfin au point de où s’établit l’égalité générale; » à cet homme on eût répondu par des mots de pitié , heureux encore s’il n’eût pas éprouvé le sort des martyrs de la science.

Aujourd’hui ce nouveau monde est découvert ; bien plus, il existe des classifications! Ces êtres imperceptibles à l’œil nu , sont rangés méthodiquement par familles, par genres. Les phénomènes de leur existence , de leur développement , de leur reproduction , ne sont plus un mystère. La physique, cette science universelle , nous a dévoilé ces admirables secrets , et si l’on n’est pas arrivé au sommet de l’échelle, c’est que la nature est infinie.

Frappés de cet admirable spectacle , de laborieux observateurs ont consacré leur existence à l’etude ' de ce monde invisible. Le nombre des infusoires s’est accru chaque jour; on a surpris leurs formes , leurs mœurs, et l’histoire naturelle embrasse de nouveaux domaines. Pour nous, simple observateur caché dans la foule , notre mission n’est pas de révéler des mystères , mais bien de contribuer de tout notre pouvoir à la propagation de la science.

Les recherches continuelles que nous faisons depuis 1823 dans le désir d’améliorer les instrumens destinés

à de si belles découvertes, nous ont mis dans l’obligation de connaître les différens travaux qui peuvent

avoir quelques rapports avec notre genre d’études,

Nos relations si précieuses avec un grand nombre de savans , ont été pour nous une autre mine explorée avec une scrupuleuse attention.

Nous croyons qu’il peut être utile de communiquer ce que nous avons acquis , c’est là le but des

NOUVELLES INSTRUCTIONS SUR l’uSAGE DES MICROSCOPES ,

que nous allons prochainement publier.

Dans le principe , cet ouvrage devait être suivi d’un extrait de celui de Pritchard sur les infusoires , mais des circonstances indépendantes de notre volonté ayant retardé cette publication, nous avons pensé que les amateurs nous sauraient gré de leur donner préalablement l’abrégé sur les infusoires.

Nous le répétons, cet opuscule n’est qu’un extrait de l’ouvrage de Pritchard où se trouvent des détails importans sur les divers individus , leurs habitudes et leur classification. Ayant acquis de l’auteur la propriété des planches , nous joignons à notre abrégé les figures de plus de trois cents infusoires gravées sur acier , en Angleterre. Notre but est de mettre les amateurs à même de reconnaître et de ^nommer les individus qu’ils rencontreront dans leurs recherches , et de leur fournir' quelques indications sur les moyens de se procurer les infusoires. ' . -

Ce petit travail sera le complément indispensable de nos instructions sur l’usage des microscopes , où l’on trouvera tous les renseignemens nécessaires pour voir , avec la plus grande netteté , les animalcules, et en général tous les objets soumis à l’instrument.

Charles Chevalier.

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