‹ A bas les hommes vaudeville en deux actesChapitre 20 sur 29 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

Leb-Mêmes, MARGUERITE.

■ ABGUER1TB.

Me voilà!

BERLIN GUETTE. 4

Ton mari te l’a doné permis?

MARGUERITE

Lui? ah I ben oui, U est trop féroce* le scélérat I

Si on se serait Jamais attendu à un changement à vue comme ça !

DOUCETTE

Mais alors comment se fait-il...?

MARGUERITE

Figurez-vous que j’étais cnfermécà double tour; je faisais les cent dix-nteuf coups; je criais au feu, au secours, jcm’égosillais, rien !... Vous savez que le gueux m’a donné son portrait h y a unan?quéqu* chose de cher, douzo francs, sans le cadre; dans mes évolutions je me trouve devant sa miniature, et je mo mets à, lui dire un tas d’horreurs : je Rappelle -brigand , kalmouck, et je lui eiïace le nez... tout-à-coup j'enlends là clef tourner dans serrure; jé prends le pot à feau, et je m’apprête à le rafraîchie; la porte ne s’ouvre pas... je m’approche doucement, la serrure cède ; je passe U tétc, personne dehors.

Air : Un page matait la Jeune Adèle*

Sur mon passage aucun obstacle ,

Ça m’interdit quelques instant ,

C’était vraiment comm’ par miracle Que je r’ trouvais la clef des champ*.

D'où vient 1* bonheur qui nous arrive?

Peu m'import' !... sans m'occuper d* ça f De ma prison lestement je m'esquive ,

Je prends mon vol, j’accours et me voilM Et 1’ principal c’est que me v’ib I

BERLIN GUETTE

Justement, nous allions te délivrer.

.v MARGUERITE. »

El qu’est-ce que vous avez résolu?

' DOUCETTE

De nous amuser de notre côté, pendant que ces messieurs s’amusent du leur.

I DERUNCUETTE.

Et s’ils reviennent, ç|a les chasser tous, de repousser la force paria force.

MARGUERITE

Ceci me và! oh I je voudrais en tenir un, pour me venger de ma prison; comme je le grifferais ! beaublond, qui soulevait la nappe pour écouter Marguerite, la laisèe tomber vivtment.

EU bien, excusez I merci, petite chatte.

BERLINGUETTE.

Ah! ils dansent! eh bien! nous aussi nous allons danser.

TOUTES. v

’ Oui, oui, dansons. (

. BERLINGUETTE.

Enlevez la table.

t BEAUBLOND.

Je suis pincé ! *

Plusieurs femme* enlèvent la table.

TOUTES

Un homme I nous en tenons un t

MARGUERITE

Je le veux, je le demande 1 il faut qu'il paie pour tous!

BEAUBLOND.

Essaim de beautés, ne me sacrifiez pas.

MARCUIRIT* et BOUCYRl.

Beaublond!

BSRLiiicvtrri, à part.

Beaublond I l'imprudent! je l'aime, je le sauverai! (Bout.) Comment vous êtes-vous insinué ici, et pourquoi?

BEAUBLOND.

Modèle de courage, par admiration et par dévouement.

DOUCETTE

La preuve?

TOUTES. s

Oui, la preuve?

beaublond, à part. 4

Essayons une colle. {Haut.) Marguerite n’étaitelle pas captive dans son domicile?

MABGCER1TB. «

C’est vrail v .

BKAUBLOHlf.

Gémissant de ses tortures, j’ai tout bravé pour être son libérateur !

BEBLINGOETTB.

Il se pourrait?... Alors Beaublond est un ami.

MARGUERITE

Au fait, il n’a jamais fait cause commune avec no» maris.

TOIRETTE.

C’est \rai, jamais !

BEAUBLOND.

Avec eux I ab I j’en rougirais ! je n’ai jamais , aimé les maris; j’ai toujours préféré leurs femmes.

BERLIN GUETTE

Beaublond, vous êtes des nôtres!

DOUCETTE et MaRGUERIT^

Adopté !

. BEAUBLOND, à part .

Profitons de cette heureuse chance. ( Bas A Marguerite.) Belle Marguerite, j’ai à vous demander un momcnld'entretien, au nom d’un cœur aimant.

« MARGUERITE, A part.

C’est Mouton qui se repeint èt qui l’envoie. (Bai à Beaublond.) Quant, et où ?

beaublond, de même.

Icf» dans une demi-heure.

BERL1NG0BT7E, à part.

Qu’a-t-il donc à dire & Marguerite? , BEAUBLOND, bas Ù DoUCCttC.

Un homme qui veut jurer & vos pieds amour et fidélité voudrait vous parler en particulier.

doucette, ùpart. ’ j

Est-ce Tapedur qui 'voudrait... î~( Bas à Beaublond.) Qu’il soit ici dams trois quarts d’heure. beaublond, à par/.

Elles sont à moi. ,

ber l inc cette, l'observant.

Comment! il cause aussi avec Doucette 1 je vais le faire danser avec moi. ( Haut. ) En place, la contredanse.

Elle va inviter Beaublond.

TOUTES

En place !

Elles se disposent b danser ; on entend frapper dans la coulisse.

BERLINGUITTE.

On a frappé ! Qui est-la?

Claudine, en sentinelle.

Je ne peux pas voir, mais j’ai entendu des voix d’hommes.

Rumeurs dans l'assemblee.

DERLIRGL'ETTE.

Des hommes, nous n’en recevons pas. (Allant au fond.) Passez votre chemin, il n’y a personne. (On voit s'agiter un mouchoir blanc au-dessus du mur du fond.) Que signifie cela? Est-ce Qu'une de vous, mesdames aurait perdu son mouchoir?

DBAUBLOND. ^

Mais non, c’cst un signal.,.. Ça veut direquedes parlementaires vous sont envoyés parles hommes.

BBRLIKGUETTE.

Faut-il les recevoir?

toutes. f t

Oui, non, oui, oui, non, non. •

V BBRJ.INGCETTB.

Puisque vous êtes toutes du même avis, qu’il» entrent! .

beaublond, à part.

Diable! ils vont me voir l (Haut.) Dites donc: vous savez qu’on bande les yeux aux parlementaires?

BERL1NGUETTH.

Ainsi soit fait; allez.

beaublond, à part.

Comme ça, je ne crains rien.

BERLIN GUETTE

Mesdames, delà dignité. (A Beaublond .) Beaublond, retirez-vous, vous devez resteç, neutre .

BEAUBLOND.

Je ne demande pas mieux.

Il te retire dans le fond.

doucette, qui regarde au fond.

Eh mais, je ne me trompe pas, c’est Mouton I

MARGUERITE

Mon mari!

DOUCETTE. '

Et Tapedur qui l’accompagne... Allons, bon, il va de côté. *

Uü peloton de femmes ramène Moulu» cl Tspeduo. Ils • ont les yeux bandes. *

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