RUE RICHELIEU
« Niliil est enim illi priodpi Deo, qui oinueni hune mundum régit, quod quidem in terris flal, aeeeptius, qiiam concilia cuetiisque hominum jure sociati, quæ civitates appelluntur. »
(CiCER., -S'omn. Scip.)
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DE LA DIGNITÉ ET DE l’ÉGALITÉ DES NATIONS, DE LEURS TITRES ET AUTRES MARQUES d’hONNEUR.
g 35. — De la dignité des nations, ou États souverains.
Toute Nation, toiU État souverain et indépendant mé^ \ rite de la considération et du respect, parce qu’il flgure^ > immé^atementjlaûsja grande société du genre humain, qu’il est indé^endauLde tout pouvoir sur ja terre, et qu’il ëstjin assemblage d’un grand^nqmbre d’hommes, plus considérable sans doute qu’aucun individu. Le souverain représente la Nation entière; il en réunit dans sa personne toute la majesté. Nul particulier, fût-il même libre et indépendant, ne peut faire comparaison avec un souverain : ce serait vouloir s’égaler seul à une multitude de ses égaux. Les Nations et les Souverains sont donc en, môme temps et.ilaûsJ’obligation et en droit de maintenir leur ; dignijéj et de k faire respecter^ comme une chose impor- l tante à leur sûreté et à leur tranquillité.
g 30. — De leur égalité.
Nous avons déjà fait observer (Pré/im., § 18) que la ■ nature a établi une parfaite égalité de droits entre les |
Nations indépendaiiles. Aucune, par^conséquenl, ne peut natureilcnient prétendre de prérogative. Tout ce que là, qualité de Nation libre et souveraine donne à l’une, elle le donne aussi àj’autre ' .
g 37. — De la préséance.
Et puisque la préséance ou la primauté de rang est une prérogative, aucun souverain ne peut se l’attribuer naturellement et de droit. Pourquoi des Nations qui ne dépendent point de lui, lui eéderaient-elles quelque chose malgré elles? Cependant comme un État puissant et vaste est beaucoup plus considérable dans la société universelle qu’un petit ÉAat, il est raisonnable que celui-ci lui cède, dans les occasions où il faut que l’un cède à l’autre, comme dans une assemblée, et lui témoigne ces déférences de pur cérémonial, qui n’étent point au fond l’égalité, et ne marquent qu’une priorité d’ordre, une première place entre égaux. Les autres attribueront naturellement cette première place au plus puissant, et il serait aussi inutile que
• Par l’égalité des nations, on entend que les droits de chacune doivent être respectés autant que ceux de toute autre, sans distinction de celles qui sont puissantes, ou de celles qui n'occupent qu’un rang secondaire sur la carte des peuples (Voir Martkss, Précis du Droit des gens moderne de l'Europe, édit. Guillalmi.v, t. I, I 125, p. 322 ; KlDber, Droit des gens moderne de l'Europe, édit. Guillaumin, 1 89, p. 116 et 1 17). « Il n’y a pas de petit peuple, dit Victor Hugo. La grandeur d’un peuple ne se mesure pas plus au nombre que la grandeur d’un homme ne se mesure à la taille. L’unique mesure, c’est la quantité d’intelligence et la quantité de vertu. Qui donne un grand exemple est grand. Les petites Nations seront les grandes Nations le jour où, à côté des peuples forts en nombre et vastes en territoire, qui s’obstinent dans les fanatismes et les préjugés, dans la haine, dans la guerre, dans l'esclavage et dans la mort, elles pratiqueront doucement et fièrement la fraternité, abhorreront le glaive, anéantiront l’écbafaud, glorifieront le progrès... Les mots sont vains si les idées ne sont pas dessous. Il ne suffit pas d’être la république, il faut être encore la liberté; il ne suflit pas d’être la démocratie, il faut encore être l’humanité... » [Lettre à M. le pasteur Bost, de Genève, Hauteville-Housc, 17 nov. 1862, Journal la Presse, 2'i nuv.). 1*. P. F.