‹ 9e chant de l'IliadeChapitre 3 sur 5 · AMBASSADE AUPRÈS D'ACHILLE. PRIÈRES · texte numérisé non relu

AMBASSADE AUPRÈS D'ACHILLE. PRIÈRES

Or les Troyens

faisaient sentinelle ainsi ;

mais la fuite

envoyée-par-les. Dieux,

compagne de la crainte froide,

possédait les Achéens ;

et tous les plus braves

avaient été atteints

par un deuil insupportable.

Or comme deux vents

Borée et Zéphyre,

qui soufflent de-Thrace,

arrivant tout-à-coup,

soulèvent la mer poissonneuse;

et aussi en même temps

le flot noir s'amoncèle;

et ils versent

des algues nombreuses

hors-et-près de la mer :

ainsi le cœur des Achéens

était déchiré dans leur poitrine.

Or le-fils-d'Atrée,

ayant été atteint au cœur

d'une douleur grande,

allait-çà- et-là ordonnant

aux hérauts à-la-voix-éclatante

d'appeler nominalement

chaque homme à l'assemblée, même il se distingue par son activité. Quand chacun a pris sa place dans un morne silence, Agamemnon se lève : ses larmes coulent comme l'eau d'une source profonde, qui tombe du haut d'un sombre rocher. Il soupire tristement, et dit aux Grecs :

« Amis, chefs et protecteurs des Grecs, Jupiter, fils de Saturne, m'accable sous le poids du malheur. Le cruel ! lui, qui m'avait pro-mis et garanti la ruine d'Ilion aux belles murailles avant mon retour dans ma patrie ! Et maintenant il me réserve une déception indigne, et veut que je regagne sans gloire la terre d'Argos, après avoir perdu tant de monde! Tel doit être sans doute le bon plaisir du puissant Jupiter, qui a tant détruit et qui détruira encore tant de cités : c'est à lui qu'appartient la toute-puissance. Eh bien, allons! que tousse conforment à mes avis : fuyons avec nos vaisseaux vers notre chère

à et de ne pas crier ; et lui-même travaillait parmi les premiers.

Or ils s'assirent affligés dans l'assemblée ; et Agamemnon se leva versant-des-larmes, comme une source à-l'eau-sombre, qui verse une eau obscure en bas d'une roclie escarpée; lui gémissant-gravement dit ainsi des paroles aux Argieus :

« O amis, conducteurs et administrateurs des Argiens, Jupiter fils-de-Saturne a enveloppé moi grandement d'une fatalité lourde; il est cruel, lui qui auparavant à la véiite promit et accorda à moi de pouvoir revenir ayant détruit Ilioll aux-beaux-murs; mais qui maintenant a médité une tromperie mauvaise, et ordonne moi aller sans-gloire à Argos, quand j'ai perdu un monde nombreux.

Ainsi sans-doute il doit être agréable à Jupiter tout-puissant, qui certes a abattu les têtes de villes nombreuses, et en détruira même encore :

car la force de lui est très-grande.

Mais allez, obéissons tous, comme moi j'aurai dit : patrie ; car nous ne pouvons plus espérer de prendre la ville de Troie aux larges rues 1 »

Il dit. Tout le monde garde un profond silence. Les fils des Grecs restent longtemps absorbés dans leur tristesse. Enfin le valeureux Diomède prend la parole :

« Fils d'Atrée, je veux d'abord combattre tes paroles imprudentes, comme j'en ai le droit, prince, dans l'assemblée ; mais n'en conçois aucun ressentiment. D'abord tu as fait injure à ma valeur au milieu des Grecs, en me traitant d'homme faible et lâche : cependant, jeu-nes et vieux, tous les Grecs me connaissent. Quant à toi, le fils du prudent Saturne ne t'a pas tout donné. Il l'a donné de régner par le sceptre au-dessus de tous les autres ; mais il t'a refusé la valeur, qui fait la plus grande puissance. Insensé ! espères-tu donc que les fils des Grecs soient aussi faibles et aussi lâches qu'il te plaît de le dire? Si fuyons avec nos vaisseaux vers la terre chérie de-la-patrie ; car nous ne prendrons plus Troie aux-larges-rues. »

Il parla ainsi ; ceux-ci donc tous demeurèrent en-repos en silence.

Or les fils des Achéens affligés furent longtemps muets ; mais beaucoup-après Diomède brave au combat dit-parmi eux certes :

« Fils-d'Atrée, je combattrai premièrement toi parlant-imprudemment, par le moyen que il est permis, dans l'assemblée, prince ; mais toi ne t'irrite nullement.

Tu as outragé à la vérité d'abord la vaillance à moi parmi les Grecs, disant moi être non-belliqueux et sans-valeur ; or et les jeunes et les vieux des Argiens savent toutes ces choses.

Mais le fils de Saturne aux-pensées-tortueuses donna à toi de-deux-choses-l'une ; il donna à la vérité à toi d'avoir été honoré du sceptre par-dessus tous ; et il ne te donna pas la valeur, ce-qui est la puissance la plus grande.

Homme étonnant, tu espères peut-être beaucoup les fils des Achéens tu es impatient de partir, va : les chemins te sont ouverts, et tu re-trouveras sur le rivage les vaisseaux qui te suivirent de Mycènes en si grand nombre. Mais les autres Grecs à la belle chevelure resteront jusqu'à ce que nous ayons détruit la ville de Troie. Si pourtant ils le veulent aussi, qu'ils fuient sur leurs vaisseaux vers leur chère pairie ! Quant à nous deux, Sthénélus et moi, nous combattrons jusqu'à ce que nous ayons trouvé le jour suprême d'Ilion; car c'est sous les aus-pices d'une divinité que nous sommes venus! » Il dit; et tous les fils des Grecs applaudirent, pleins d'admiration, au discours de Diomède dompteur de coursiers. Au milieu d'eux se lève Nestor habile à manier les chevaux, et il dit : « Fils deTydée, tu es puissant dans les combats, et, parmi tous ceux de ton âge, tu es le premier dans les conseils. Il n'en est pas un parmi tous les Grecs, qui songe à reprendre ton discours, ni à le démentir ; ILIADlî, IX '9

i, être ainsi non-belliqireux etsans-valeur, comme tu le dis ?

mais si le cœur se hâte à toi-même pour retourner dans ta patrie, pars:

le chemin est ouvert devant toi, et les vaisseaux stationnent à toi près de la mer, lesquels très nombreux.

suivirent toi de-Mycènes.

Mais les autres Achéens à-la-tête-chevelue resteront, jusqu'à-ce-que du-moins-nous détruisions Troie.

Mais si eux aussi le veulent, qu'ils fuient avec leurs vaisseaux vers la terre chérie de-la-patrie; mais nous-deux, moi et Sthénélos, nous combattrons, jusqu'à-ce-que nous ayons trouvé la fin d'Ilion ; car nous sommes venus avec un dieu propice. »

Il parla ainsi ; et alors les fils des Achéens applaudirent tous, admirant le discours de Diomède dompteur-de-chevaux.

Mais Nestor cavalier se levant dit-parmi eux :

« Fils-de-Tydée, (puissant tu es à la vérité supérieurement dans la guerre, et tu es le meilleur au conseil parmi tous ceux-du-même-âgé; personne n'accusera à toi le discours de toi, tous-autant-que sont ies Achéens,, ln mais tu ne l'as pas achevé. Tu es jeune encore, et tu pourrais être par l'âge le dernier de mes enfants. Tu n'en parles pas moins avec sa-gesse aux rois des Grecs ; et ce que tu dis est juste. Mais moi, qui suis plus âgé que toi, je vais prendre la parole et ne rien omettre, et personne ne blâmera mon langage, pas même le puissant Agamem-non. Il faut n'avoir ni famille, ni loi, ni foyer, pour aimer la guerre civile et ses horreurs. Quant à présent, obéissons à la nuit noire, et préparons le repas du soir; plaçons des gardes le long du fossé, eu dehors de la muraille. C'est aux jeunes guerriers que mes instructions s'adressent. Pour toi, fils d'Atrée, c'est à toi de commander : tu esl<'roi des rois. Convie au festin les vieillards ; c'est le rôle qui te sied et te convient. Tu as des tentes remplies du vin que les vaisseaux 1U\DE, IX. 11" et ne parlera à-rencontre; mais tu n'es pas arrivé à la fin de tes paroles. - Certes tu es sans-doute jeune aussi, et tu pourrais-être même mon fils le plus jeune par la naissance ; pourtant tu dis des choses-sensées aux rois des Argiens, puisque tu as parlé selon la convenance.

Mais va, moi, qui me vante d'être plus vieux que toi, je dirai et parcourrai toutes-choses ; et on n'aura pas méprisé le discours à moi, pas même Agamemnon puissant.

Celui-là est sans-famille, sans-loi, sans-foyer, qui aime la guerre civile, épouvantable.

Mais certes à-présent à la vérité obéissons à la nuit noire, et préparons le repas ; et que des gardes chacun de leur côté veillent le-long-du fossé creusé en-dehors du mur.

Je recommande à la vérité «̃s choses aux jeunes-gens ; mais ensuite, fils-d'Atrée, toi à la vérité commande :

car toi tu es le plus-puissant-roi.

Partage un festin aux vieillards :

cela convient à toi, et-n'est-pas-certes inconvenant.

Des tentes sont à toi pleines de vin, que les vaisseaux des A.chéens des Grecs t'apportent chaque jour de Tlirace à travers la vaste mer. Tu as tout ce qu'il faut pour recevoir des hôtes, et tu commandes à de nombreux guerriers. Assemble les chefs, et suis le conseil qui te paraîtra le meilleur; car tous les Grecs ont grand besoin d'un bon et sage conseiller, en présence des feux ennemis, qui s'allument en si grand nombre, non loin de nos vaisseaux. Qui pourrait s'en féliciter? C'est cette nuit qui va décider de la perte ou du salut de Farmée!» II dit. Les chefs l'écoutent et se montrent dociles à ses avis. Les gardes sortent du camp revêtus de leurs armes. Ils sont commandés par le fils de Nestor, Thrasymède, pasteur des peuples ; par Ascala-plie et Jalménus, fils de Mars ; par Mérion, Apharée, Déypire et le fils de Créon, le divin Lycomède. Ils ont sept chefs à leur tête, et chacun de ces chefs a sous ses ordres cent jeunes guerriers dont le bras est IUADE, IX. t3 arrivant- chaque-jour, apportent de-la-Thrace sur la mer vaste; toute faculté-de-recevoir est à toi ; et tu commandes à beaucoup.

Or beaucoup étant rassemblés, tu écouteras celui qui aura conseillé le conseil le meilleur ; et le besoin est venu fortement à tous les Achéens d'un conseil bon et sensé, parce que les ennemis brûlent des feux nombreux près des vaisseaux :

qui se réjouirait de ces-choses ?

mais cette nuit ou perdra-complètement ou sauvera l'armée. »

Il parla ainsi ; ceux-ci donc écoutaient lui beaucoup, et furent persuadés.

Or des gardes s'élan cèrent-au-deliors avec leurs armes et autour de Thrasymède, fils-de-Nestor, pasteur de peuples, et autour d'Ascalaplie et d'Ialménus, fils de Mars, et autour de Mérion, et d'Apharée et de Déipyre, et autour du fils de Créon, Lycomède divin.

Sept chefs des gardes étaient, et cent jeunes-gens allaient-en-rang avec chacun d'eux ayant dans les mains des javelots longs ; armé du long javelot : ils vont se poster entre le fossé et la mu-raille. Là, ils allument des feux, et chacun prépare le repas du soir. Le fils d'Atrée réunit dans sa tente les plus anciens chefs des Grecs et leur fait servir un sompteux festin. Ils tendent la main vers les mets qu'on a préparés ; puis quand ils ont apaisé leur soif et leur faim, le vieux Nestor se lèvele premier de tous pour donner son avis. Il avait déjà donné des preuves de sa haute prudence; il prend en-core la parole pour servir les Grecs, et leur dit :

« Illustre fils d'Atrée, Agamemnon, prince des hommes, c'est par toi que je finirai, et c'est par toi que je veux commencer, parce que tu commandes à des peuples nombreux, et que Jupiter a remis entre tes mains le sceptre et l'autorité pour les gouverner. Aussi est-ce snr tout à toi qu'il convient de parler, aussi bien que de prêter l'oreille aux discours de quiconque veut bien discuter nos intérêts, pour dé-cider ensuite souverainement à quel parti l'on doit s'arrêter. Moi et ils se postaient (postèrent) étant allés par le milieu du fossé et de la muraille ; et ils allumèrent là un feu, et apprêtèrent chacun le repas.

