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Il fait de belles manchettes pour son journal, mais n’en porte Jamais.
Il appelle un avocat: fils de Thémis, un médecin : disciple d'Hippocrate et quelques fois Rollet : un fripon.
Ce courage le conduit-il en prison, il s’en console en songeant que le journalisme mè-
ne à tout.
Son blason: Pot à colle croiseté de ciseaux sur fond d’engueulades de “city
editor”, ss + »*
Sa devise: “Ce que j'ignore ne vaut pas la peine d’être appris”.
On le voit sur ses vieux jours, faire la poire à la porte d’un ministère en attendant un fromage.
. se
Il vit en espérant qu’un nouveau Christophe Colomb lui découvre un oncle d’Amérique, et meurt sans le sou.
. + e Il ira dans un monde meilleur; une nou-
velle édition en sera tiré", amplement revue et corrigée par l’Auteur.
Ce Qu'on s’Amuse —<«u on s Aimuse
Midi et demi. J’entre tout essoufflé au bureau pour faire de la copie. Je viens d’assister au procès du fameux Machin, qui a été condamné au maximum. J'ai à peine commencé, que la sonnerie d'alarme, au-dessus de ma tête, se met à carillonner :
un, deux; un deux, trois, quatre; un, 241.
Je consulte l'indicateur et constate que l'appel vient d’être donné à l’avertisseur coin des rues X Y Z, juste en face de la pharmacie Saldrog. Immédiatement je donne un coup de téléphone.
—Hello, hello, il y a un incendie par là?
—Qui, l’école S.-B. est en flammes.
—C’est bien.
Vivement j’endosse mon paletot, je dégringole l’escalier et saute dans le premier tramway, qui, bien lentement, me conduit à destination.
Une heure ! Enfin j'arrive, il faut se dépêcher on imprime à une heure trente. Une foule compacte est déjà rendue et à force de jouer des coudes, je parviens jusqu’à la
première rangée que je veux dépasser, mais un brave policeman est là que me lance un “Get back”. J’ouvre mon paletot, mon veston, mon gilet et enfin attaché à ma bretelle je lui montre mon insigne de reporter, Je passe, il n’y a pas à dire il me faut des renseignements. Je vais pour parler au chef des pompiers, mais vlan ! un jet mal dirigé m’inonde des pieds à la tête et tout mouillé je me sauve. Je m'adresse à une jeune fille, qui paraît bien avr trente cinq printemps et autant d’hivers :
—Pardon, Mademoiselle, Pourriez-vous me donner quelques détails ? il y a-t-il eu des accidents ?
—Qui, Monsieur, j'ai perdu Moustache.
—Moustache ?
— Oui, mon petit chien... :
Je m’esquive plus loin, n’osant plus demander aucune information aux spectateurs. Enfin un mur s’écroule, une pierre en ricochant vient s’abattre à mes pieds, mais qu'importe, cela fait quelque chose à relater.
Après mille poussées, coups de poings, Jurons et le reste, je traverse de nouveau
+ mme mere re en ES
cette réunion de badauds et je m’élance au premier téléphone venu.
—Hello, City Editor, c’est moi, grosse nouvelle, prenez le titre: Epouvantable holocauste. Les braves pompiers... Comment ? Trop tard... le journal est sous presse; ah! vraiment, ça valait bien la peine.
Et déconfit, fourbu, encore tout grelotant du bain forcé que je viens de prendre, le
désespoir dans l’âme, je me prépare à ma retirer, mais le City Editor me rappelle,
—Dites done, vous n’avez rien à faire ce soir, allez donc au banquet du Club des Vidangeurs, essayez de faire un beau compte-rendu des discours.
J’ai failli, oh ! failli seulement, m’évanouir.
Soyez Poète
Sauf votre Icspect, êtes-vous un assassin ?
Je sais que cette question est indiscrète et que les criminels d’aujourd’hui sont des fervents du n’avouez Jamais. Néanmoins, Je persiste dans ma demande et prenant Pour acquis que votre réponse est aftirmative, je vous dis: “Si vous êtes assassin, Soyez aussi poète!
Je Comprends, par la tête que vous faites, combien est grand votre ahurissement.
C’est que vous ne Connaissez pas l’histoire de Webb.
Permettez-moi de présenter le personnage à l’honorable société.
Webb était tout bonnemert un meurtrier de l’Oregon qui avait eu le grand tort de se laisser prendre par la police. Il avait, on ne sait trop Pourquoi, tranché d’un coup de poignard ses relations avec un sien COMpagnon de travail. Celui-ci, blessé dans son amitié et dans le dos, en mourut
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