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Domination de l'évéque. — Tendances consulaires du commerce. — ^Le clergé ne peut ni les satisfaire ai les contenir. — Le peuple sUnsurge— d'abord en gardant l'apparence de la floamission,— eosnite en renouvelant ses instittttiona.— DiMÎmulation.— Seeondo popolo et aes parlementa. -~ Les consuls à la merci du peuple, — qui est ennemi du pape dans les Ëtata de l'Eglise et de l'empereur dans T^talie impériale*

L'Allemagne, la France, l'Angleterre, l'Ecosse, les ' divers Etats de TEurope n'avaieoi pas encore épuisé à moitié la réYolutioa des évéques, qae daas les Tilles italiennes où elle était née» elle se trouTail attaquée par une nouvelle révolution, d*abord obscure et indé- Cl se, puis si éclatante et scandaleuse que tous les évêquesde la chrétienté en étaient ébraules dans leurs ciiaires.

Considérée dans les forces élémentaires de la ville idéale, la révolution dés évêques avait mis sur la scène deux personnages distincts, ayant des tendances opposées et des influences contraires. Le premier, c'était

Févêque , être prodigieux , surnaturel, divin, interprète du ciel, juge au nom de Dieu dans le mystère des ordalies, et, par surcroît, maître de toute domination temporelle, car d'après les idées reçues, d'après tous les diplômes les plus anciens comme les plus récents» la loi féodale ne s'effaçait que devant lui; et là où sa juridiction cessait, le peuple, la multitude, les conseils,

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la viiîe, la campngne, tout retombait sous la jnridictioQ militaire des comtes, des ducs et des marquis, Son influence, sa tendance étaient toutes religieuses et transmondaines^ et en les suivant Jusqu^au lx>ut, on serait arrivé à cet état de perfection idéate où tous les citoyens auraient vécu dans radoraiion du pape^ dans Fascétisme le plus exemplaire , sans souci des affaires d*ici-bas, et préférant les vt rkis du célibat aux tracasseries misérables et vulgaires de la famille.

Le second personnage au contraire ^ qui s'élevait à o6té de révéque» était le peuple^ être étrange, multiple, vulgaire et très-peu célibataire, tout occupé d*acfiats, de ventes^ de commerce^ d'industrie, très-attaché aux biens de ce monde, au besoin cupide, avare, jaloux, anibitieux, vaniteux, et doué de toutes les qualités qui donnent gain de cause au démon tentateur, quand il offre la terre en échange du ciel. Ce peuple est si peu de chose qu'il fait pitié ; mais sous le dôme épiscbpal il a acquis une sorte de forme embryogénique, des organes, des membres, une tête, les consuls; des pieds, des bras, la multitude. Il peut se mouvoir et se lever, il quitte le dôme, se traîne sur la place, où il apprend que lui et l'évêque font deux; et puisqu'il a combattu avec son chef spirituel contre le comte et contre les nominations impériales, n'est^il pas juste qu^il partage avec lui la victoire? Gomment supporter que révéque sotttoutet le peuple rient Est-il raisonnable que l'évêque, si près de Dieu, règne sur des affaires complètement étrangères à l'Évangile? Ne faut-il . pas séparer le ciel de la terre, l'autel de la boutique, le confessionnal du lit conjugal, Tordalie, frès-édifiante d'ailleurs, du jugement des consuls sur les contestations de terre et de mer ?

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Lorsque la cioùlc épaisse des préjuges d'une époque est perforée sur un poinUi petit qu'il soit, le sens commua en jaillit comme Teau de source, et le jour où ce reptile dédaigné qu'onnomme le peuple entame avec ladeni des consuls et les ongles de la multitude la juri* diction ecdésiaslique^révêque se trouve dans Timpossi^* biliié de conseryer son antique suprématie.

Le tact des allaires, la science de ce monde, la pratique des amies, la politique vivante, réelle, envaliissante de l'industrie, le meltent en déroute; s il veut protester, on hausse les épaules; s'il veut lancer Tana* tbème^ il provoque des colères; s'il veut résister, on le tient par rélection, par la peur^ par ses vices mêmes» qu'on intéresse à sa déchéance , en offrant de la lui payer en argent. Peu à peu, il vend en détail, au rabais, sa principauté ecclésiastique^ et s'il veut combattre, la falaiite ne lui donne plus que des capitaines maladroits; sa clientèle cléricale ne lui fournit que de vieux nobles en banqueroute; a la première rencontre^ il est vaincu et relégué dans sa eathédralei où il reste à l'état de document ou de symbole Juridique, comme un parchemin dans une armoire gothique fermée à double tour au loud d"iui palais.

C'en est fait du vieux pacte de Cliarlemagne; le comte, qui ralliait la ville à Tempereur, est brisé depuis près d'un siècle ; Tévêque, qui la ralliait au pape, n'est plus qu'une illusion détruite ; le peuple» abandonné pour la première fois à lui*même, éprouve un frisson de volupté et de terreur ; pour la première fois détaché du rivage, son navire flotte sans que les ancres mordent le fond. La douce superstition des vieux temps s'évanouit avec 1 antique crédulité politique. Dieu recule dans le lointain du ciel> fatigué de multiplier les mira-

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des 8or It terre; le peuple, forcé d'agir en son propre

Dom, sent peser sur lui la lourdt; resfjonsabilité de son action, que le pape, rempereur, les comtes, les barons, tous les ieudalâires de la campagne, tous les habitants des tours crénelées, des donjons à meurtrières, des palais à pont-levis, doi¥ent considérer comme un crime inouiy qui mérite une Yengeance exemplaire. Dans toute l'étendue de l'Europe , personne ne conçoit une liberté qui ne soit celle d'un comte^ d'un duc, d'un évêque, d'un archevêque^ d'un abbé, d une diète ou d'un roi.

De là le peuple circonspect et craintif, au milieu de audace persévérante; rien n'est changé, rien n'est innoYé dans les formes municipales» toutes les anciennes apparences subsistent, oonserrées avec scrupule pour tromper l*<ieil des passants, qui peuYent se croire encore aux temps où révêtjue ùtait maître et souverain. Qu'un légat du pape, un vicaue de Tempereur, un marquis ou l'un des grands personnages légués par le royaume à la nouvelle Italie, arrive dans la ville, il trouTera tout à sa place, et il ne tiendra qu'à lui de se méprendre.

— Pourquoi ces consuls?

— Messire, ce sont les anciens consuls de la commune.

— Où est l'évôquet

— Là-tms, dans son église, où il prie pour nous tous.

—Qui a creusé ce canal î

— L'ancien évêque qui était un grand saint.

Mais ces réponses pou traie ut ne pas sembler péremptoire? , il faut s'attendre à d'inévitables agressions, et tout citoyen devient soldat. Les corporations des arts et mé-

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