CONTRE LA GUERRE MUNICIPALE
le combat aussitôt que Ja nécessité de Tunion disparattrait avec le danger.
On voitdans le traité de Constance la place vide d'une signature attendue, celle de Venise. Venise n'accéda 111 d la fédération lombarde , ni à celle de Pavie : son temps n'élait pas encore arrivé, elle n'était pas encore italienne, et d'ailleurs elle était irréductible. Elle comlMittait J^empire dans le Frioui et à Ravenne^ et le secondait contre Ancène, et au besoin elte l'aurait socondé contre la marche de Vérone. Elle resta encore étrangère à l'Ilalie. Le fait même du congrès de Venise, cette réuiiion du pai)e, de rcmperenr et des villes sur les lagunes, prouve que dans Topinion de tout le monde Venise était une terre également neutre de«- Tant les villes romaines et devant les villes royales^ outre que son origine byzantine la mettait en dehors deTempire d'Occident. Son abstention jeta leFriouI dans l'iucerlilude, forcé qu'il était de prendre sa place dans celle des deux ligues définitivement hostile à Venise, la capitale absente et meurtrière qui rendait désertes et inhabitées les côtes de la marche : la neutralité vénitienne créait par contre-coup la neu^ traiité Frioulane.
Somme toute, dans la ligue loînharde entrèrent: Mil ui, Plaisance, Brescia, Trévise, Padoue, Vicence, Vérone, Ferrare, Manloue, Bergame , Lodi , Novare; Verceil, Belmonte, Bobbio^ la Lunigiana, soumise aux Malaspina, Parme^ Reggio^ Modène^ Bologne^ SainU Cassano. —Dans la ligue royale : Pavie, Crémone i Gênes, Torlone, Asl, Alha, Aqui, Ivrée , Turin, Vmlimujiia, Savona, Aibenga, Casai du Monferrat, Monlévio,, Alexandrie, Caslello Bologneêe, Como, Rdb^* vmMfFwrli, FarUmpopoH, Ceêéne,Bimmi,ÇaiUromra^
148 U^ACTION IMPI^UIALR
le marquis de Monferral, les comtes de Biandrale^ de Gua$îo,de Bosco, de LomeUo,de Savoie* Mais si les deux lignes embrassaient à peu près toute
ritalie impériale ou du moins en reiuiaionl toutes les accointances désormais pos^-ihles, le progrès de la guerre pendant et après la réaction de Frédéric se révèle encore plus ouvertement dans la statistique des guerres municiiiales. Ici les batailles se multiplient comme jadis les consuls^ après la réaction de Lothaire et les évê(jucs souverains^ après la réaction de Conrad H, de Gebelin. De 1100 à i i:>4, les villes étaient 384 fois militantes; de 1154 à 1:208, c'est-à-dire pendant et immédiatement après la réaction de Frédéric, elles le sont 688 fois. Eu déduisant du premier cbiffre les luttes mêlées à la guerre des investitures, et les pre* niiers combats souvent imposés parles empereurs et soutenus par révéque, j1 en résulte que de 1 1 5ià 1208, toute ville est au moins deux fois plus militante. Le redoublement de la guerre se montre encore plus clairement quand on dénombre les systèmes d'inimitié qui surgissent pendant et immédiatement après la défaite de la réaction. En i454 nous avons 119 systèmes on dualitésde villes rivales; de H 54 à 1208, les mêmes systèmes continuent de fonctionner avec une cruauté progressive; liilan persiste plus que jamais dans la guerre contre. Pavie ;leslutt€8se poursuiventd'une manière détachée; entreles denx fédérations^dans leseindechaquefédéra' tion, les inimitiés momentanément dissimulées se déve* loppenl [>]us fortes qu'au paravaLit^ et euUu les systèmes d'inimitié semulti[)lientà leur tour,de sorte qu'en 1208, au lieu de 119, nous en avons au moins 178, c'est-à-dire 59 de plus. 11 suffira de les indiquer pour démontrer géographiquement la défaite de Frédéric Barberousse.
COMTHB LA GUXmiB MUNICIPALB* 149
Milaa> déjàenQemie de Pavie,de Crémonê, de Parme, de Nùvare, du Seprio^ de la Mariesana, plus de
Lodi et de Como qui ressuscitent, touche en H57 de son rayon la maison de Savoie,
Elle coQimeiice à combattre Bergame en 1185.
Elle attaque Coêolen 1193.
Elle touche Modèm en 1199.
Brescia^ déjà ennemie de Bergame^ uliui^ue Farme en 1157.
TI
Elle attaque Manlom en 1199.
Elle attaque iieggio en 1199.
vui
Elle attaque ifodéite en 1 199.
Orcinovi combat Somino en 1200.
Hantoue déjà en guerre ayec Yérme, Modène et Reggio, étend son inimitié à Parme en 1157.
Elle combat Ferrure en 1188.
Âst, déjà en guerre avec Miian et la Savoie» combat Casai en 1193.
460 liâcnoii wùiiau
Verceii se réveille à son tour en i pour combattre Casai.
UT
Alexandrie natt en coinbattanl Casai en 1176*
£lle combat la ville royale de Crémone en 1 199.
Chieri, déjii en guerre avec Turin, combat la ville iéoiiale de Biaudiale en 1 169
xvu
Turin combat ouvertement la maison de Savoie dès 1169.
Elle combat vers 1180 les petites villes féodidesdes
alentours, Uivoli> Piozzasco, eici
Turin, antérieurement allié avec Testone> ûef de son évèque» tourne contre elle en devenant consulaire en 1191.
Salticc renouvelle la guerre en 1t69, contre son ennemie la maison de Savoie, et cette fois raacieane guerre féodale devient municipale.
Casai, siège du marquis de Monferral, assaillie {)ar Alexandrie^ par Chierî, par Verceii, par Asl, villes progressivesy devient progressive à son tour et presque romaine en commençant en 1200, les longues guerres contre la maison de Savoie.
Trévise déjà en guerre avec Ceneda, FelUe^ Cone-
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connu i;a «mu imiirapAii. IM
gliano et Yéroue étend son rayon liosiiie à Padoue en 1178.
mil
Elle combat le patriarche d'Aqiiilée en 1164, et en même tempe Caminej Gadore, Trumellej Odeno*
Xïlf
Vérone, déjà en guerre avec Maiitoue , Vici uce , Padoue et Trévise^ étend son iniuiitié à Crémone en 1199.
Elle combat Modène en 1199,
nvi
• Elle combat Reggio en H99.
Elle combat Parme en li99 : Vérone devient la plus animée parmi les villes militaires en vraie capitale semi longobarde^semi romaine, née sous l'influence des Franks.
xzvui
Ferrare combat Venise en mnnicipe, en 1200»