SCENE III
Lis Mt.is, MOUTON, TAPEDUR.
TAPEDUR •
Ali de la PérichoU.
D'un parlementaire Respectes l'habit !
Pourquoi ce mystère ?
Où c' qu'on noua conduit ? .
MAGASIN THEATRAL
Sur notre pitsage 'S'il te trouve un trou ,
Ma cliôr’, j* voua engage A crier ca»*c-cou !
. TAPEDUR.
Àh! nous y v’Iàl r
MOUTON
Je veux -une petite arc ! je veux une petite arc!
BtaUNGUMTTE.
Un arc!
v MOl’TON .
Oui, avec des flèches dedans un petit carquois.
BERLINCUETTE.
Pourquoi faire?
J’ai un bandeau dessus les yeux, je suis un amour; il ne me manque que des ailos au dos... Oui me mettra des ailes au dos?
TAPEDUR.
Si Doucette est ici, malgré que j’aie bu un petit coup, elle ne dira pas que j’y vois double.
t • MARGUERITE . *•
Pendant qu’il n’y voit pas, j’ai bien envie.,..
KUc place.
MOUTON
Ah! qu’est-ce qui me chatouille? j’ai cru reconnaître la main caressante de ma femme, t A pan.) Si elle savait que c’est moi qui lui ai ouvert...
BERLIN GUETTE
Que nous voulez-vous? parlez, nous vous écoutons.
MOUTON
Tapedur, dis leur-z’y nos raisons.
tate ou r, bredouillant.
Je veux bien... Vous saurez donc, mesdames... que... à cause... de la circonstance...
MOUTON
Tapedur, tais-toi, ton organe n’est pas dans son assiette ordinaire. Mesdames, nous nous sommes laissé comprimer les paupières pour arriver jusqu’à vous, et vous dire plusieurs choses, dont en voici une : Vos époux vous désirent... c’est pas qu’ils faiblissent, c’est par rapport à vos physiques. On se croit fort, on dit à sa femme: Va te promener ; et puis, vient un moment ou c 1 que la diable de tète travaille; on se dit : Tiens, mais elle avait un joli pied, une belle taille, des épaules de salin, des.. .la mémoire est là qui trottine, qui trottine... et va donc te faire tiebe, il n’y a plus moyen d’y tenir : c’est pourquoi vos maris, que vous avez tant de fois pressés sur vos cœurs, désirent venir s’y replacer encore, pour procéder à un oubli général et à un raccommodement particulier: voilà ce qu’on vous propose !
BERMBGUETTE.
Nous allons nous consulter à ce sujet. Marguerite, Doucette, surveillez-Ies.
Doucette «t Marguerite s'approchent do leurs maris;
Bcrlinguelic se consulte avec le» femme* daua le coin du
théâtre.
MOUTOU.
Est-ce qu’on va npus laisser Ion g- temps comme ça déguisés en Bélisaire*?
TAPEDUR.
Qu'on me rende au soleil, je veux voir le bo-
leill
MOUTON
Oui, le soleil ; qu'on m’apportele.soleil, l’homme et les fleurs en ont besoin.
lis veulent porter la main à leurs bandeaux.
MARGUERITE Ct DOUCETTE.
Doucement I, on ne touche pas à çal
mouton. . • .
Ah! c’est nos gardes. Madame Mouton, vous avez donc le cœur d’être * le gendarme de votro
mari y *
MARGUERITE
J’ai ma consigne.
doucette à Tapedur.
Silence! voici notfe cbcfl *.•
Berlin guette, faisant ranger les femmes en ordre.
Qu'on les rende à la lumière !
TAPEDUR.
Vive la clarté, ditl’aveugle.
* MOUTON
Que vois-je? ah! suis-je •dans la contrée des amazones ?
BERLIN GUETTE
Parlementaires, voici le résultat de la décision: Les hommes mettent les pouces parce qu’on leur a montré les dents. 11 parait que vos conquêtes ne sont pas \6 Pérou , puisque vous les quittez si vile. Ah! vous regrettez vos femmes, mes pauvres chats! qu’on vous laisse approcher, vous ferez gros dos, un las de ron ron, et demain vous donnerez des coups de patte... du tout, plus de gazouillement, les fauvettes sont couchées. Je parle au nom de la majorité : à partir d'aujourd’hui, vos épouses vous traiteront comme des inconnus , comme de simples passons; retournez arec vos pas grand’choscs, vos propositions sont repoussées.
MOUTON
Mais vous jasez comme des enfans, il y a la loi pour nous.*
MARGUERITE
Nous nous etl moquons!
TAPEDUR.
Si nous voulons vous avoir?
DOUCETTE
Et si nous ne, voulons pas de vous?
*' MOUTON
Nous allons tous venir ici.
Ierlingujette.
Nous nous barricaderons.
tapedur.
Nous allons v'enir vous assiéger.
MARGUERITE. 5
Nous nous dépendrons.
MOUTON
Nous vous prendrons d’assaut. * bbrlikcuette.
C’est ce que nous voulons voir.
■ODTOV.
Vous voulez pas de la douceur?
TOUTES
Non, non.
MOUTON
C’est votre dernier mot?
toutes.
Oui, oui.
MOUTON
Eh ben t je vas aller leur dire : Vos femmes ont la tête montée, elles jouent aux militaires, venezvous-en u a petit peu , vous prendrez chacun la vôtre, vous l’emporterez chez vous. ,
BERLIN GUETTE»
Quelle insolence! ( A pari.) Un coup de politique 1 ( Haut .) Amies, qu'on so saisisse de ces hommes et qu’on les garde {yisonniers. Ça fera toujours deux de moins. *
MOUTON et TAPEDUR. %
Nous, prisonniers ?
TAPEDUR*.
Mais ça ne se fait pas, nous sommes parlementaires.
MOUTON
Et un parlementaire est une chose qui entre et qui sort à volonté. Lisez plutôt les histoires de l'empereur. *
BERLIKCUETTE.
L’empereur a fait ce qu'il a voulu, nous faisons ce que nous voulons. Par exemple, on aura pour vous des égards : vous pourrez circuler dans la fabrique; vous êtes prisonniers sur parole, on se fie à vous. .Aux femmes.) Qu'on leur attache les mains t , «
On leur attache les mains derrière le dus avec des serviettes.
MOUTON et TAPEDUR.
C’est une horreur, une indignité t CHOEUR.
(Domino noir.)
TOUTES LLS FEMME».
Air :
Point de pitié' ,
Pour vous plus d'amitie' ,
Infàmi » renégats I Gueux » coquins , scélérats ,
Non, vos femmes, hélas!
Ne sc jetteront pas (AL)
Désormais dans vos bras.
Dé* aujourd'hui,
Dédaignant votre appui.
Nous saurons nous défendra...
Nous ne voulons ici Désormais vous entendras «
Vous êtes des vaurirn» ,
D'insignes libertins (bis)\
Des gueusards, des gredins.
BElttlKgVETTK.
GrenOdièrcs et chasseuse*, â vos postes.
TOUTES
A no» postes !
Elles sortent.