Or le fils-d'Atrée conduisit dans sa tente des vieillards noftibreux des Achêens, et il plaçait (plaça) devant eux un festin abondant.

Ceux-ci tendaient les mains vers les mets servis-devant eux tout-prêts.

Mais lorsque ils eurent chassé le désir du boire et du manger, Nestor, le vieillard, dont même auparavant le conseil paraissait le meilleur, commença tout-le-premier à tramer à eux un avis-prudent ; eelui-ci plein-de-bienveillance harangua et dit-parmi eux :

« Fils-d'Atrée très-glorieux, Agamemnon, prince des hommes, je finirai à la vérité par toi, et je commencerai par toi ; parce que tu es prince de peuples nombreux, et que Jupiter a mis-en-main à toi et le sceptre et les droits, afin que tu veillasses sur eux.

C'est pourquoi il faut toi surtout et dire un discours (ton avis), et écouter celai des autres, et exécuter même pour un autl"l',.

lorsque le cœur pousse quelqu'un à parler pour le bien ; et quelque avis qui remporte l'exécution dépendra de toi. donc, je vais dire ce qu'il me paraît y avoir de mieux, à faire. Il n'est personne qui puisse ouvrir un meilleur avis que le mien. C'est un pro-jet que j'ai conçu il y alongtemps et que je nourris encore, depuis que, fils de Jupiter, tu as enlevé de la tente d'Achille irrité la jeune Bri-séis, bien malgré moi ; car j'ai fait mes efforts pour t'en détourner; mais tu n'as écouté que la voix de ton cœur altier, et tu as offensé un héros, que respectent les immortels eux-mêmes; tu lui as pris sa part! Eh bien, avisons maintenant, s'il n'est pas trop tard, aux moyens de l'apaiser par de riches présents et par des paroles conciliantes ! »

Alors Agamemnon, prince des hommes, lui répond : « Vieillard, tu n'as rien dit de contraire à la vérité en rappelant mes fautes.'l'ai été coupable ; je ne le nie pas. Un homme va-it à lui seul plusieurs armées, Mais moi, je dirai comme il parait à moi être le mieux.

Car personne autre ne concevra une pensée meilleure que celle-ci, telle-que je la conçois, et depuis-longtemps, et encore même maintenant, depuis le jour où, fils-de-Jupiter, tu allas ayant ravi de-sa-tente à Achille irrité Briséis, jeune-fille; nullement du-moins selon notre sentiment ; * car quant-à-moi je tâchais-de-dissuader toi par de très nombreuses raisons; mais toi ayant cédé à ta colère fière, tu outrageas un homme excellent, que même les immortels honorèrent; car tu as sa récompense Payant prise.

Mais encore même maintenant délibérons comment nous pourrions-persuader lui l'ayant apaisé et par des présents aimables et par des paroles de-miel. »

Or Agamemnon prince des hommes dit-à lui en retour :

« O vieillard, tu as dit-en-détail mes fautes nullement à-faux ; j'ai commis-des-fautes, et moi-même je ne le nie pas.

L'homme certes lequel quand il est aimé dé Jupiter, qui le prouve aujourd'hui en perdant l'armée des Grecs pour venger l'injure d'Achille. Mais puisque je fus coupable, en suivant les funestes inspirations de mon cœur, je veux l'apaiser et le combler de riches présents. Je veux vous dire à tous les richesses que je lui réserve : sept trépieds, qui n'ont pas encore été au feu; dix talents d'or; vingt bassins brillants et douze valeu-reux coursiers, qui remportèrent des prix à la course. Un homme se-rait riche et regorgerait d'or précieux, s'il avait seulement tous les prix qu'ont remportés pour moi ces coursiers aux pieds rapides. J'y ajouterai sept femmes de Lesbos, habiles dans de savants ouvrages, et que je choisis pour ma part du butin fait à Lesbos, quand Achille prit lui-même cette ville aux belles murailles: elles effacent toutes les autres femmes en beauté. Je les lui donnerai, et parmi elles se Jupiter a chéri dans son cœur est au lieu (tient lieu) de troupes nombreuses ; comme aujourd'hui Jupiter a honoré celui-ci, et a dompté le peuple des Achéens.

Mais puisque j'ai failli, ayant obéi à mon esprit pernicieux, je veux en-retour apaiser Achille, et lui donner des indemnités infinies.

Or je nommerai ces présents magnifiques parmi vous tous :

sept trépieds n'ayant-pas-été-au-feu, et dix talents d'or, et vingt bassins brillants, et douze éhevaux robustes, vainqueurs, qui remportèrent des prix avec leurs pieds (à la course).

Il ne serait certes pas sans-butin, ni certes sans-possession d'or très-précieux, l'homme auquel seraient arrivés autant de biens que ces chevaux solipèdes ont remporté de prix pour moi.

Et je lui donnerai sept femmes, sachant des ouvrages irréprochables, Lesbiennes, que je me suis choisies, lorsque il prit lui-même Lesbos bien-bâtie, lesquelles surpassaient en beauté les races des femmes ; je donnerai à la vérité elles à lui, et parmi elles sera celle que je lui ai ravie alors trouvera celle que je lui ai ravie, la fille de Brisés. Je veux attester par le plus grand des serments que je n'ai jamais partagé sa couche, et ne me suis pas uni à elle par les liens que les lois humaines consa-crent entre l'homme et la femme. Voilà les trésors que je lui tiens tout prêts ; et si les dieux nous donnent de renverser la grande ville de Priam, il pourra charger pour lui un vaisseau d'or et d'iiwin, lorsque les Grees se partageront le butin entre eux. Il choisira aussi viugt femmes Troyennes, les plus belles après Hélène; et si jfflnais nous retournons dans les plaines fertiles de l'Achaïe, dans la ville d'Argos, il sera mon gendre : je lui réserve la même affection qu'à mon cher Oreste, mon dernier-né que je fais élever au sein de l'abon-dance. J'ai trois filles dans mon superbe palais, Chrysothémis, Lao-dice et Iphianasse : il épousera celle qu'il lui plaira, sans IuLfaire de cadeaux de noce, et l'emmènera dans la demeure de Pélée. Je lui donnerai même une dot magnifique et telle qu'aucun père n'en donna la jeune-fille de Brisès ; et je jurerai-dessus un serment grand, de n'être jamais monté-sur son lit et de ne m'être pas uni à elle, comme c'est le droit des hommes, entre hommes et femmes.

Toutes ces choses à la vérité seront-prêtes sur-le-champ; mais si en-retour les dieux nous donnent de détruire la ville grande de Priam, étant entre-dedans, qu'il charge-pour-Ini un vaisseau abondamment d'or et d'airain, lorsque nous autres Achéens nous nous partagerons le butin.

Or qu'il choisisse lui-même vingt femmes Troyennes, qui soient les plus belles après Hélène l'Argienne. - Et si nous arrivons à Argos, ville Achéenne, mamelle de la terre (terre fertile), qu'il soit alors gendre à moi; et j'honorerai lui à l'égal d'Oresto, qui est élevé dernier-né à moi dans une opulence grande.

Et trois filles sont à moi dans mon palais bien-bâti, Chrysothémis et Laodice et Iphianasse; desquelles qu'il emmène sienne sans-présents-de-nocc vers la maison de Pélée celle-que il voudra; et moi je donnerai-en-outre des présents très nombreux, autant-que personne n'en a encore donné à sa fille. jamais à sa fille. Je lui céderai sept populeuses cités, CardamyléÉnopé, la verdoyante Iré, la divine Phères, Anthéa aux fertiles prairies, la belle Ëpéa, et Pédase aux vignes fécondes, toutes près de la mer, et voisines de la sablonneuse Pylos. Elles sont habitées par des hommes riches en troupeaux de bœufs et de brebis, qui l'honoreront à l'égal d'un dieu, le combleront de présents, et, soumis à son sceptre, lui paierontde riches tributs. Voilà ce que je ferai pour lui, s'il veut ou-blier sa colère. Qu'il se laisse fléchir 1 Pluton seul est inflexible et implacable : aussi est-il de tous les dieux le plus en horreur aux mortels 1 Qu'il me cède, enfin, puisque j'ai sur lui l'avantage de la puissance et la supériorité de l'âge ! »

Alors Nestor de Gérénie, habile à conduire les coursiers, reprit en ces termes : « Illustre fils d'Atrée, Agamemnon, prince des hommes, les présents que tu offres au divin Achille ne sont pas indignes de lui. Puis je donnerai à lui sept villes bien-habitées, Cardamylé et Énopé et Iré verdoyante, et Phères très-divine et Anthéa aux-profondes-prairies, et Ëpéa la belle et Pédase pleine-de-vignes.

Or toutes sont près de la mer, les dernières du côté de Pylos sablonneuse ; et des hommes riches-en-agueaux , riches-en-bœufs, habitent-dedans, lesquels certes honoreront lui comme un dieu par des offrandes, et paieront à lui sous le sceptre des droits (tributs) magnifiques.

Je paierais ces choses à lui ayant renoncé à sa colère.

Qu'il se laisse-fléchir :

Pluton certes est implacable et inflexible ; et à-cause-de-cela aussi il est le plus odieux de tous les dieux aux mortels : et qu'il cède à moi, autant-que je suis plus-puissant-roi et autant-que je me vante d'être plus âgé par la naissance. »

Or Nestor cavalier de-Gérénie répondit ensuite à lui :

(t Fils-d'Atrée très-glorieux, Agamemnon, prince des hommes, tu donnes à la vérité des présents non-plus méprisables à Achille roi ; Eh bien, allons ! Désignons ceux que nous enverrons en toute hâle à latente d'Achille, fils de Pélée. Je vais donc les choisir moi-même: qu'ils obéissent à ma voix ! Phénix, aimé de Jupiter, les conduira- Après lui marcheront le grand Ajax ti le divin Ulysse, suivis des hé-rauts Odius et Eurybate. Apportez nous de l'eau pour purifier nos mains, et commandez à tous de faire silence, afin que nous paissions adresser nos prières à Jupiter, fils de Saturne - peut-être aura-t-il pitié de nous ! »

Il parla ainsi, et à la satisfaction de tous. Aussitôt les hérauts ver-sent une onde pure sur les mains des chefs, et des }t'unes gens remplissent de vin les cratères jusqu'au bord, et dégustent les coupes avant de les offrir aux convives. Quand on eut fait des libations et bu cha-cun à son gré, les députés sortirent de la tente d'Agamemnau, fils d'Atrée. Alors Nestor de Gérénie, habile à conduire les coursiers, leur mais allez, encourageons des hommes choisis, qui aillent Ie-plus-tôt-possible dans la tente d'Achille, fils-de-Pélée.

Èb bien, va!

moi je choisirai eux ; et que eux obéissent.

Que Phénix à la vérité tout-d'abord, cher à Jupiter les conduise; de plus ensuite et Ajax grand et Ulysse divin ; et que deux des hérauts et Odius etEurybate suivent ensemble.

Mais apportez de l'eau pour nos mains, et ordonnez de se taire, afin que nous suppliions Jupiter fils-de-Saturne, s'il aura-pitié de nous. »

Il parla ainsi ; et il dit un discours agréable à «ux tous.

Aussitôt les hérauts à la vérité versèrent de l'eau sur les mains, et des jeunes-gens couronnèrent (emplirent) les cratères de boisson ; et ils distribuèrent certes à tous, ayant commencé par boire aux coupes.

Mais après que et ils eurent fait-des-libations et ils eurent bu, autant-que leur cœur le voulait, ils s'élancèrent hors de la tente d'Agamemnon fils-d'Atrée.

Mais Nestor cavalier de-Gérénie portant-ses-regards sur chacun, 2G donna ses instructions, en s'adressant à chacun en particulier, mais surtout à Ulysse, pour arriver à fléchir l'irréprochable fils de Pélée.

