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de chagrin; il avait le cœur littéralement percé.
\ Webb, fort peiné lui aussi sans doute, chercha la solitude. La justice lui donna celle de la prison, après qu’un juge l’eût condamné à une autre peine : la capitale.
Ë Webb adressa alors supplique sur supplique au gouverneur de l'Etat, sans cependant toucher son cœu: à celui-là. Le jour
» de l’exécution arrivait et Webb inquiet sur
i son Sort allait perdre la tête quand une
idée lui vint, Il invoqua les Muses, écrivit
Î un long poème et le fit parvenir au gouver-
s neur.
Le dispensateur des grâces de l’Etat lut, : fut ému, puis commua la sentence.
ñ Et rour une fois des vers firent vivre Î leur auteur...
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Le Policeman Il serait le meilleur ami de l’homme, s’il en avait le flair; on l'appelle tout de même limier.
* + + C’est orobablement pour cela qu’une chanson populaire dit qu’il rend les chiens heureux.
+ + + Mais par contre, il déteste le cambrioleur et fuit sa compagnie,
+ # + Conscient de son utilité publique, il évite les rixes : un Coup est si vite attrapé.
Les ruelles ont été faites pour lui servir de refuge, CEE | Des gens malveillants disent qu’il n’a pas inventé la poudre; erreur: il est le père de celle d’escampette,
S'il voit un homme les mains couvertes de sang, tout de suite, sa perspicacité lui
fait dire: Cet homme a les mains ensanglantées.
Il s'illustre en illustrant les journaux illustrés. Dans ces feuilles il est brave téméraire, intrépide, fougueux, voire chevaleresque—s’il est dans la police montée —mais il ne l’est nulle part ailleurs.
Il est tellement modeste qu’il n'entre dans les buvettes que par la porte dérobée.
Il brille dans toutes les réceptions municipales de l’éclat de ses bor-tons jaunes.
11 bat la semelle sur le pavé et les pochards sur la nuque. Il connaît cependant les égards dûs à un échevin en goguette.
Peu fier, il tutoie tout le monde, excepté le recorder qu’il eppelle: A votre honneur!
Les étudiants, qui n’ont pas la bosse du génie, ont au moins celle qu’a fait pousser son bâton.
Æ bout portant
C’est le cicérone des Don Juan ou le Bot-
tin des dames galantes,
Toujours content, hiver, été, auomne, printemps, se. 18 cesse il fredonne :
“Le temps est beau Pour la saison.»
Les servantes qu’il est beau c
et les cuisinières assurent omme un astre, Phœbé,
probablement, puisque l’on dit la rousse,
Ce charme l’amène à connaître la qualité de vos cigares et de vos vins.
Son gros ventre étant vide de reconnais.
sance, il arrête vos enfants s’il glissent
dans la rue.
Echappé d’une boîte antique, il a reçu
Jen le nom de Pandore.
Ailleurs il est policier,
sergent de ville,
£ardien de la paix; ici, Pays du beau parler
frança, il est policeman.
Poliière
La galanterie comme l'amour n'est point sujet qui prête à badinage,
Deux agents de police, qui avaient probaklement oublié leur Musset, viennent d'attraper, pour leur manque de mémoire, Mn s2von conditionné de la part de leur chef,
L'aventure est toute récente,
Les deux Pandores, l’autre soir, entrant chez eux, prirent le tramway—-les agents ne passent pas une journée sans prendre quelque chose.—C’était à l'heure où dans le véhicule “payez en entrant” les passagers prennent le nom de sardines. Les deux subalternes de M. Campeau avaient malgré la foule, on ne sait par quel hasard, réussi à s'installer commodément chacun sar un siège.
Pour leur malheur, comme dans la fable, deux poules surviurent, pardon: deux femmes, et allèrent se placer en face d’eux.
Les policiers, même devant un cambrioleur n'auraient pas été plus impassibles; ils ne
ne T Re —… ton. , ange Vies-.0n SR -
bougèrent d’un pouce, et les deux dames restèrent debout.
