‹ A 17 ans; drame en quatre actesChapitre 32 sur 42 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

ji<:rome, cyprien.

(lyprien sirt de l'alclicr ; i( ùte son tablier, sa veste, cl passe uncrctiingotc.

JÉRO^IE, Capercevant. Ah ! ah! c'est loi , Cyprien : j« viens justcnicMl do réglor aussi ton compte. Sais-tu cpie voih» cinq semaines que tu n'as rien touché?

CYPlilEX Quéquc ça t'ait; je n'en ai pas besoin, autant vaut que lu le gardes.

JÉRÔME. Je te dois beaucoup...

CYPI\IE\. Et moi, donc., je te dois bcn autre chose!., est-ce que ce n'est pas grâce à toi que je suis ce que je suis? et quel (changement depuis huit mois !.. mon ancien état que j'ai repris , ce mariage que j'ai fait, et qni me rend si heureux! est-ce que je ne le dois pas tout ça ?.. Cyprien , que tu m'as dit, lorsque poussé par des mauvais conseils, j'étais en balance de savoir si je devais épouser pour tout de bon ma Thérèse : tu n*as rien à reprocher à c'tc pauvre fille, elle t'aime, un mioche va résulter delà liaison avec elle, et tu veux l'abandonner? c'est mal, ra n'est pas le fait d'un honnête homme... Oui, mais les faire vivre, que je te réponds!., eh ben ! j'augmenterai tes journées; je te fais contre-maître, que lu mcvdis... contre-maître?., ça me va, que je le réponds; mais de l'argent pour monter le ménage, pour faire la noce ?.. je m'en charge, que tu me dis. .. alors je veux ben , que je te réponds; et c'est que t'as tenu parole, au moins!., les frais de Péglise, le repas, les chiffons de la uiariée , les meubles de la chambre, l'os tout payé, quoi!., aussi je t'ai une reconnaissance ! et ma Thérèse, donc !.. t'es pas un homme pour elle, t'es son bon Dieu... je crois qu'elle se mettrait dans l'eau pour toi , comme moi je me mettrais dans le feu, parce que t'es si boa , nous te devons tant!., j' suis pas démonstratif, moi , mais quand je dis c'est ça, c'est que ça y est; et toi et ta brave femme de mère, je vous porte lu, vois-tu, parce que... Ah! que c'est bête, v'ia que je pleure...

JEROME, également attendri. Brave garçon! combien je m'applaudis du peu que tu me dois! et que tu t'es déjà bien acquitté par tout ce que tu as fait pour ce pauvre enfant que je t'ai confié.

CYPRIEN. Parbleu! je té conseille de me louer; un dévouement qui me rapporte quarante francs par mois , sans le sucre et le savon !.. c'est encore ça qui m'a drôlement mis dans mes affaires! et qu'est-ce qu'est M. Lebon, c'est toujours toi.

JÉRÔME. Cela fatigue ta femme, et il était trop juste...

CYPRIEN. Bah ! bah ! laisse donc , elle est bonne nourrice; et (piand y en a pour un , il y en a ben pour deux... Pauvre petit

moutard, il n'en prend pas lourd, Ta ! dame, il ne pouvait Tenir ben crâne, sa mère qu'était folle, et si oialûde, pendant tout le tems de sa grossesse !

JÉRÔME. Oh! oui, bien malade!., mais enfin elle est hors de danger !

CYPRIEN. Grâce à toi, àlb'te bonne marne Lambert, qu'aTezfait pour elle, ni plus ni moins que si c'était ta sœur ou ta femme, de puis le jour... en Via encore un trait qui te fait honneur!., les inquiétudes que t'as eues, la fatigue que t'as prise, l'argent que ça ta coûté !.. et ma Thérèse et moi qu'avons vu tout ça, nous n'aurions pas fait aussi quéque chose?., nous nous sommes attachés au mioche, nous l'aimons comme le nôtre... c'est pas ben méritoire , mais je ne sais pas , i me semble que ça nous associe à ta bonne œuvre, et vrai, là, ça nous rend heureux, ça nous rend fiers !

JEROME. Bien!., bien mon ami!., tu ne pouvais me donner une plus grande marque d'amitié... Va maintenant , et surtout , aies la même discrétion que tu as eue jusqu'à ce jour.

CYPRIEN. Suffit , convenu ; je ne sais rien qu'une chose , c'est que je te suis dévoué.

Ils se prcnoent la maiq, Cyprien sort.

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