Ils cheminent le long du rivage de la mer retentissante, priant avec ferveur Neptune, qui embrasse la terre de ses ondes, de les aider à fléchir le cœur superbe du petit-fils d'Éaque. Ils arrivent enfin aux tentes et aux vaisseaux des Myrmidons. Ils trouvent Achille qui char-mait ses loisirs par les accords de sa lyre : belle et richement travail-lée, elle était surmontée d'un chevalet d'argent. Elle avait fait partie du butin pris sur la ville d'Éétion. Elle calmait alors le ressentiment d'Achille, qui chantaitla gloire des héros. Patrocle seul se tenait en silence en face de lui, et attendait que le petit-fils d'Éaque eût terminé ses chants. Les envoyés s'avancent conduits par Ulysse et se présentent devant Achille, qui, surprisse lève, sans abandonner sa lyre, et quitte ILIADK, IX. 27 recommanda à eux beaucoup-de-choses, et surtout à Ulysse, leur recommandant de tâcher afin qu'ils persuadassent le fils-de-Pélée irréprochable.

Oreux-deux allèrent le-long-du rivage de la mer retentissante, priant certes beaucoup le-dieu-qu i-ébranle-Ia- terre, qui-entoure-la-terre, de persuader facilement l'âme grande du descendant-d'Eaque.

Or ils arrivèrent et aux tentes et aux vaisseaux des Myrmidous ; et ils trouvèrent lui (Achille) charmant son esprit par une lyre harmonieuse, belle, artistement-travaillée, et un chevalet d'argent était-au-dessus ; il avait pris elle parmi les dépouilles, ayant détruit la ville d'Éétion; celui-ci charmait son cœur par elle, et il chantait donc les gloires des hommes.

Or Patrocle seul était-assis en-silence opposé à lui, attendant le descendant-d'Éaque quand il finirait chantant(de chanter].

Or eux-deux allèrent plus avant (dans la tente), et Ulysse divin les conduisait; et ils se tinrent devant lui (Achille) ; mais Achille étonné s'élança avec sa lyre même, ayant laissé le siège, où il était-assis. le siège où il était assis. A leur vue, Patrocle se lève aussi. Alors Achille aux pieds légers, leur tend la main, et leur dit :

« Salut ! soyez ici les biens venus. C'est sans doute une dure né-cessité qui vous amène vers moi ; mais, malgré mon ressentiment, vous êtes de tous les Grecs les plus chers à mon cœur. » A ces mots, le divin Achille les introduit dans sa tente, et leur fait prendre place sur des lits couverts de tapis de pourpre. Puis, s'adre&-sant à Patrocle qui se trouve près de lui :

« Fils de Ménétius, apporte-nous le plus grand cratère ; remplis-le du vin le plus pur, et présente une coupe à chacun : car mes meil-leurs amis sont aujourd'hui sous ma tente. »

Il dit. Patrocle s'empresse d'obéir à son cher compagnon. Achille place près de la flamme du foyer une grande table destinée à recevoir les viandes, et il y met les épaules d'une brebis et d'une chèvre grasse, ainsi que le dos succulent d'un porc bien nourri. Automédon Or Patrocle se leva tout de même, quand il vit ces hommes.

Et, accueillant eux-deux, Achille rapide quant aux pieds dit-à eux :

« SalHt-à-vous :

sans doute vous êtes venus hommes amis ; [très-grand; certainement il est quelque besoin <5 vous qui êtes les plus chers des Achéens à moi irrité pourtant. »

Or ayant parlé ainsi, Achille divin les conduisit plus avant.

Puis il les fit-asseoir sur des siéges-inclinés et sur des tapis de-pourpre; et sur-le-champ il s'adressa à Patrocle étant près :

« Sers-nous certes un cratère plus grand, fils de Ménétius ; et verse un vin plus fort, et apprête une coupe à chacun.

Car les hommes les plus aimés sont-sous mon toit. »

Il parla ainsi ; et Patrocle obéit à son cher compagnon.

Alors celui-ci disposa une table-à-recevoir-les-viandes grande à la lueur du feu, et plaça-dessus certes le dos d'une brebis et d'une chèvre grasse, et y mit les reins florissants de graisse d'un porc engraissé tient les viandes, pendant que le divin Achille les découpe et en sé-pare adroitement les morceaux qu'il perce avec des broches. Le fils de Ménétius, mortel égal aux dieux, allume un grand feu. Puis quand le feu commence à s'éteindre et la flamme à languir, il étale la braise et place les broches au-dessus. Enfin il répand le sel sacré sur les viandes qu'il a élevées sur des supports. Quand les viandes sont rô-ties et servies sur les tables, Patrocle prend le pain et le distribue aux convives dans de belles corbeilles. Achille partage les viandes, assis eu face du divin Ulysse, de l'autre côté de la tente. Il ordonne à Pa-trocle, son ami, de sacrifier aux dieux, et Patrocle jette au feu lespré-mices du festin. Alors les convives portent la main aux aliments qui sont servis devant eux. Quand ils ont apaisé leur soif et leur faim, Ajax fait signe à Phénix : le divin Ulysse a compris, et remplissant de vin sa coupe, il boit à Achille :

« Salut, Achille ! Les plaisirs de la table ne nous font faute ni dans Or Automédon tenait les viandes à lui, et donc le divin Achille coupait; et il divisait elles bien, et les transperçait de broches; et. le fils-de-Ménétius, mortel divin, allumait un feu grand.

Or après que le feu fut consume, et que la flamme languit, ayant étalé le charbon, il étendit les broches par-dessus ; et il les saupoudra de sel divin, les élevant-sur des appuis.

Mais après-que déjà il eut cuit, et qu'il eût versé les viandes sur des tables-de-cuisine, alors Patrocle ayant pris le pain le distribua-sur la table dans des corbeilles belles ; puis Achille distribua les viandes.

Et lui-même était-assis ea-face d'Ulysse divin, à l'autre paroi de la tente; et il ordonnait à Patrocle son compagnon de sacrifier aux dieux ; celui-ci jetait les prémices dans le feu.

Ceux-ci tendaient les mains vers les mets servis-devant eux tout-prêts.

Mais lorsqu'ils eurent chassé le désir de la boisson et des aliments, Ajax fit-signe à Phénix.

Et Ulysse divin comprit ;.' et ayant rempli une coupe de vin, il accueillit - avec-s a- emipe Aci-iiiie;

Il Salut, Achille !

nous ne sommes certes pas manquait de repas également-partagés, :ï I> latente d'Agamemnon, fils d'Atrée, ni dans la tienne aujourd'hui: nous avons en abondance les plus succulents morceaux. Mais ce ne sont pas les intérêts de la table qui nous préoccupent ; c'est la crainte d'une grande calamité qui nous fait trembler, ô fils de Jupiter ! Le sa-lut ou la perte de nos vaisseaux pourvus de bonnes rames est main-tenant en question, si tu nous refuses l'appui de ta valeur. Déjà les superbes Troyens et leurs alliés venus à leur appel, ont établi leur camp non loin des navires et de la muraille : ils ont allumé de grands feux dans leur armée, et ils disent que nous ne pourrons plus résister, mais que nous succomberons sur nos vaisseaux aux flancs sombres. Jupiter, fils de Saturne, leur donne d'heureux présages et fait luire son éclair à leur droite. Hector, terrible et menaçant, exerce ses fureurs, et, fort de la protection de Jupiter, il ne respecte ni les hommes ni les dieux : sa rage est indomptable. Il hâte de ses vœux le retour de la divine aurore, et il se flatte d'abattre les poupes de nos navires, de ILIADE, IX. - Î3

et dans latente d'Agamemnon fils-d'Atrée, et aussi ici maintenant :

car beaucoup de mets réjouissant-Ie-cœur (abondants) sont à nous à partager-à-table ; mais les affaires d'un repas aimable ne nous inquiètent pas ; mais, nourrisson-de-Jupiter, regardant nous craignons un désastre excessivement grand; et il est dans le doute nous devoir sauver ou perdre nos vaisseaux aux-belles-rames si toi-du-moins tu ne revêts pas taJorce.

Car les Troyew; au-grand-cœur et leurs auxiliaires appelés-de-loi ik ont placé lewr camp près des vaisseaux et du mur, ayant allumé des feux nombreux à travers l'armée, et ils disent nous ne devoir plus résister, mais devoir-succomber sur les vaisseaux noirs.

Or Jupiter fils-de-Saturne montrant à eux des signes à-droite fait-luire-Péclair; et Hector sévissant grandement par la force est-furieux terriblement, confiant dans Jupiter, et il n'honore en rien les hommes ni les dieux ; et une rage puissante a pénétré lui.

Or il prie l'Aurore divine de paraître le-plus-tôt-possible ; car il se promet de couper les poupes extrêmes des vaisseaux. livrer la flotte aux fureurs de l'incendie, et de massacrer les Grecs éperdus au milieu des débris et de la fumée. Je tremble que les djen"n'accomplissent ses menaces, et que notre destin ne soit de périr sur laterre deTroie, loind'Argos, qui nourritdes coursiers. Lève-toi donc, si tu consens enfin à venger les fils des Grecs en repoussant Teffoi t des Troyens ! Plus tard, il ne te resterait plus que d'inutiles regrets : quand le malheur est accompli, il est irréparable. Songe donc dès au-jourd'hui à prévenir la perte des Grecs. Ami, le jour que Pélée, ton père, t'envoya de Phtliie vers Agamemnon, il te disait : « Mon fils, Minerve et Junon te donneront bien la vaillance, si elles veulent ; mais toi, tâche de maîtriser la fierté de ton cœur : la bienveillance est toujours préférable. Garde-toi de la discorde, qui est une source de et d'incendier eux par le feu violent; et puis de massacrer près d'eux (des vaisseaux.} les Achéens pressés par la fumée.

Je crains ces choses terriblement dans mon esprit, que les dieux n'accomplissent à lui ses menaces, et qu'il ne soit réservé à nous de périr à Troie loin d'Argos qui-nourrit-des-chevau Mais lève-toi, si tu désires du-moins, même quoique tard, délivrer les fils des Achéens étant accablés par la mêlée desTroyens.

La douleur sera à toi-même dans-la-suite; st aucun moyen n'est de trouver un remède au mal une fois fait; mais réfléchis beaucoup auparavant, comment tu repousseras le jour fatal pour les Danaens.

0 doux ami l certes à la vérité Pélée ton père recommandait à toi-du-moins dans ce jour où il envoyait toi de Phthie à Agamemnon :

« Mon enfant, et Minerve et Junon te donneront à la vérité la force, si toutefois elles le veulent ; mais toi triche de contenir ton cœur superbe dans ta poitrine-- (car la bienveillance est meilleure), et veuille cesser (t'abstenir) de querelle pernicieuse,.. malheurs, afin que les Grecs, jeunes et vieux, t'estimentdavantage. » Ainsi te parlait ton vieux père; mais tu l'as oublié. Eh bien, il est en-core temps : apaise ton cœur, et oublie ton funeste ressentiment. Écoute-moi donc ; je veux te redire tous les trésors qu'Agamemnon te tient en réserve dans sa tente. Il te promet sept trépieds, qui n'ont pas encore été au feu ; dix talents d'or; vingt bassins brillants; douze valeureux coursiers, qui remportèrent des prix à la course. Un homme serait riche et regorgerait d'or précieux, s'il avait seulement tous les prix qu'ont remporté pour lui ces coursiers aux pieds rapides. Il y ajoutera sept femmes de Lesbos, habiles dans de savants ouvrages, ai qu'il a choisies pour sa part du butin fait à Lesbos, quand tu pris toi-même cette ville aux belles murailles : elles effacent toutes les autres afin que et jeunes et vieux des Argiens honorent toi davantage. « Le vieillard te conseillait ainsi; et toi tu l'oublies.

Mais encore même maintenant mets-un-terme à ta fureur, et laisse ta colère triste-au-cœur.

Or Agamemnon donne des présents dignes de toi à toi ayant quitté ta colère.

Eh bien ! si tu le veux, et toi écoute moi, et moi, j'énumérerai à toi combien de présents Agamemnon a promis à toi dans ses tentes :

sept trépieds qui-n'ont-pas-vu-le-feu, et dix talents d'or, et vingt bassins brillants, et douze chevaux robustes, vainqueurs, qui ont remporté des prix avec leurs pieds (à la course).