Le lendemain,—comment expliquer ce miracle, puisque les femmes ne sont pas bavardes,—le chef Campeau apprenait la conduite peu galante de ses deux hommes.
Sur l’heure, il fit traduire les coupables devant lui, et après leur avoir lu une ou deux pages d’un traité de politesse, les condamna à quinze heures de travail supplémentaire. (authentique).
À dater de ce jour, la police devint un corps d'élite; à côté d’elle, le Vert-galant eût été un grossier personnage.
Mais comme dit l'Anglais: Too much of a good thing, is good for nothing.
Peu de jours plus tard un autre agent était encore amené devant le chef.
—0n me rapporte que vous vous êtes conduit comme un polisson.
—Ben, j’va vous dire, chef. J'étais dans les chars, y étaient ben paquetés; quand tout à coup, une criature se plante devant moé. J'étais pas capable de grouiller pour y dunner ma place, quand j'ai vu ça, comme j’connais la discipline, j'y ai offert de s’asseoir su mes genoux...
Triste Fin
Eorsque Théophraste naquit, sa famille célébra cet heureux évènement par des fàtes, que les historiens du temps manquèrent d’enregistrer, Un incident cependant, méritait d’être relaté.
Théophraste avait une vieille tante, dont un mariage manqué il y avait près de trente ans, avait aigri le cœur. Cette vieille fille qui, depuis des mois, faisait le rêve de Porter son neveu sur les fonts baptismaux, fut oubliée ou évincée, toujours, est-il, que ses espérances ne se réalisèrent point. Elle en fut très fâchée et manifesta son mécontentement en jetant un “sort”. Telle une sorcière des contes de Perreault, elle toucha Théophraste au front, en l’anathématisant: “Ce gibier-là, prédit-elle, tournera mal !”
Théophraste dès sa plus tendre enfance, montra les instincts les plus pervers; il ne manquait jamais l’occasion, si un bon monsieur ou une bonne dame le faisait
sautiller sur leurs genoux, de commettre des incongruités ; plus d’une robe et plus d’un veston portèrent sa carte de visite.
À l’école, il fit mille tours à ses maîtres et ses compagnons ne pouvaient le souffrir. S'il jouait à la “poque”, il ne manquait jamais de fendre le moine de son voisin.
Il chipait les billes de ses Camarades, et fit tant et si bien qu’on dût le flanquer à la porte. Ses professeurs déclarèrent qu’il avait un “sale caractère”. Ses parents dé- Sespéraient de lui, et pour le ramener dans le bon chemin, ils résolurent de le mettre dans le Droit. Il entra à l’Université et son irrespect des autorités le mena devant les tribunaux.
Un jour le malheureux insulta un agent de police dans l'exercice de ses fonctions :
le brave gardien de la paix dormait, adossé à un poteau télégraphique, et Théophraste, pensant faire une bonne farce, l’éveilla.
L'affaire causa tout un Scandale et ce n’est que grâce à des influences, venues de haut, que notre héros put s’en tirer sans aller aux galères.
Sa famille était désespérée et maudis-
À bout portant 19 RE
saii cette vieille fille de malheur qui avait voué Théophraste à une fin ignomineuse.
—Plus tard, après avoir échoué plusieurs fois devant les examinateurs, Théophraste fut enfin reçu dans l'honorable Confrérie du “Barreau”. Ce suce lit croire que le mauvais sort était conjuré, mais il n’en était rien.
Théophraste gagna beaucoup d’argent et fréquenta toute sorte de gens, qui lui firent descendre les derniers dégrés de sa décadence. Un jour, jour néfaste s’il en fut dans l’histoire de Théophraste, ils lui soufflèrent dans la “trompe d’Eustache”, une idée qui devait le perdre.
—“Toi qui n’es bon à rien, lui direntils, tu devrais te présenter aux prochaines élections !”
Il accepta, et fut élu député!...