‹ A 17 ans; drame en quatre actesChapitre 31 sur 42 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

JÉRÔME, GEORGES, SIMON, ouvriers

Au lever du rideau les ouvriers entourent Jérôme qui, assis près d'une table sur laqu'elle est ouvert un grand livre, écrit avec ordre, au fur et h mesure qu'il paie à chacun ce qu'il lui doit.

JÉRÔME. Simon, sept jours à cinq francs, feraient trentc- (inq, en voici cinquante... je ne veux rien avoir à toi; tu as dti

talent, tu es habile, à compter de lundi je te mets à tes pièces . tu gagneras davantage.

SIMON. Vous êtes bien bon m'sieur Jérôme.

GEORGES, aux autres ouvriers. A la bonne heure, c'est ça de la justice!

JÉRÔME, continuant. Georges, je ne suis pas content de toi; . regarde, encore deux jours un quarl de perdus celte semaine; et pourtant, un devoir sacré devrait te taire sentir le prix du travail : tu as un père infirma à soutenir.

GEORGES. Eh ben ! vous avez raison, m'sieur Jérôme; grondez moi, faites moi honte devant eux; je le mérite, parce que c'est vrai, je suis un Faignant. Un flâneur.,, mais je me corrigerai, je vous le promets, et maintenant....

JÉRÔME, le parant. Je prends acte de ta parole.

GEORGES , comptant l'argent qu'il lui a donné. Dites donc, bourgeois, vous faites erreur; sur le pied de trois francs , y uq jne revient que onze vingt-cinq, et je trouve là...

JÉRÔME, plus bas. Nous compterons cela une autrefois. En voyant ta semaine incomplète, ton vieux père aurait droit de te gronder aussi, et il ne serait pas juste que tu le fusses deux fois; d'ailleurs, j'ai plus que lui, le moyen de supporter cette petite perte, et tu m'en dédommageras, j'en suis sur, en tenant la promesse que tu viens de me faire.

^ GEORGES. Si je la tiendrai!., après ce trait-là de vot part?., oh! oui par exemple! {J part à ses camarades.) Hein, j'espère qu'en v'ià un maître?., dites donc, voulez-vous savoir une motion que je propose...

Il leur parle bas. .

TOUS. Adopté!

GEORGES. Et c'est moi que je régale, au moins!.. {A Jérôme. ) Dites donc bourgeois, ca ne vous offense pas que nou5 allions boire un litre à vot' santé, n'est-ce pas?

JEROME. Non, non, allez ;^ mais n'en buvez qu'un...

TOUS. Adieu, M. Jérôme.

JÉIfOME, écrivant toujours. Adieu mes amis, à lundi, et de bonne heure; toi surtout, Georges.

GEORGES. Oh! bourgeois, à présent voyez-vous, exacte, économe, et piocheur à mort... ( A ses camarades. ) Allons, air Ions les autres, en roule.

Ils saluent toits et sortent.

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