Un homme ne serait pas sans-butin, ni certes sans-possession d'or très-précieux, à qui seraient arrivés autant de biens que les chevaux d'Agamemnon ont remporté de prix avec leurs Et il te donnera sept femmes, [pieds-sachant des ouvrages irréprochables, Lesbiennes, lesquelles il s'est choisies, lorsque toi-même tu as pris Lesbos bien-bâtie; lesquelles alors surpassaient par la beauté -les races des femmes. femmes en beauté. Il te les donnera, et parmi elles se trouvera celle qu'il t'a ravie, la fille de Brisés. Il jure par le plus grand des serments qu'il n'a jamais partagé sa couche, et ne s'est jamais uni à elle par les liens que les lois humaines consacrent entre l'homme et la femme. Tels sont les trésors qu'il te tient tout prêts ; et si les dieux nous donnent de renverser la grande ville de Priam, tu pourras charger pour toi un vaisseau d'or et d'airain, lorsque les Grecs se partageront le butin entre eux. Tu choisiras aussi vingt femmes Troyennes, les plus belles après Hélène; et si jamais nous retournons daus les plai-nes fertiles de l'Achaïe, dans la ville d'Argos, tu seras son gendre : il le réserve la même affection qu'à son cher Oreste, son demier-ue, qu'il fait élever au sein de l'abondance. Il a trois filles dans son su-perbe palais, Chrysothérais, Laodice et Iphianasse. Tu épouseras celle qu'il te plaira, sans lui faire de cadeaux de noce, et tu l'emmèneras dans la demeure de Pélée. Il lui donnera même une dot magnifique, Il donnera certes elles à toi, et parmi elles sera celle qu'il fa ravie alors la jeune-fille de Brisès :

et il jurera-dessus un serment grand n'être jamais monté-sur la couche de Briséis et ne s'être pas uni à elle, comme c'est le droit, prince, et des hommes et des femmes.

Toutes ces choses à la vérité seront-devant toi sur-le-champ ; et si certes en-retour les dieux nous donnent de détruire la ville 'grande de Priam, étant entré-dedans, tupourras te charger un vaisseau abondamment d'or et d'airain, lorsque nous autres Achéens nous nous partagerons le butin.

Tai-même tu pourras prendre vingt femmes Troyennes, qui soient les plus belles après Hélène l'Argienne.

Et si nous arrivons à Argos ville Achéenne, mamelle de la terre (terre fertile), tu serais gendre à lui; et il honorera"toi à l'égal d'Orester qui est élevé dernier-né à lui dans une opulence abondante.

Or trois filles sont à luf dans son palais bien-bàti, Chrysothémis et Laodice et Iphianasse ; desquelles tu peux emmener tienne sans-p résen ts-de-n oce vers la maison de Pélée celle que tu voudras; et telle qu'aucun père n'en donna jamais à sa fille. Il te cèdera sept populeuses cités, cardamylé, Énopé, la verdoyante Iré, la divine Pliè-res, Anthéa aux fertiles prairies, la belle Ëpéa, et Pédase aux. vignes fécondes, toutes près de la mer et voisines de la sablonneuse Pylos. Elles sont habitées par des hommes riches en troupeaux de bœufs et de brebifl, qui t'honoreront à l'égal d'un dieu, te combleront de pré-sents, et, soumis à ton sceptre, te paieront de riches tributs. voilà ce qu'il fera pour toi, si tu veux oublier ta colère. Mais si le fils d'Atrée et ses présents te sont trop odieux, aie pitié du moins de tous les au-tres Grecs, qui se consument dans le camp, et ils t'honorerontcomme ,in dieu. Tu pourrais à leurs yeux te couvrir de gloire en immolant Hector, qui, emporté par sa rage aveugle, vient t'affronter de si près,. et lui (Agamemnon) en-retour te donnera-en-outre des présents très nombreux, autant-que aucun encore n'en a donné à sa fille.

Or il donnera à toi sept villes bien-habitées, Cardamylé, et Enopé et Iré verdoyante et Phères très-divine-et Anthéa aux-profondes-prairies et Epéa la belle et Pédase abondante-en-vignes.

Or toutes sont près de la mer, ies dernières du cdté de Pylos sablonneuse; et des hommes riches-eu-agneaux, riches-en-hœufs, habitent-dedans, lesquels honoreront toi d'offrandes comme -un dieu, et paieront à toi sous le sceptre des droits (tributs) magnifiques.

Il paierait ces-choses à toi ayant renoncé à ta colère.

Mais si le fils-d'Atrée à la vérité était-odieux à toi davantage dans ton cœur, lui-même et les présents de lui ; alors toi, aie pitié pourtant des autres Achéens accablés dans l'armée, lesquels honoreront toi comme un dieu ; car certes tu remporterais près-d'el une gloi re très grande.

Car maintenant tu prendrais Hectc parce qu'il viendrait très près de toi, et qui prétend n'avoir pas de rival parmi les Grecs amenés ici par nos navires ! »

Achille aux pieds légers lui répond : « Race de Jupiter, fils de Laërte, prudent Ulysse, il faut que je vous déclare ouvertement et ce que je pense, et cequi doit certainement avoir lieu, afin que vous ne m'im-portuniez plus des instances dont vous m'assiégez de toutes parts ; car je hais à l'égal des portes de l'enfer celui qui parle autrement qu'il ne pense. Je vous parlerai donc comme je crois devoir le faire. Je ne pense pas que le fils d'Atrée , Agamemnon, ni les autres Grecs puis-sent me persuader. On ne vous sait aucun gré ici des éternels combats que vous soutenez contre l'ennemi : le même sort attend et celui qui reste en repos, et celui qui fait la guerre ; les mêmes honneurs sont ré-servés au lâche et au brave, et la même tombe reçoit l'homme oisif ayant une rage funeste ; puisqu'il dit aucun des Grecs n'être égal à lui, de ceux que les vaisseaux ont apportés ici..

Mais Achille rapide quant aux pieds répondant dit-à lui CI Fils-de-Laërte nourrisson-de- Jupiter, Ulysse fertile-en-expédients, il faut à la vérité certes énoncer le discours (dire) sans- ménagements, de quelle manière et je pense et comment cela sera accompli ; afin que vous ne bourdonniez pas assis-près de moi l'un d'un côté, l'autre d'un autre.

Car celui-là est odieux à moi à-l'égal des portes de Plutou qui cacherait d'un côté une chose dans son esprit, et en dirait une autre.

Mais moi, je dirai comme il semble à moi être le mieux :

je pense ni Agamemnon fils-d'Atrée ni les autres Grecs devoir persuader moi-du-moins :

puisque certes aucune reconnaissance ne fut pour moi de combattre contre des hommes ennemis incessamment toujours.

Un sort égal est à celui restant, [coup; et si quelqu'un fesait-Ia-guerre beau-mais et le lâche et aussi le brave sont en un-seul et même honneur: et celui dont la vie fui remplie par de grands travaux. Je n'airien de plus que les autres pour avoir enduré tant'de maux et pour avoir toujours exposé ma vie aux périls de la guerre. Comme l'oiseau qui va toujours chercher pour ses petits encore dépourvus de plumes la nourriture dont il se prive lui-même, j'ai, moi aussi, passé bien des nuits sans sommeil, et de sanglantes journées sur les champs de ba-taille, à combattre pour vos épouses. J'ai ravagé douze villes avec mes vaisseaux ; onze villes sur le fertile territoire d'ilion ; j'ai re-cueilli partout de grands et riches trésors : je portais tout, je donnais tout à Agamemnon, fils d'Atrée. Et lui, restant à l'écart, près de nos vaisseaux rapides, recevait le butin, en distribuait une faible part, et gardait pour lui presque tout. Mais au moins il donnait aux chefs et aux rois des récompenses dont ils jouissent encore ; tandis que, seul de tous les Grecs, je me suis vu dépouiller par Agamemnon, qui m'a et l'homme ne-faisant-rien et celui ayant fait beaucoup meurent également.

Et rien n'est-de-plus à moi, après que j'ai souffert des douleurs dans le cœur, exposant toujours ma vie pour combattre.

Or comme un oiseau apporte la nourriture aux jeunes sans-plumes, après-que il l'a prise dans son bec, et certes il est mal (mal arrive) à lui même ; ainsi moi aussi et je passais des nuits nombreuses sans-sommeil, et je consumais des journées sanglantes, guerroyant combattant des hommes à-cause-de vos femmes.

J'ai pillé certes avec mes navires douze villes des hommes, et je dis avoir pillé onze villes à pied (sur terre) sur le soi de Troie fertile; desquelles tontes j'enlevai des trésors nombreux et précieux, et les donnais les apportant tous à Agamemnon fils-d'Atrée; mais lui, restant en-arrière près des vaisseaux rapides, ayant reçu ces trésors, il en distribuait peu, et il en gardait beaucoup.

Mais il donnait lesautres récompenses aux plus-vaillants et aux rois ; elles restent assurées à eux ; mais il a pris-pour-lui la part à moi seul des Achéens, ravi une épouse chère à mon cœur. Qu'il partage sa couche et soit heureux près d'elle! Mais pourquoi les Grecs feraient-ils la guerreaux Troyens? Pourquoi le fils d'Atrée a-t-il conduit ici l'armée? H'est-ce pas pour venger le rapt d'Hélène à la belle chevelure? Est-ce que les Atrides sont les seuls, chez les hommes, qui chérissent leurs épouses? Mais tout homme dé bien et de cœur aime et protège la sienne; et, moi aussi, j'aimais Briséïsde tout mon cœur, quoiqu'elle ne fût qu'une captive ! Maintenant qu'il m'a ravi ma part et qu'il m'a trompé, qu'Agamemnon n'essaie pas de me séduire : je le connais trop bien ; il n'y réussira pas. Qu'il se concerte plutôt avec toi, Ulysse, €t avec les autres rois, afin de défendre les vaisseaux contre les feux incen-diaires de l'ennemi. Il a déjà fait bien des choses sans moi : il a bâti une muraille ; il l'a flanquée d'un large et grand fossé qu'il a bordé de pieux ; et cependant il ne peut pas arrêter la fureur de l'homicide Bector! Quand je combattais dans les rangs des Grecs, Hector n'osait ILIADE, LX. "17 et il a mon épouse douce-au-cœur :

qu'il se réjouisse reposant-près d'elle.

Et pourquoi faut-il les Argiens faire-la-guerre aux Troyens P et pourquoi le fils-d'Atrée l'ayant rassemblée a-t-il conduit l'armée ici ?

n'est-ce pas à-cause-d'Hélène à-la-belle-chevelure P est-ce-que seuls des hommes à-Ia-voix-articulée les Atrides aiment leurs épouses P puisque tout homme bon et ayant-du-sens aime et soigne l'épouse de lui-même ; comme moi aussi j'aimais de tout mon cœur elle, quoique étant acquise-par-la-lance.

Mais maintenant puisque il m'a pris des mains ma récompense, et que il a trompé moi, qu'il ne tente pas moi sachant bien (qui le connais bien) ; il ne persuadera pas moi.

Mais qu'il délibère et avec toi, Ulysse, et avec les autres rois pour écarter des vaisseaux le feu ennemi.

Certes à la vérité sans moi, il a fait-des-travaux Jrès nombreux3 et certes il a bâti un mur, et il a poussé (creusé) près de lui un fossé large, grand, et il a plante-dedans des pieux ; mais il ne peut pas même ainsi contenir la valeur d'Hector meurtrier-des-bommes.

Mais quand moi je guerroyais parmi les Achéens, pas s'avancer loin des remparts, et il n'allait pas au-delà des portes Scées et du hêtre. Une fois seulement il m'y attendit, et c'est à peine s'il put se dérober à ma poursuite. Mais maintenant, je ne veux plus combattre le divin Hector, et demain, après avoir offert des sacrifices à Jupiter et à tous les dieux, je tirerai à la mer mes vaisseaux chargés de butin, et tu verras, si tu veux , et si cela t'intéresse, tu verras de grand matin naviguer dans les eaux poissonneuses de l'Hellespont, mes vaisseaux poussés par de vigoureux rameurs. Si le glorieux Nep-tune, qui fait trembler la terre, nous accorde un heureux voyage, j'arriverai dans trois jours sur la terre fertile de Phthie. Là m'at-tendent de grands biens que j'ai laissés en venant ici pour mon malheur ; et j'emporte encore de ce rivage de l'or, du cuivre, des femmes à la belle ceinture et du fer étincelant, tout le butin qui m'est échu en partage. La récompense qu'il m'avait donnée lui-même, le Hector ne voulait pas provoquer le combat loin du mur (des murailles), mais il s'avançait autant-que jusqu'aux portes Scées et au hêtre :

là il m'attendit seul un jour, et il échappa à peine à l'assaut de moi.

