‹ A 17 ans; drame en quatre actesChapitre 22 sur 42 · CYPRIEN, JÉRÔME, MAD. LAMBERT · texte numérisé non relu

CYPRIEN, JÉRÔME, MAD. LAMBERT

JÉKOME, reconnaissant le jeune garçon (Tauherge. Cyprien ! CYPRIESI, Tiens, c'est toi, Jérôme; et par quel hasard es-tu

à St-Jean-de-Luz?

JÉElOMiii. J'ai ce matin même, une affaire à traiter avec la propriétaire de cette maison.

CYPR1E3I. Madame Girard?.. Ah! une brave femme, va!., je suis à son service depuis dix-huit mois; car tu ne »Bh peut-être pas ça, toi , j'ai quitté le métier des armes.

MAD. LAMBERT. Monsieur a été soldat?

CYPRIEN. Moi, madame?., pas dutout, j'étais armurier comme lui.

JEROME, â sa mère. C'est un de mes camarades d'apprentissage.

CYPRIEN. Chez le père Tissier, à Bayonne; un farceur de bourgeois qu' avait la main d'une vivacité !..

JÉRÔME, souriant. Conviens aussi que tu étais passablement paresseux?

CYPRIEN. C'est vrai que dans ce tems-là, j'avais peut-être les bras un peu coiirts ; mais ce n'était pas une raison pour être toujours à m'alionger les oreilles; à preuve qu'elles sont devenues d'une si énorme escroissana , que si j'étais tombé sur un mauvais numéro, quand j'ai tiré au sort, j'aurais pu les montrer comme une infirmité qui me valait l'exemption.

MAD. LAMBERT. Pauvre jeutie homme !

JÉRÔME- M. Tissier eut tort.

CYPRIEN. N'y a pas de doute. A quoi que ça m'a servi ? à me dégoûter.. . et il y avait de quoi, des coups tout le long de la semaine, et pour changer, des calottes le dimanche. Tandis que, s'il s'y était pris autrement, eh ben! j'aurais fini par y mordre, à c't'état, et j' suis sûr que maintenant j'en vaudrais bcn un autre.

JÉRÔME. Veux- tu t'y remettre? je puis t'en fournir les moyens.

CYPRIEN. Retourner chez M. Tissier ?

JÉRÔME. Non, mais entrer chez moi. L'affaire qui m'amène ici, est le bail de la boutiqvse que M. Josset habite dans cette .maison : nous avons signé hier l'acte par lequel il me cède son établissement, et c'est aujourd'hui même , que j'en prends possession.

CYPRIEN. Le fonds de M. Josset?:. Peste! c'est le plus fort magasin de tout St-Jean-de-Luz!

MAD. LAMBERT. Et mon fils le mènera bien , j'en suis &ûre.

CYPRIEN. Oui, oui, il a du talent; et puis de l'ordre... diable ! t'as fait un beau chemin , toi !

JÉRÔME. C'est pour qu'un jour tu puisses en faire autant, que je t'engage à profiter de mes ofifres. Peut-être d'abord cela ne te vaudra-t-il pas ce que tu gagnes aujourd'hui; mais aussi tu te seras fait un sort indépendant, honorable; car il y a quelque chose qu'il ne faut pas oublier, vois-tu, c'est que la servitude dégrade, tandis que, quelle que soit sa profession, l'ouvrier n'a jamais à rougir du travail gui le fait vivre

MAD LAMBERT, d son fils. C'est penser sagement, ça, mon Jérôme!

2il

CYPRIEKf, à lui même. Tiens, mais au fait, ra mérite réflexion, ( 0 qu'il vient de dire.

JÉRO&lE. Nous recauserons de cela... on peut entrer chez madame Girard, n'est-ce pas?

CVPRIEIV, lai désignant Ut chambre n" l\. Oui, oui ; tu la trouveras, elle est dans son lit, qu'est malade.

JÉPiOME. Au revoir, Cyprien... venez, ma mère.

Il sort avec madame Lambert.

SCEi\E III.

CYPRIEN, seul.

Cyprien sans changer de position, et consid< ranf, tout pensif, la porte par laquelle vient de sortir Jérôn^e.

Il a raison, être en service c'est toujours être valet. . . et quand on est domestique, il est bien difficile d'être son maître; au lieu, c'est une supposition, aujourd'hui je suis ouvrier, demain j'achète un fonds , je suis bourgeois... je paie mon impôt foncier, mon personnel, ma patente.... je suis électeur, je monte la garde, et je jouis de tous les droits et de tous les agrémens attachés à la qualité de citoyen . {A ce moment, on sonne au ;î" 5.) Ah! mon Dieu! c'est le voyageur d'hier soir... eh ben ! il va être content! il m'avait dit de l'éveiller i\ six heures, et moi qu'a mangé l'ordre... Oh! une idée!., je vas mettre ça sur le dos de la pendule. (// va à l'horloge dont il remet l'aiguille sur 6 heures , puis prenant un des habits placés sur une chaise, et allant peur entrer dans la pièce numcrotce 5.) Voilà! voih\! monsieur, voilà...

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