SCENE IV
LE V 0 L E U H , sur un ton d'excuse
Ha belle et bonne mademoiselle, je vous ai fait une fichue peur... Ce pauvre petit palpitant... oui, votre cœur..
comme cela que ça se dit dans l'argot des voleurs... il a passé un mauvais quart d'heure.
LA JEUNE FILLE, ironiquement.
.Mais non, non... un petit moment... rien qu'un petit moment... Ce petit moment passé... votre visite m'a vraiment intéresse... J'ai une vie si renfermée., é papa est si casanier... nous ne bougeons jamais... Je n'avais aucune chance de rencontrer des voleurs de grand chemin... Voua êtes le voleur qui a bien voulu venir jusqu'à nous... Cette nuit sera peut-être l'unique aventure de toute ma vie... je vous en remercie... Ça me fera une histoire charmante, quand je serai grand'mère, à racontera mes petits-enfants.
LE PÈRE, criant du fond du cabinet,
Qu'il attende un moment... Us sont en train de faire leur ronde... Je l'avertirai quand ils auront tourné la rue.
LA .IEUNE FILLE
Puis aujourd'hui, monsieur le voleur, l'imagination des Parisiennes vous attend un peu... Tous les jours, on vole, on assassine à Paris. Le journal de chaque matin ne parle que de maisons dévalisées, de propriétaires chourinés, c'est l'expression, n'est-ce pas?... On se prépare alors tout doucement à votre visite, à votre entrée en scène... Car il n'est plus hesoin, comme aux siècles passés, de traverser le Pont-Neuf pour se faire voler... il y a progrès, ainsi que dit père... le vol s'est rapproché, on l'a à domicile... Être maintenant volé est l'état normal de Paris... Et il se fait que la multiplicité de vos collègues a dépouillé les gens de votre profession du prestige du brigand d'autrefois, du brigand à nombre restreint, du brigand Schiller... vous ne produise/ plus d'émotion, une émotion quelconque, sur les nerfs de la femme.
LE L'ERE, toujours du Fond du oabinel.
... Encore un instant... ils sont arrêtés devant te numéro :»".
Puis, voulez-vous me permettre île vous parler franchement? Tout eu fermanl les yeux, quand vous avez levé la main sur moi, j'ai bien vu qu'il n\ avail pas de couteau dans celte main... Non, non. mois vous êtes trompé sur votre vocation... Nous n'éies qu'un ainaieur, ii ii voleur fabriqué avec *\r^ légendes «le Gaverai, vous n'êtes pas el vous ne jerez jamais on voleur sérieux.
LE VOLEUR
C'est vrai, je suis un imbécile... J'aurais dû, mademoiselle, vous assassiner un rien.
SCÈN E VII
LE PERE, rentrant du oablnat
Les voilà loin... les voilà au diable... mais c'est encore plus sur pour loi de Bler par Ici. Fiche ton camp... et lâche, aulaiit (|ue possible, à ne pas te faire électriter là-bas.
LE VOL Kl' Il , s inclinant en homme du BIOS
Monsieur, mademoiselle...
Dans ma vie, dans toute ma vie, il n'y a qu'une seule nuit de crime, et je n'ai été criminel qu'avec vous...
LE PARE, .tuivm.nl.
Brusquons les adieux... et reprends l'escalier par lequel lu es venu.
il.u voleur salue, et disparaît par la baie.)