Mais maintenant puisque je ne veux pas combattre Hector divin, demain ayant fait des sacrifices à Jupiter et à tous les dieux, lorsque j'aurai tiré à-la-mer mes vaisseaux chargés bien, tu verras, si tu veux, et si ces-choses sont-à-souci à toi, mes vaisseaux naviguant de grand matin sur l'Hellespont poissonneux, et dedans des hommes occupés-avec-ardeur à ramer ; et si le dieu qui-ébranle-la-terre glorieux nous donnait une bonne-navigation, j'irais certes à Phthie fertile le jour troisième.

Or il est à moi des biens très nombreux, que j'ai laissés venant-pour-mon-malheur ici ; et j'emporteraj d'ici d'autre or encore et de l'airain rouge et des femmes à-la-belle-ceinture et du fer blanc, tout-ce-que j'ai obtenu du-moins; mais Agamemnon fils-d'Atrée puissant, lequel donna la récompense à moi, puissant Agamemnon, fils d'Atrée, me l'a outrageusement ravie ; car je veux que tu lui rapportes ouvertement mes paroles, afin de soulever l'indignation des autres Grecs, s'il tentait encore de tromper quelqu'uu d'entre eux, l'impudent qu'il est, comme toujours ! et, malgré sa cynique assurance, il n'oserait pas me regarder en face. Je ne l'aiderai jamais ni de mes conseils ni de mon bras. Il m'a trompé; il m'a of-fensé : il ne saurait plus désormais me surprendre par des paroles. Qu'il soit satisfait, et coure à sa perte, sans me troubler ! Car le sage Jupiter lui a ravi la raison. Ses présents me sont odieux, et je ne fais aucun cas de sa personne. Non, quand il me donnerait dix et vingt fois autant de richesses qu'il en possède aujourd'hui et qu'il en aura jamais ; toutes celles qui abondent à Orchomène, ou dans la ville de me l'a ravie de nouveau me faisant-injure; vous pouvez dire à lui toutes-choses ouvertement, comme je vous le recommande ; afin que les autres Achéens aussi s'indignent, si par-hasard il espère devoir tromper encore quelqu'un des Grecs, lui, revêtu toujours d'impudence !

et il n'oserait pas, quoique étant cynique, regarder en face à moi-du-moins; je ne me concerterai-avec lui ni aucunement pour les conseils ni à la vérité pour l'action ; car il a trompé certes et il a offensé moi; et il ne me tromperait plus par des paroles maintenant de nouveau; et c'est assez pour lui, mais que tranquille il aille-à-sa-per(e !

car Jupiter prudent a enlevé l'esprit de lui.

Mais les présents de lui sont odieux à moi, et j'honore lui à l'égal d'un cheveu.

Pas même s'il donnait à moi et dix-fois et vingt-fois autant de biens que il en est à lui maintenant, et si d'autres lui arrivent de-quelque-part ; ni s'il m'en donnait autant-que il en arrive à Orchomène, ni s'il m'en donnait autant-que il en arrive à Thèbes Egyptienne, Thèbes, en Egypte, dont les maisons regorgent de trésors, et dont les cent portes donnent chacune passage à deux cents hommes avec leurs coursiers et leurs chars ; diU-il m'en donner autant qu'il y a de sable et de poussière au monde, Agamemnon n'apaisera jamais mon ressentiment avant d'avoir complètement expié le cruel outrage qu'il a fait à mon cœur. Non, je n'épouserai pas la fille d'Agamemnon, fils d'Atrée, fût-elle aussi belle que la blonde Vénus, aussi industrieuse que Minerve aux yeux bleus; je ne l'épouserai pas! Qu'il choisisse pour gendre parmi les Grecs quelque autre guerrier qui lui convienne et qui soit plus puissant que moi ! Si les dieux me conservent et que je retourne dans ma patrie, Pélée me choisira lui-même une épouse. Il y a dans la Grèce et dans la terre de Phthie assezde Grecques, filles des rois puissants qui gouvernent les villes : je me ferai de celle qui me plaira une compagne chérie. Alors, mon dessein est de jouir avec l'épouse légitime, et digne de moi, que je me serai donnée, des biens que le vieux Pélée s'est amassés. Car à mes yeux rien n'est préféra-où des richesses très-nombreuses gisent dans les maisons; laquelle (Thèbes) est à-cent-portes, et deux-cents hommes sortent par chacune de ces portes avec des chevaux et des chars ; pas-même si il donnait à moi autant que et le sable et la poussière ont de grains, Agamemnon ne persuaderait pas même ainsi mon cœur, avant du moins d'avoir expié à moi toute l'injure pénible-au-cœur.

Mais je n'épouserai pas de jeune fille d'Agamemnon, fils-d'Atrée; pas-même si elle le disputait en beauté à Vénus dorée, et que elle s'égalât pour les ouvrages à Minerve aux-yeux-d'azur ; je n'épouserai pas-même elle ainsi ; mais que lui choisisse un autre des Achéens, celui-qui-convient à lui, et qui est plus-pwissani-roi.

Car certes si les dieux sauvent moi et que je revienne chez-moi, Pelée lui-même certes mariera ensuite une femme à moi.

Or beaucoup d'Achéennes sont et par la Grèce et à Phthie, jeunes-filles de vaillants-chefs, lesquels protègent des villes:

desquelles filles je ferai épouse mienne celle-que je voudrai.

Or le cœur très-viril [moi, était (est) poussé certes beaucoup à ayant épousé une femme légitime, compagne convenable, à jouir là des richesses que Pélée vieillard a acquises ; ble à la vie : ni les richesses que la ville populeuse d'Ilion possédait, dit-on, pendant la paix, avant l'arrivée des fils des Grecs ; ni les tré-sors que renferme le temple de pierre de Phébus Apollon, au sein des rochers de Delphes. On peut réparer la perte des bœufs et des gras troupeaux ; acquérir des trépieds et des chevaux àla blonde criniere ; mais rappeler la vie, la ressaisir, c'est impossible, quand une fois elle a franchi la barrière des dents, avec le dernier soupir. Ma divine mère, Thétis aux pieds d'argent, m'a dit que deux destinées diffé-rentes pouvaient me conduire au terme de la mort. Si je demeure pour combattre sous les murs de la ville des Troyens, je perds tout espoir de retour, mais je gagne une gloire immortelle. Si, au con-traire, je retourne dans mes foyers, au sein de ma chère patrie, je renonce à la gloire, mais une longue vie m'est assurée, et la mort car ce n'est pas pour moi une chose comparable à la vie, non-pas-même tout-ce-qne on dit avoir acquis (possédé) Ilion, ville bien-habitée, auparavant pendant la paix, avant les fils des Achéens être venus ; ni tout-ce-que le seuil de-pierre de Phébus Apollon qui-lance-<2es^raite enferme en-dedans dans Pytho pierreuse. [quérir Car et les bœufs sont faciles-ii-con-et les brebis grasses et les trépieds aussi sont susceptibles-d'être-acquis ainsi-que les têtes blondes des che-mais la vie d'un homme [vaux ; n'est ni susceptible-d'être-conquise ni saisissable pour revenir de nouveau, après que certes elle aura franchi le rempart des dents.

Car et ma mère déesse, Thétis aux-pieds-d'argent, dit les Parques (un destin) doubles porter moi au-terme de la mort.

Si d'un côté, restant ici, je combats-autour de la ville des Troyens, le retour à la vérité est perdu pour moi, mais ma gloire sera impérissable ; si d'nn antre côté je retourne chez-moi dans la terre chérie de-la-patrie, une gloire bonne est perdue pour moi, mais une vie sera à moi pour long-temps, n'est pas près de m'atteindre. Je conseille donc à tous les autres Grecs de retourner dans leur patrie, car vous ne pouvez plus espérer de voir la ruine d'Ilion aux murailles élevées. Jupiter, qui se fait enten-dre au loin, étend sur elle une main protectrice, et les peuples ont repris courage. Partez maintenant, et rapportez mes paroles aux chefs des Grecs, puisque c'est là le privilége des vieillards, afin qu'ils prennent une résolution meilleure, qui assure le salut des vaisseaux etde l'ar-mée des Grecs sur leurs creux navires. L'espoir que vous aviez conçu n'est plus fondé : je reste fidèleà mon ressentiment. Que Phénix reste parmi nous et couche ici, pour s'embarquer demain, s'il le veut, et nous suivre dans notre chère patrie; mais je ne veux pas l'y con-traindre. »

Il dit. Tout le monde, frappé de ce discours, observe un profond silence. On admire la fermeté du refus. Enfin le vieux Phénix, habiie et le terme de la mort n'atteindrait pas moi promptement.

Mais moi aussi je conseillerais aux autres de retourner-en-naviguant chez-eux ; puisque vous ne trouverez plus le dernier-jour d'Iliôn élevée ; car Jupiter dont-la-voix-porte-loin a étendu-sur elle beaucoup sa main, et les peuples se sont rassurés.

Mais vous à la vérité allant, rapportez la nouvelle aux vaillants-chefs des Achéens ; car cela est le privilége des vieillards ; afin que ils conçoivent dans leur esprit une autre pensée meilleure, qui puisse-sauver à eux et leurs vaisseaux et l'armée des Achéens sur leurs vaisseaux creux ; puisque celle-ci du moins laquelle ils conçurent aujourd'hui n'est pas prête àseréaliser pour eux, moi persévérant-dans-mon-ressenti- Mais que Phénix se couche [ment.

restant ici près de nous, afin que demain il suive moi dans mes vaisseaux vers la patrie chérie, si il veut ; mais je n'emmènerai nullement lui par nécessité (par force).

Il parla ainsi ; et certes eux tous restèrent en-repos en silence, admirant le discours ; car il refusa très fermement. à conduire des coursiers, dit en versant des larmes; car il craignait beaucoup pour les vaisseaux des Grecs :

« Si tu médites ton départ, illustre Achille, et que, refusant abso-lument de défendre nos vaisseaux rapides des fureurs de l'incendie, tu nourrisses toujours ton ressentiment dans ton cœur, comment fe-rai-je, mon cher fils, pour rester ici seul, abandonné loin de toi? Le vieux Pélée, habile à conduire des coursiers, m'attacha à toi du jour qu'il t'envoya de Phthie vers Agamemnon. Tu étais bien jeune alors, et tu ne connaissais encore ni la guerre, qui fait sentir à tous égale-ment ses rigueurs, ni les conseils, où les guerriers acquièrent aussi de la gloire. Il me chargea donc de t'instruire et de te rendre à la fois éloquent dans les conseils et brave dans les combats. Aussi, mon cher fils, je ne consentirais pas à me séparer de toi, quand même un dieu me promettrait de faire disparaître ma vieillesse, et de me tendre Mais enfin certes Phénix vieillard habile-à-conduire-les-chevaux dit-parmi les autres versant-de-chaudes larmes ; car il craignait beaucoup pour les vaisseaux des Achéens « Si à la vérité certes tu te mets du moins le retour dans l'esprit, Achille brillant, et que tu ne veuilles pas du-tout écarter des vaisseaux rapides le feu dévorant, puisque la colère -est tombée dans ton cœur ; comment serais-je laissé ensuite là seul, loin de toi, mon enfant chéri?

Mais Pélée vieillard habile-à-conduire-les-chevaux envoya moi avec toi ce jour où il envoya de Phthie à Agamemnon toi enfant, ne connaissant pas-encore la guerre égale pour tous, ni les délibérations-publiques, où les hommes aussi deviennent très-distingués.

C'est pourquoi il a envoyé moi, pour f enseigner toutes ces choses, à être et orateur de discours, et faiseur d'actions.

