SCENE IV
CYPRIEN, YKÈDMIC, paraissant.
FUÉDÉrilC, ràg77ïgn<. Maladroit! avoir oublié'ce que je vous avais commandé... il est sept heures et demie à ma montre!
CYPRIEN. Ah! monsieur, pardon, c'est qu'elle avance, où bon alors que notre horloge retarde; voyez vous-même, si je suis dans mon tort.
FRÉDÉRIC. Il n'est venu personne me demander? CIPRIEN. Pas seulement un chat, monsieur. FRÉDÉRIC. Vous en êtes bien sûr, n'est-ce pas ? CYPRIEN. On ne peut pas plus, depuis deux heures je n'ai pa:? quille c'te salle.
A 1 7 ans. ^ ii
FRÉDÉRIC. Vous avez aussi remis hier soir, la lettre que je vous avais confiée ?
CYPRIEN. Oui, oui monsieur, tout de suite ; à preuve que c'est même un soldat qui, par parenthèse, se promenait en fumant dans la cour, qui l'a été porter devant moi.
FRÉDÉRIC, à lui-même en regardant sa montre. C'est inconcevable î sept heures et demi, et je lui avais donné rendez-vous à six... [A Cyprlen.) Procurez-moi tout ce qu'il faut pour écrire ?
CYPRIEN, lui désignant ta table qu^ Il vient d'approcher. Monsieur est servi.
FTiÉDÉKlC, s* asseyant et se disposant à écrire. La dame que j'accompagne n'est pas encore levée?
CYPRIEN. Non monsieur.
FRÉDÉRIC. Restez un moment, je vais avoir besoin de vous.
CYPRIEN, à part en se mettant à brosser ses hardes. Sans doute quéque nouvelle commission pour laquelle il va me donner encore une autre pièce de deux francs; voilà o*ù est l'humiliation!
FRÉDÉRIC, écrivant et dictant à demi-haut. « Monsieur, arrivé »hier soir à l'Hôtel de France, je vous ai écrit immédiatement «pour vous prier de venir m'y trouver ce matin à six heures. » Ne concevant pas comment vous avez pu manquer ce rendez- » vous, puisque j'ai la certitude que ma lettre vous a été remise , » je vous préviens que si je ne vous ai pas vu dans une heure , ce Dsera au milieu de vos camarades, que j'irai vous demander «l'explication qu'il faut que j'aie avec vous. Debval. » {Aprls avoir fermé sa lettre et la donnant à Cyprien, avec quelque argent quil tire de sa bourse.) Tenez, mon ami, retournez au quartier, et cette fois, ne remettez ce billet qu'au capitaine Henri de Sénange, lui-même.
CYPRIEN. Si je le trouve, c'est ben facile, mais s'il n'y est pas?
FRÉDÉRIC. Alors vous le chercherez; car il faut à quelque prix que ce soit, que cette lettre lui parvienne : mais vous entendez, à lui, directement?..
CYPRIEN. Oui, enfin ce qu'on appelle en main propre.
FRÉDÉRIC, à pari. Et moi, dans la crainte que cette démarche ne soit encore sans succès, je vais aller dans la ville, prendre de mon côté quelques informations.
CYPRIEN, s'en allant le premier. Tiens, monsieur sort aussi?
FRÉDÉRIC. Je ne serai que peu d'instans.
Il sort. A ce moment Jérôme paraît et a le tems de le reconnaître sans en être va. Madame Lambert le suit de quelques pas.
SCEIVE V.
JÉUOMB, IMAD. LAMIiEKT.
JÉRÔME seutf et regardant au fond. C'est singulier, il m'a semblé reconoaître... Oh! oui, je ne pourrais me Iromper à ce point...
MAD. LAMBERT, entrant. Ma foi c^estune femme bien aimable et bien ronde en affaire, que celte madame Girard; n'exiger aucune avance pour un bail aussi long!., c'est une preuve de la confiance que tu inspires, ça, mon Jérôme.
JÉRÔME. Et TOUS, donc, m» mère, n'êtes-vous pas de moitié...
MAD. LAMBERT. Oh I moi , je fais à tout cela bien peu de chose; car lorsque ce bail finira, il est probable que je n'y serai plus !.. mais c'est le respect, la tendresse que tu me montres, qui t'honorent et te gagnent l'estime de tous; c'est en effet, un si touchant spectacle, c'est une union si sainte, que celle d'une vieille mère avec son fils !
JÉRÔME. Oh! oui, oui, mère!., aussi j'espère que le ciel bénira mes efforts, et que je verrai vos derniers jours s'écouler heureux et tranquilles; car c'est mon seul but , mon unique ambition!
MAD. LAMBERT, C embrassant. Cher enfant!.. Ah! ça, maintenant que voici notre principale affaire faite, allons nous occuper de notre installation. C'est que tout un ménage à mettre en ordre, ce n'est pas une petite besogne, au moins!
JÉRÔME. Eh bien, allez, ma mère, j'ai un mot à dire à Cyprien, ce camarade que j'ai retrouvé ici, et je descends vous aider.
MAD. L\MïiEKr , sortant. Ne sois pas long-tems.. .