‹ 520 pChapitre 2 sur 67 · DES CONSULS · texte numérisé non relu

DES CONSULS

tiers se transforment en compagnies, en bataiUons^ en régiments j leurs piques obéissent à la voix laïque des consuls^ et Tanden char des évêques^ qu'on appelait l^ Carrocdo à Milan, la Berta à Crémone» Tautel mobile à Yiterbe, en sortant des portes de la Tille, se trouye eoloui é par une phalaniro deux fois plus nombreuse.

Le peuple errandit à son tour comme Farmée. Cet embryon rudimentaire, que nous avons appelé le a primo popolo^» et qui se composait des notables de la curie épiscopale et du comté, s'agrége de nou- Telles familles > évoquées du néant de la multitude qu'il veut entraîner^ compromettre et gagner à la révolution. Ainsi développé, étendu, régularisé , devenu le « secondo impulo , » parce qu'il est le personnage de la seconde révolution italienne, il fonde de nouvelles assemblées , organes de sa vie qui se renouvelle. Les Sept ou les Cent familles primitives^ sorties Jadis de la curie du comte et de Févèque, se réunissaient à la fois en souveraines et en interprètes de la commune, et jouaient en même temps le rôle de conseillers d Etal et de .^ci^ncLirs. Avec le développement du [MU pie, ce double rôle se décompose pour créer les deux conseils distincts de la Credenza et du peuple. Le premier est le conseil d'État , le sénat; le centre des délibérations occultes, mystérieuses, savantes, le conseil de confiance auquel on délègue les plus hantes aflàires de la république naissante, elles qui ré* clament les deux forces du secret et de la réflexion. L'assemblée du peuple, dite par aulilhèse le grand conseil, réunit tous les citoyens, qui discutent les élections, les nominations, toutes les atlaires courantes sur lesquelles on peut parler très-baut et voter n'importe comment, sans ébranler la république» Au reste, C6

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ue sont pas des députés , ce sont des maîtres , des souverains; s'ils représentent la multiludej c'est par dn)it de naissance , comme les comtes représentent leur comté, et les rois leur royaume, et ils considèleot les fonctions et les magistratures comme leur propriété, à tel point qu'ils se les partagent au sort, pour que cbacua ait son lot, saos préférenoes, sans injustices, sans humiliations , sans aucune récrimination. La commune s'elïorce il'i miter à son tour le peuple du grand conseil, avec des réunions en plein vent, avec les conseils des arts ou des métiers, ou des quartiers, ou des portes, ou des voisinages^ sans que ces rassemblements plébéiens puissent toutefois se confondre avec le peuple souverain, qui frémirait à l'idée d'être confondu avec la multitude.

Les consuls sont les vrais chets du nouveau peuitle, les véritables représentants de l;i nouvelle révolution ; ce sont eux qui delionent l'évêque, le remplacent, exercent toutes les fonctions que le pacte de Charte* magne déléguait aux personnages de la féodalité ou de TËglise. Us sortent enfin de la longue minorité où ils avaient végété en notaires on en juges subalternes de la commune et du peuple ; et les chroniques mar« queuL ce changement dans leur condition, en les appelant consuls majeurs , à la différence des anciens consuls mineurs, ^soumis aux évèques. Mais ces splendides personnages consniaires ne répondent à aucune idée de domination ou de propriété dviqoe ou féodale» et ils sont peut^tre les seuls citoyens sans caractère, sans dignité individuelle, et pour ainsi dire sans droits.

Nombreux, souvent renouvelés, sans cesse sous les yeux de la Credenza, du grand conseil, du peuple et de

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la commune^ ooudamnés à ifèlre jamais que des instramentSy des commis^ des domestiques décorés, el moins que des députés, ce ne sont que des êtres dîa«

pbaneS) presque anonymes , destiné à exécuter et à laisser voir en même temps ia \olonté générale.

Rien n'est perdu du travail des révolu lions antérieures; chaque ville conserve la place qu'elle a conquise dans la fédération impériale el pontificale^ et ce croisement, par lequel les Tilles pontificales étaient alliées de Tempereur, tandis que les villes impériales Tétaient du pape> est adopté par les consuls, tous amis de l'empereur sur la terre de la donaliou, tous amis du pape sur la terre de Tancien royaume. •

Les premiers suivent les gebclins et penchent vers Pimpiété impériale, qui se méfie de la théologie toujours arbitraire. Les seconds suivent le pape en Velfes, et penchent vers Pamour de Dieu, si utile à la démocratie contre les entraves de la loi ; et dans toutes les contrées, dans toutes les régions, sur tous les points, les idées acquises, lé}jales ou théologiques, sont si incrustées au ml, si adhérentes aux remparts des villes et identifiées avec les peuples^ qu'on les applique d'instinct, par la force des choses, presque sans le savoir^ et sans que les crises si compliquées des évolutions fédérales exigent Tombre d'un effort de la part d'aucun Italien.

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