Aussi je ne voudrais pas ensuite être laissé loin de toi, enfant chéri, pas-même si un dieu même, ayant gratté (enlevé) ma vieillesse, venait-à-promettre à moi devoir rendre moi jeune plein-de- vigueur, jeune et vigoureux, comme j'étais, quand je quittai la Grèce, où les femmes sont si belles, pour me soustraire au courroux de mon père Amyntor, fils d'Orménus. Le sujet de sa colère contre moi, ce fut mon amour pour une femme à la belle chevelure, qu'il aimait lui-même, au mépris de ma mère, sa compagne légitime. Ma mère me suppliait toujours à genoux de prévenir par mon union avec la ri-vale les nouvelles amours du vieillard. J'obéis et je fis ce qu'elle dé-sirait. Mon père s'en aperçut bientôt, et me maudit. Il conjura les terribles furies de ne jamais permettre qu'un fils de moi pût s'asseoir sur ses genoux. Les dieux, le Jupiter des Enfers et la terrible PrOlier-pine, accomplirent ses imprécations. J'avais conçu le dessein de le tuer avec le fer aigu ; mais quelque dieu me fit oublier ma coltre en rappelant à mon esprit les rumeurs du peuple et les noms odieux dont me poursuivraient les hommes : je ne voulus pas qu'on m'ap-pelât parricide parmi les Grecs ; dès-lors je ne pouvais plus IDIILJ:ésou-tel-que lorsque je laissai pour-la-première-fois la Grèce aux-belles-femmes, fuyant les reproches de mon père Amyntor SIs-d'Orménus; lequel s'irrita contre moi pour une concubine anx-beaux-cheveux, laquelle il aimait lui-même, et il outrageait son épouse, ma mère ; celle-ci suppliait toujours moi me prenant par les genoux, de m'unir-avant lui à la concubine, afin que elle haït le vieillard.

J'obéis à elle et je le fis :

mais mon père l'ayant compris sur-le-champ, me maudit beaucoup, et invoqua les Furies odieuses, demandant un fils chéri, né de moi, ne devoir-jamais être-âssis-sur ses genoux ; et les dieux accomplirent ses imprécations, et le Jupiter souterrain et Proserpine terrible.

Moi à la vérité je résolus de tuer lui avec l'airain aigu ; mais quelqu'un des immortels fit-cesser ma colère, fequel certes plaça dans tMn cœur (me fit suger à) la rumeur du peuple et les reproches nombreux des hommes, afin que je ne fusse pas appelé meurtrier-de-naon-père parmi les Achéens. dre à rester dans le palais de mon père irrité. Mes amis, mes parents, réunis autour de moi, me suppliaient, et cherchaient à me retenir. Ils immolaient de grasses brebis, et des taureaux, aux jambes torses, aux cornes recourbées; ils faisaient rôtir la chair succulente des porcs en la présentant à la flamme de Yulcain ; ils buvaient le vin et vidaient les amphores du vieillard. Pendant neuf nuits, ils dormirent à mes côtés : ils me gardaient tour à tour. Deux foyers restaient tou-jours allumés, l'un sous le portique de la cour, bien défendue par des murs ; l'autre dans le vestibule, devant la porte de la chambre où je couchais. Mais quand la dixième nuit survint avec son ombre, je bri-sai, malgré leur solidité, les portes de ma chambre, et m'échappant, je franchis les murs de la cour, facilement et à l'insu des hommes et des femmes, qui me surveillaient. Je m'enfuis alors au loin, à travers ILIADE, IX. G 3 Alors l'instinct dans l'esprit à moi ne supportait plus du-tout de séjourner dans le palais, mon père étaut-irrité.

Certes d'un côté des amis et des parents étant autour de moi suppliant beaucoup me retenaient là-même dans le palais ; et ils immolaient beaucoup de brebis grasses et des bœufs aux-pieds-tratnants aux-cornes-tortues, et beaucoup de porcs florissants de graisse étaient étendus étant rôtis par la flamme de Vulcain ; et beaucoup de vin du vieillard était bu des cruches-de-terre.

Or ils reposèrent neuf-nuits autour de moi même pendant les nuits ; ceux-ci changeant (à tour de rôle) faisaient la garde ; et jamais le feu ne s'éteignit, l'un d'uii-côté sous le portique de la cour bien-défendue, un autre d'un-autre-côté dans le vestibule, devant les portes de ma chambre.

Mais lorsque certes la dixième nuit ténébreuse survint pour moi, et alors moi je sortis ayant brisé les portes de ma chambre jointes solidement, et je franchis facilement le mur de la cour, me cachant et aux hommes gardiens et aux femmes servantes. la vaste Grèce, et, arrivé à Phthie, dont les plaines fécondes nourris-sent de gras troupeaux, je me réfugiai auprès du roi Pélée, qui me reçut avec bonté, et me chérit comme un père aime son fils unique, né dans sa vieillesse, et qu'il élève au sein de l'abondance. Il me fit riche, et soumit àmes lois un peuple nombreux. J'habitais les confins du territoire de Phthie, et commandais aux Dolopes. Et eest moi qui t'ai fait ce que tu es aujourd'hui, Achille égal aux dieux, et je t'ai toujours aimé du fond de mon cœur. Tu ne voulais jamais te mettre à table avec un autre que moi, ni prendre tes repas dans le palais de ton père, avant que je ne t'eusse assis sur mes genoux, pour te prépa-rer les morceaux et porter le vin à tes lèvres. Plus d'une fois tusouH.las ma tunique en rejetant le vin de ta bouche sur ma poitrine, dans ces pénibles années de l'enfance. C'est ainsi que, pour toi, j'ai enduré beaucoup, et me suis donné bien du mal, dans cette pensée, que, si Je fuyais ensuite au-loin à travers la Grèce spacieuse, et j'arrivai à Phthie fertile, mère des troupeaux, chez Pélée prince ; et lui plein-de-bienveillance accueillit moi, et il aima moi, et comme un père aimerait son enfant unique, né-dans-sa- viei 11 esse, dans des biens nombreux ; et il rendit moi riche, et il attacha à moi un peuple nombreux :

et j'habitais la-partie-extrême de Phlhie, commandant aux Dolopes.

Et je fis toi si grand (je t'élevai jusqu'ici), Achille égal aux dieux, t'aimant du fond du cœur; puisque tu ne voulais ni aller au repas (à table) avec un autre, ni prendre-de-nourriture dans ton palais, avant que du moins certes moi ayant assis toi sur mes genoux, et je te rassasiasse de viande-cuite l'ayant coupée-d'avance et ayant approché de ta bouchelevin; souvent tu mouillas de vin la tunique à moi sur ma poitrine, le faisant-jaillir de ta bouche dans l'enfance douloureuse.

Je souffris ainsi grandement beaucoup, et je me fatiguai beaucoup pour toi, les dieux De m'avaient pas accordé un rejeton de ma race, je pour-rais du moins t'adopter pour mon fils, Achille égal aux dieux, et que tu me garantirais d'une destinée cruelle! Achille, maîtrise l'orgueil de ton cœur, et ne te montre pas impitoyable : les dieux eux-mêmes se laissent fléchir; et pourtant ils sont plus puissants et plus forts. Eh bien, par des sacrifices et par d'humbles prières, avec les libations et la graisse des victimes, les hommes parviennent à les apaiser en les implorant, quand ils les ont offensés, et qu'ils sont coupables. Les Prières sont filles du grand Jupiter : boiteuses, ridées, le regard baissé, elles suivent avec inquiétude la Faute, qui marche d'un pas agile et rapide. Aussi les devance-t-elle de beaucoup, et parcourt-elle toute la terre pour le malheur des hommes. Les Prières viennent der-rière elle pour y remédier. Celui qui les respecte, ces filles de Jupi-pensant ces choses, à savoir que les dieux n'accomplissaient nullement à moi une postérité venue de moi ; mais je faisais toi enfant pour moi, Achille égal aux dieux, afin que un jour tu écartasses de moi une calamité indigne.

Mais, Achille, dompte ton cœur grand ; et il ne faut nullement toi avoir un cœur impitoyable ; mais et les dieux eux-mêmes aussi sont susceptibles-d'être-ramenés, eux dont et la vertu est plus grande ainsi-que l'honneur et la force.

Et à la vérité les hommes suppliant fléchissent eux par des sacrifices et par des vœux aimables et par les libations et par la graisse des victimes, lorsque quelqu'un transgresse leurs lois et faillit.

En effet les Prières sont filles de Jupiter grand, et boiteuses et ridées et louches quant aux yeux ; lesquelles certes ont-soin aussi marchant par-derrière la Faute.

Mais la Faute est et robuste et agile-quant-aux-pieds ; c'est-pourquoi elle devance de beaucoup toutes les Prières, et elle les prévient-en-courant par toute la terre, nuisant aux hommes; et celles-ci guérissent derrière elle.

Et celui-qui à la vérité respectera les filles de Jupiter allant plus près (approchant) , ter, quand elles viennent le visiter, en reçoit un puissant secours, et elles exaucent ses vœux. Mais si quelqu'un les repousse, et leur op-pose un refus obstiné, elles s'en vont-supplier Jupiter, fils de Saturne, d'attacher la Faute à ses pas, et de les venger en le punisttnt. Achille, accorde donc aux filles de Jupiter cet hommage, que ne leur refuse pas le cœur des plus vaillants héros. Si le fils d'Atrée ne t'of-frait pas des présents, s'il ne t'en promettait pas d'autres encore, et qu'il se montrât toujours irrité, je serais loin moi-même de t'engager à oublier ta colère et à secourir les Grecs, malgré leur détresse. Mais il te propose aujourd'hui de te donner de grands biens ; il t'en promet encore pour l'avenir, et il envoie pour t'implorer les chefs les plus il-lustres, qu'il a choisis dans l'armée, et qui sont de tous les Grecs les plus chers à ton cœur 1 Ne méprise pas leurs instances, et ne raids pas leur démarche inutile. Jusqu'à présent ton courroux fut excusa-- ILIADE, lX- 69 et elles servent beaucoup lui, et elles exaucent lui priant; mais celui-qui les repousse et refuse opiniâtrement, et celles-ci certes demandent, abordant Jupiter fils-dc-Saturne, la faute suivre lui en-même-temps, afin que éprouvant-du-dommage il paie le châtiment de son crime.

Mais, Achille, toi aussi permets l'hommage suivre les filles de Jupiter, lequel hommage fléchit l'espxit de bien d'autres quoique étant vaillaats.

Car à la vérité si le fils-d'Atrée ne foffrait pas des présents, et ne te nommait pas ceux-que il veut te faire plus-tard, mais qu'il fût-ifiité toujours très-virement, quant-à-moi je n'ordonnerais pas toi ayant rejeté ton ressentiment porter-secours aux Argiens, quoique en ayant-besoin toul-à-fait ; mais à présent et il donne ensemble beaucoup-de-choses sur-le-champ, et il a promis celles-que il te donnera plus-tard, et il a envoyé-en-avant des hommes excellents te supplier,.

les ayant choisis dans l'armée Achéenne, et qui des Argiens sont les-plus-chers à toi même :

toi-du-moins ne confonds pas le discours d'eux, ni leurs pieds (leur démarche) ; or t'être irrité auparavant n'est nullement répréhensible. ble. Il est certains héros des temps passés dont nous entendons célé-brer la gloire et qui cédèrent aussi à des sentiments de colère : mais ils se laissaient désarmer par des présents, et fléchir par des prières. Je me rappelle un exemple d'autrefois : ce n'est pas un fait nouveau; mais, tel qu'il s'est passé, je vais vous le raconter à vous tous, mes amis. Les Curètes et les Étoliens belliqueux combattaient sous les murs de la ville de Calydon et s'entr'égorgaient, les Étoliens défen-dant la belle Calydon, les Curètes brûlant de la ravager par la guerre. C'était Diane, au trône d'or, qui leur avait envoyé ce fléau, irritée contre OEnée qui ne lui avait pas offert les prémices de la moisson, tandis qu'il avait immolé des hécatombes aux autres dieux. La fille du grand Jupiter fut la seule à qui OEnée ne sacrifia pas, soit onhli, soit négligence : fatale erreur 1 Dans son dépit, la fille de Jupiter, au Nous avons appris ainsi la gloire des hommes héros même de ceux d'auparavant, lorsque une colère violente était venue à quelqu'un ; ils étaient et sensibles-aux-présenls et faciles-à-persuader parles paroles.

Moi je me souviens de ce fait d'autrefois, qui n'est nullement nouveau certes, comme il fut (tel qu'il se passa) :

or je le dirai parmi vous tous amis.

« Et les Curètes, et les Ëtoliens qui-soutiennent-le-combat combattaient autour de la ville de Calydon, et se tuaient les-uns-les-autres ; les Ëtoliens d'un-côté défendant Calydon aimable, les Curètes d'un-autre-côté brûlant de la ravager par la Guerre,.

