SCENE XIII
Les Mêmes, CÉCILE, en parure de mariée, puis successivement , MAD. LAMBERT, MAO. MULLER, Quatre Témoins, et quelques Gens du Peuple.
Auirée par le bruit de celte querelle et le cliquetis des «rmcs, Cécile parait. Elle jette un cri d'effroi, s'élance vers Jérôme qu'elle couvre de son corps, et tombe presqu'aussitôt, frappée par'llcnri dont i'épée a rencontré sa poitrine. Cet événement a suspendu le combat. Henri demeure glacé d'épouvante I- Jérôme, s'élançant vers Cécile, unit ses soins à ceux de sa'mère qui vient aussi d\tccourir. A ce moment, madame JViuiler entre en scène.
MAD. MULLEI(, avec horreur. Grand Dieu!., ma fille!..
Sa froideur ne tient pas à la vue du sang de Cécile qui, pflle , épuisée, mais rassemblant ses forces, s'adresse à Jérôme, qu'«'llc voit ressaisir sou aime cl prêt i\ se jeter fu rieux sur llenri.
€ÉGILE. Arrêtez, Jérôme... c'est assez de mon sang répandu, et vous devez vivre pour tenir le serment que vous m'avez fait. (A madame MuUer.)\ous le voyez, madame, je vous^ obéissais. (Désignant H enrL) Et je rends grâces à cet homme de m'avoir frappée, car du moins il abrège les douleurs atroces que je commence à sentir...
JEROME. O ciel ! le désespoir l'aurait-il porté...
CÉCILE^ péniblement. Oui, le désespoir... (^ mat/ameil/u/Z^r.) Je vous l'avais dit, ce mariage c'était ma mort. Vous avez été sourde à mes prières, à mes larmes, vous n'avez plus de fille; car je ne voulais pas être à lui, et cette main que j'allais lui donner par votre ordre, n'aurait été que celle d'un cadavre...
MAD. MULLER. éperdue. Ah! tout ce que je possède, à qui pbûi-rà la sauver!., des secours! des secours!..
CÉCILE, avec effort. Ils sont inutiles... Henri, je te dois le déshonneur... la mort... pour m'acquitter à cette heure suprême, je... je te lègue... la malédiction de ma mère....
YLEÇUkI^ avec désespoir. Cécile!., ah! prends pitié de mes remords... pardon!., pardon!..
JÉRÔME, prenant la main de Cécile, et avec une douleur froide et solennelle. Ton pardon?., elle ne le prononcera pas... son' âme est allée rejoindre au ciel, l'âme d'un autre martyr!., àgenoux, capitaine, à genoux devant cette mère que tu as rendue veuve de ses deux enfans : il n'y a qu'elle en ce monde, ctDieu dans l'autre, qui puissent t'absoudre!..
MAD. MULLER; avec horreur et surprise, Qu'entends-je! mon fils!.. Et de sa main aussi... [Avec des sanglots^ et tombant mourante sur le corps de Cécile. ] Ah ! c'est une vengeance du ciel !..