Et en effet Diane au-trône-d'or souleva ce malheur à eux, s'étant irritée, parce que OEnée ne sacrifia nullement à elle les prémices sur le sol-fertile de la plaine; mais les autres dieux se partagèrent les Hécatombes, mais il ne sacrifia pas à la fille seule de Jupiter grand, soit qu'il l'oublia, soit qu'il n'y songea pas; et il pécha grandement par le cœur.

Or la déesse fière-de-ses-flèches, race divine, s'étant irritée, brillant carquois, suscita un sanglier sauvage aux blanches défenses, qui commit les plus grands dégâts sur les terres d'OEnée, et renversa sur le sol les grands arbres avec leurs racines, leurs fleurs et leurs fruits. Le fils d'OEnée, Méléagre, le tua, en appelant à lui des villes voisines de nombreux chasseurs avec leurs chiens ; car il fallait beau-coup de monde pour dompter ce terrible animal. Il était énorme, et il fit monter bien des guerriers sur le bûcher funèbre. Alors Diane suscita une grande querelle à Méléagre au sujet de la hure et de la dépouille hérissée du sanglier, et la guerre s'alluma entre les Curètes et les magnanimes Étoliens. Tant que Méléagre, ami de Mars, prit part au combat, les Curètes furent maltraités, et ils ne purent se maintenir en dehors des murs, malgré leur nombre. Mais lorsque Méléagre se laissa emporter à la colère, qui enfle quelquefois le cœur des plus sa-suscita un porc sauvage couchant-sur-l'hei be, aux-dents-blanches, qui faisait beaucoup de maux fréquentant le champ d'OEnée; celui-ci jetait par-terre des arbres grands nombreux les-uns-sur-les-autres, avec les racines mêmes et les neurs mêmes des fruits.

Or Méléagre, fils d'OEnée, tua le sanglier, ayant réuni de villes nombreuses des hommes chasseurs et des chiens; car il n'eût pas été dompté par des mortels peu-nombreux :

il était si grand, et il fit-monter beaucoup d'hommes sur le bûcher douloureux.

Mais elle (Diane) mit autour de lui (Méléagre) un grand tumulte et une grande mêlée au-sujet-de la tête du sanglier et de sa peau hérissée-de-soies, au milieu et des Curètes et des Étoliens magnanimes.

Tant-que à la vérité donc Méléagre ami.de-Mars fit-la-guerre, aussi-longtemps cela fut mal pour les Curètes ; et ils ne pouvaient pas rester en-dehors du mur (de la ville), J quoique étant nombreux.

Mais lorsque certes la colère pénétra Méléagre, laquelle enfle dans la poitrine l'esprit même d'autres pensant pourtant sagement ; ges, lorsqu'il s'irrita contre sa mère Althée, il se retira auprès de son épouse bien aimée, la belle Cléopâtre, la fille de Marpessa aux beaux pieds, qui avait Ëvénus pour père, et d'Idas, le plus valeureux des hommes qui fût alors sur la terre, qui osa s'armer de l'arc contre Phé-bus Apollon, pour lui disputer la jeune fille aux beaux pieds. cléepà-tre était appelée alors Alcyoné dans le palais de son père, parce que sa mère ayait éprouvé le triste sort d'Alcyon, et qu'elle avait bien pleuré, quand Phébus Apollon, qui lance au loin les traits, l'avait ra-vie. Méléagre reposait aux côtés de Cléopâtre, dévorant le cuisant chagrin que lui causait sa mère, qui, dans sa douleur, l'avait maudit et demandait aux dieux vengeance pour le sang fraternel. Elle frap-pait de ses mains le sein fécond de la terre, invoquant à genoux Plu-ton et la terrible Proserpine, à qui elle demandait, le sein baigné de certes lui irrité dans son cœur contre Althée sa mère, reposait auprès de son épouse légitime, la belle Cléopâtre, fille de Marpessa aux-beaux-talons.

fil le-d'Ë vénus, et d'Idas, qui fut le plus fort des hommes habitant-su r-Ia-terre de ceux d'alors, et certes il prit son arc contre Phébus Apollon à cause de la jeune-fille aux-beaux-talons ; et son père et sa mère vénérable appelaient alors dans leur palais elle surnommée Alcyoné, parce que certes la mère d'elle ayant le destin d'Alcyon à-la-grande-douleur, criait-en-pleurant, lorsque Phébus Apollon qui-lance-au-loin les traits ravit elle; celui-ci était-couché-auprès d'elle, digérant sa colère pénible-au-cœur, étant irrité à cause des imprécations de sa mère, qui certes affligée beaucoup priait les dieux à cause du meurtre fraternel ; et elle frappait aussi beaucoup avec les mains la terré très-fertile, invoquant Pluton (le priant) et Proserpine terrible, s'asseyant (se mettant) à genoux, et son sein était mouillé de pleurs, larmes, la mort pour son fils. Elle fut entendue du fond de l'Érèbe par l'infernale Erinnys, au cœur implacable. Bientôt le tumulte et le bruit des armes assiègent la ville, dont l'ennemi bat les tours. Les vieillards d'Etotie implorent Méléagre, et lui envoient les prêtres sacrés des dieux, pour le supplier de venir à leur secours, en lui promettant de grandes récompenses. On lui dit de choisir le territoire le plus riche de la belle Calydon et d'y prendre pour lui un espace de cinquante arpents, moitié vignes et moitié champs. Le vieil OEnée, habile à con-duire des coursiers, debout, sur le seuil de sa chambre au toit élevé, dont il ébranle la porte solide, implore son fils à genoux. Ses sœurs et sa mère vénérable l'implorent à leur tour ; mais il refuse plus obs-tinément encore ; il repousse les prières de ses meilleurs, de ses plus chers amis Rien ne peut apaiser le ressentiment de son cœur, jusqu'à de donner la mort à son enfant ; or Erinuys habitante-des-ténèbres ayant un cœur inflexible entendit elle de l'Érèbe :

or le tumulte d'eux et le bruit s'éleva bientôt autour des portes, les tours étant battues ; et les vieillards des Étoliens suppliaient lui, et lui envoyaient les prêtres excellents des dieux, le prier de sortir et de les défendre, lui promettant un présent grand ; où était le terrain le plus gras de Calydon aimable, là ils ordonnèrent lui se choisir une pièce-de-terre très-belle de-cinquante-arpents ; et se couper (se faire une part) moitié d'abord de champ-de-vignes, moitié ensuite sol nu de la plaine.

Or OEnée vieillard habile-à-conduire-les-chevaux priait lui beaucoup, étant monté-sur le seuil de sa chambre au-toit-élevé, ébranlant les planches collées entre elles (la porte) , s'agenouillant devant son fils ; et ses sœurs et sa mère vénérable suppliaient beaucoup lui-pourtaut :

mais lui, il refusait davantage ; et ses compagnons le priaient beaucoup, ceux qui étaient à lui les plus fidèles et les plus chers de tous ; [ainsi mais ils ne persuadèrent pas même le cœur de lui dans sa poitrine, ce que l'ennemi batte les murs de son appartement. Déjà les Curèles escaladaient les tours et incendiaient la grande ville. Alors Méléagre voit son épouse à la belle ceinture, qui l'implore en fondant en lar-mes, et qui lui fait le tableau de tous les malheurs réservés aux hahi-tans d'une ville prise : les hommes massacrés; la ville en proie aux flammes; les enfants emmenés par des étrangers, ainsi que les fem-mes à la belle ceinture. Son cœur s'émut au récit de tant de maux. C'est alors qu'il se lève et qu'il revêt ses armes brillantes. Emporté par son courage, il sauva les Ëtoliens d'une perte certaine. Il n'obtint pas les riches et magnifiques présents qu'on lui avait proposés, et cependant il avait éloigné le danger. Mais toi, garde-toi d'agir comme lui; sois mieux inspiré, ami! Quel malheur, si tu attendais, pour les défendre, que nos vaisseaux fussent incendiés ! Viens ; les récompenses ne te manqueront pas, et les Grecs t'honoreront à régal avant du-moins que certes sa chambre ne fut battue fortement ; mais les Curètes montaient sur les tours, et incendiaient la ville grande.

Et alors certes son épouse à-la-belle-ceinture se lamentant suppliait Méléagre, et disait-en-détail à lui toutes les peines, qui arrivent aux hommes, dont la ville a été prise :

et l'on tue les hommes, et le feu réduit-en-cendres la ville, et d'autres emmènent et les entants et les femmes à-Ia-Iarge-ceinture.

Or le cœur de lui entendant ces œuvres funestes fut ému :

et il partit pour aller au combat, et revêtit sur son corps ses armes toutes-brillantes.

Celui-ci repoussa ainsi des Étoliens le jour funeste ayant cédé à son cœur ; mais ils n'accomplirent pas à lui les présents nombreux et agréables, et il avait écarté pourtant ainsi le malheur,

« Mais toi ne conçois pas certes ces sentiments dans ton esprit, et qu'une divinité ne tourne pas toi de-ce-côté, d mon ami ; et il serait pire de porter-secours à nos vaisseaux incendiés ; mais viens pour des présents ; car les Achéens honoreront toi à-régal d'un dieu. d'un dieu. Mais si tu repousses nos présents, et que tu viennes -plus tard affronter les périls de la guerre, n'espère plus les mêmes hon-neurs, dusses-tu triompher de l'ennemi ! « Achille aux pieds légers, lui répondit : « Phénix, vénérable vieil-lard, fils de Jupiter, je n'ai pas besoin de tous ces honneurs. Je me crois assez honoré par la protection de Jupiter, qui ne m'abandon-nera pas sur mes vaisseaux recourbés, tant que le sQBffle de la vie animera ma poitrine et que mes genoux pourront me porter. Mais il est une chose que je veux te dire : grave bien mes parolesde-ns ton âme. Ne trouble plus mon cœur par tes plaintes et tes larmes, qui plaident en faveur du fils d'Atrée. Tu ne dois pas l'aimer, situ ne veux pas me devenir odieux, à moi, qui t'aime tant! Tu dois au contraire détester avec moi celui qui m'offense. Règne doncavec moi, et partage mes honneurs : ces guerriers iront porter au fils d'Atrée ma réponse. Toi, reste ici, et repose sur une couche moelleuse j et demain, au lever de l'aurore, nous délibérerons pour savoir si nous devons retourner dans notre patrie ou demeurer sur ces bords. » Mais si tu entreprends la guerre qui-détruit-les-honimes sans présents, tu ne seras plus également honoré, quoique ayant repoussé la guerre." Or Achille rapide quant aux pieds répondant dit-à. lui :

« Phénix, père vieux, nourrisson-de-Jupiter , besoin n'est nullement à moi de cet honneur; et je pense avoir été honoré par la volonté de Jupiter, lequel honneur aura moi près des vaisseaux recourbés, tant-que le souffle restera dans ma poitrine, et que mes genoux remueront à moi.

Mais je dirai à toi autre-chose, et toi, mets cela dans ton esprit :

ne confonds pas à moi le cœur, te lamentant et te désolant, portant plaisir au héros fils-d'Atrée ; et il ne faut en rien toi aimer lui, afin que tu ne sois pas odieux à moi taimant :

il est beau à toi d'affliger avec moi celui qui afflige moi.

Règne à-l'égal de moi, et partage la moitié de l'honneur.

Mais ceux-ci annonceront, et toi couche-toi restant ici-même dans un lit moelleux; et nous délibérerons avec l'aurore paraissant si nous nous en retournerons vers nos demeures, ou si nous resterons » 8.2

il dit, et des yeux, en silence, il fit signe à Patrocle de préparer à Phénix un bon lit, afin de hâter le départ des autres envoyés. Le di-vin Ajax, fils de Télamon, prit alors la parole :

« Divin fils de Laërte, prudent Ulysse, partons ! car je ne crois pas que par cette voie nous puissions atteindre le but de nos efforts. Il faut nous hâter de rapporter la réponse d'Achille, quoiqu'elle ne soit pas favorable aux Grecs, qui l'attendent maintenant peut-être avec inquié-tude. Mais Achille a dans la poitrine un cœur farouche et superbe. Le cruel ! Il ne tient aucun compte de l'affection dont ses compagnons l'honoraient pardessus tous les autres, au milieu de nos vaisseaux : il est impitoyable ! Et cependant, on accepte bien quelquefois le prix du sang d'un frère; on pardonne même le meurtre d'un fils; et le meurtrier reste au milieu de ses concitoyens, après avoir racheté son crime au

Il dit, et celui-ci fit-signe à Patrocle des sourcils en silence, d'étendre pour Phénix un lit bien-garni, afin que ils s'occupent aussitôt de leur départ de la tente.

Mais Ajax certes égal-à-un-diel:

fils-de-Télamon dit-parmi eux ce discours :

(1 Nourrisson-de-Jupiter, fils-de-Laërte, Ulysse fertile-en-expédients, allons-nous-en ; car le but de notre discours ne paraît pas à moi devoir être accompli par cette voie dû-moins ; mais il faut au-plus-tôt rapporter ce discours, quoique n'étant pas bon , aux Grecs, qui peut-être maintenant sont-assis attendant..

Mais Achille s'est mis dans la poitrine un cœur superbe farouche ; il est cruel, et il ne tient-pas-compte de l'amitié de ses compagnons, de celle par laquelle nous bonorionslui au-dessus des autres près de nos vaisseaux ; impitoyable !

et à la vérité on reçoit l'expiation du meurtrier d'un frère ou de son fils mort; et certes celui-ci.(le meurtrier) reste là-même dans lé peuple, ayant payé beaucoup; prix de ses trésors, tandis que la colère s'éteint dans le cœur de l'of-t'ensé que des présents apaisent. Mais toi, les dieux t'ont mis dans l'âme un ressentiment implacable, quand il s'agit de cette jeune cap-tive. Nous t'offrons maintenant sept captives parfaitement belles, et tant d'autres trésors avec elles ! Cède à de meilleurs sentiments, et sache mieux honorer ta demeure par l'hospitalité. Nous venons du milieu des Grecs pour visiter ton toit, et nous sommes jaloux de Tes-ter tes amis les plus dévoués et les plus chers 1 » Achille aux pieds légers lui répond : «Divin Ajax, fils de TélamoJl, souverain des peuples, tous tes discours me paraissent dictés par la raison ; mais mon cœur se gonfle de colère, quand je me rappelle les outrages que m'a fait subir parmi les Grecs le iils d'Atrée, qui m'a traité comme un misérable proscrit. Allez donc, et rapportez-lui ma réponse : je ne reparaîtrai pas dans la sanglante mêlée, avant que le et le cœur et le ressentiment vif de celui ayant reçu l'expiation s'apaise.

Mais les dieux ont mis à toi dans la poitrine un cœur et inflexible et mauvais à cause d'une jeune-fille seule.

Mais maintenant nous en offrons à toi sept supérieurement excellentes, et beaucoup d'autres-choses en-outrenle ceHes-ci ; mais toi mets-en-toi un cœur indul-et respecte ta maison ; [gent, or nous sommes à toi compagnons sous-le-même-toit venus de la foule des Gréas, et nous nous efforçons d'être à toi et très-chers et très-aimés par-dessus les autres, autant-que noussemmes d'Acliéens.»

Mais Achille rapide quant aux pieds, répondant dit-à lui :

« Ajax fils-de-Jupiter, fils-de-Télamon souverain des peuples, tu as paru à moi en-quelque-chose avoir parlé en-tout selon ton cœur ; mais le cœur s'enfle à moi de colère, lorsque je me rappelle ces choses, comment le fils-d'Atrée a fait moi déshonoré parmi-les Argiens, comme quelque émigré sans-honneur.

Mais vous allez, et rapportez la nouvelle (maréponse); car je ne songerai pas avant à la guerre sanglante, fils du belliqueux Priam, le divin Hector, ne parvienne jusqu'aux tentes et aux vaisseaux des Myrmidons, et ne se fasse un passage à travers les cadavres des Grecs pour incendier leurs navires! Une fois qu'il sera près de ma tente et de mon vaisseau noir, j'espère bien que, malgré sa valeur, il se retirera du combat! »

Il dit. Chacun prend une double coupe et fait des libations; puis les députés s'en retournent vers les vaisseaux : Ulysse les conduit. Alors Patrocle ordonne à ses compagnons et aux servantes de prépa-rer au plus tôt un bon lit pour Phénix. On obéit à ses ordres, et l'on dresse un lit de peaux de brebis, de couvertures, et de lin précieux. C'est là que reposa le vieillard en attendant le retour de la divine Au-rore. Achille se retira au fond de sa tente solidement fermée, et à ses côtés vint reposer une femme qu'il avait ramenée de Lesbos, la fille dePhorbas, Diomédéaux belles joues, Patrocle couchait à l'autre ex-avant du moins que le fils de Priam belliqueux, Hector divin, être venu vers et les tentes et les vaisseaux des Myrmidons, tuant les Argiens, et avoir consumé les vaisseaux par le feu.

Mais je pense certes Hector, quoique bouillant-d'ardeur, devoir s'abstenir du combat autour de la tente mienne et de mon vaisseau noir. »

Il parla ainsi ; et ceux-ci, chacun ayant pris une coupe à-double-ouverture, ayant fait-des-libations, allèrent de nouveau vers les vaisseaux ; et Ulysse allait-en-avant.

Cependant Patrocle ordonna à ses compagnons et aux servantes d'étendre le plus-tôt-possible un lit bien-garni pour Phénix.

Celles-ci obéissant étendirent un lit, comme il avait ordonné, et des toisons et une couverture et la fleur fine du lin.

Le vieillard se coucha là, et il attendait l'Aurore divine.

Or Achille dormit dans le fond de sa tente bien-jointe; et une femme certes, laquelle il amena de-Lesbos, Diomédé aux-belles-joues, fille de Phorbas, couchait-à-côté de lui.

Patrocle se coucha de l'autre côté ; trémité : à ses côtés dormait Iphis à la belle ceinture, que le divin Achille lui avait donnée, à son retour de Scyros, la ville d'Enyeus, qu'il avait prise.

Quand les députés arrivèrent dans la tente du fils d'Atrée, les fils des Grecs se levèrent de toutes parts et les accueillirent avec des cou-pes d'or : on les interrogea; Agamemnon, prince des hommes, prit le premier la parole :

« Eh bien, dis-nous, fameux Ulysse, gloire de la Grèce, dis-nous s'il consent à éloigner les flammes ennemies de nos vaisseaux, ou s'il refuse et persiste dans son ressentiment ? »

Le divin et patient Ulysse lui répond : « Glorieux fils d'Atrée, Aga-memnon, prince des hommes, Achille, loin de renoncer à sa colère, semble animé d'une fureur nouvelle : il te repousse, toi et tes présents. Il te conseille d'aviser avec les Grecs aux moyens d'assurer le salut des vaisseaux et de l'armée, et il menace de tirer à la mer, au retour or Iphis certes à-la-belle-ceinture coucha aussi auprès de lui, laquelle Achille divin donna à lui, ayant pris Scyros élevée, ville d'Enyeus.

Lorsque donc ceux-ci furent dans les tentes du iils-d'Atrée, les fils des Acliéens certes reçurent eux à la vérité avec des coupes d'or debout l'un d'un côté l'autre de-l'autre, et ils les interrogeaient; mais Agamemnon prince des hommes interrogea le premier :

(c Va, dis-moi, ô Ulysse très-louable, gloire grande des Aclxéens :

est-ce-que donc il veut repousser des vaisseaux le feu ennemi, ou a-t-il refusé, et la colère a-t-elle encore son cœur superbe?»

Or Ulysse divin supportant-beaucoup dit-à lui en-retour :

« Fils-d'Atrée très-glorieux, Agamemnon prince des hommes, celui-là certes ne veut pas éteindre sa colère, mais il se remplit de fureur encore davantage ; et il repousse toi et tes présents.

Il a ordonné toi-même délibérer parmi les Argiens comment tu pourrais-sauver et les vaisseaux et l'armée des Aché-et lui-même il a menacé [ens ; de tirer à-la-mer de l'aurore, ses vaisseaux pourvus de bons rameurs et aux flancs égale-ment recourbés. Il dit qu'il conseille aux autres Grecs de s'embarquer pour retourner dans leur patrie ; que vous ne verrez pas le dernier jour d'Ilion, aux murailles élevées, et que Jupiter, qui se fait enten-dre au loin, étend une main protectrice sur la ville, et ranime la con-fiance des Troyens. Voilà ce qu'il a dit. Ces guerriers que voici, sont là pour l'attester ; ils étaient avec moi, Ajax ainsi que ces hérauts, tous deux distingués par leur sagesse. Le vieux Phénix a couché sous sa tente, comme Achille l'y a invité, pour s'embarquer demain, s'il le veut, et retourner avec lui dans sa patrie; mais il ne veut pas l'y contraindre. »

Il dit. Tout le monde, frappé de ce discours, observa un profond silence. Cette réponse était bien dure ! Longtemps les fils des Grecs demeurèrent mornes et silencieux. Enfin le vaillant Diomède prit la parole et dit :

«.Glorieux fils d'Atrée, Agamemnon, prince des hommes, tu n'au-rais pas dû implorer l'irréprochable fils de Pélée, et lui offrir de riches ses vaisseaux aux-bons-rameurs recourbés-des-deux-côtés, avec l'aurore naissante; et il a dit aussi devoir engager les autres à retourner-en-naviguant chez-eux ; puisque vous ne trouverez plus le jour-dernier d'ilion élevée :

car Jupiter à-la-voix-étendue a étendu-sur elle beaucoup sa main, et les peuples se sont rassurés.- Il parla ainsi :

et ceux-ci sont pour dire ces choses, eux qui ont suivi moi, Ajax et les deux hérauts, tous-deux prudents.

Mais Phénix le vieillard est couché là-bas :

car Achille l'ordonnait ainsi, afin que il suive lui dans ses vaisseaux vers la patrie chérie demain, si il veut ; mais il n'emmènera nullement lui par nécessité (par force). »

Il parla ainsi :

et certes eux tous furent eu-repos en-silence, admirant ce discours ; [ment.

car Achille avait parlé très violein-- Mais les fils des Achéens affligés furent long-temps silencieux :

mais enfin certes [re Diomède brave quant au cri-de-guer-dit-parmi eux :

« Fils-d'Atrée très-glorieux, Agamemnon prince des hommes, tu ne devais pas supplier le fils-de-Pélée irréprochable, donnant (promettant de donner) présents. Il était déjà superbe ; mais tu lui as inspiré bien plus d'or-gueil encore. Ne nous inquiétons plus de lui, qu'il parte, ou qu'il de-meure ! Il reviendra combattre, quand son cœur le lui dira, et qu'un dieu viendra l'inspirer. Allons! qu'on m'écoute, et que chacun se conforme à mes avis. Songez à vous livrer au repos après vous être rassasiés de pain et de vin : c'est de là que nous viennent la force et la valeur. Demain, quand paraîtra la belle Aurore aux doigts de roses, tu te hâteras de ranger l'armée et les chars devant les vaisseaux ; tu encourageras les soldats, et, toi-même, tu combattras au premier rang. »

Il dit. Tous les rois applaudissent, admirant le discoursde Diomède, qui dompte les coursiers. Puis, quand on eut fait des libations, on se retira, chacun dans sa tente. Alors les Grecs se couchèrent et se li-vrèrent aux douceurs du sommeil.

̃ "0 dedes présents innombrables; celui-ci est orgueilleux aussi d'ailleurs; mais maintenant tu as mis lui bien davantage dans l'orgueil.

Mais certes d'un-côté nous laisserons celui-ci, soit qu'il s'en aille, soit qu'il demeure; il combattra d'un-autre-côté de-nouveau, alors quand le cœur dans la poitrine y engagera lui, et que un dieu l'excitera.

Mais allez, obéissons tous, comme moi j'aurai dit :

à-présent à la vérité couchez-vous, ayant rassasié votre cœur de nourriture et de vin ; car cela est la force et la valeur.

Mais après que l'Aurore belle aux-doigts-de-rose aura paru, retiens sur-le-champ devant les vaisseaux et armée et chevaux, les encourageant ; et aussi toi-même combats parmi les premiers. * Il parla ainsi ; ,et les rois certes applaudirent tous, admirant le discours de Diomède dompteur-de-chevaux.

Et alors certes ayant fait-des-tibations, ils allèrent chacun dans-sa-tente :

or ils se couchèrent là, et prirent le don du sommeil.

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